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L'histoire des relations Canada-Australie

Les liens entre le Canada et l'Australie remontent au début de leur histoire.

Le Canada et l'Australie ont un passé colonial semblable comme membres de l'Empire britannique. Nos lois, nos structures politiques et nos traditions ont beaucoup en commun et ont été élaborées en suivant des voies similaires. L'histoire des deux pays renferme un grand nombre de personnalités communes de notre passé impérial, dont James Cook, Sir John Franklin et George Arthur, pour n'en nommer que quelques-uns. [Bibliographie des relations canado-australiennes]

Prisonniers canadiens en Australie

Dans l'histoire de nos relations, les liens les plus connus à avoir tout d'abord été établis remontent peut-être à l'histoire des rebelles canadiens condamnés à être envoyés en Australie pour le rôle qu'ils ont joué dans les soulèvements politiques du Haut-Canada (maintenant la province de l'Ontario) et du Bas-Canada (maintenant la province de Québec) en 1837-1838. En tout, 154 prisonniers d'État canadiens ont été envoyés sur les côtes australiennes.

Les Canadiens qui ont participé aux rébellions du Haut-Canada ont été envoyés sur la terre de Van Diemen (Tasmanie). À Hobart, deux monuments commémorent la présence de prisonniers canadiens en Tasmanie. Un à Sandy Bay (dévoilé par le haut-commissaire Douglas Harkness le 30 septembre 1970) et l'autre à Prince's Park, Battery Point (dévoilé en 1995 par le haut-commissaire Brian Schumacher).

Les rebelles du Bas-Canada étaient des Canadiens-français connus sous le nom de patriotes. Comme leurs homologues du Haut-Canada, ils se rebellaient contre l'oligarchie qui avait été nommée et qui administrait la colonie. Les patriotes, ainsi que leurs voisins anglophones, réclamaient un gouvernement responsable. Tout comme les rebelles du Haut-Canada, les insurrections armées du Bas-Canada ont également échoué et 58 Canadiens-français ont été condamnés à être envoyés en Nouvelles-Galles du Sud. Grâce à l'intervention de John Bede Polding, évêque de Sydney, ils ont pu purger leur peine à Sydney, évitant ainsi les horreurs de l'Île Norfolk. Ils ont par la suite été appelés à être des ouvriers agricoles des colons et ont contribué au développement de la colonie, dont la construction de la route Parramatta. Des endroits comme la Canada Bay et l'Exile Bay et un monument au parc Cabarita à Concord, Sydney (dévoilé en mai 1970 par le premier ministre Trudeau), témoignent de leur présence en Australie.

La plupart des rebelles canadiens sont par la suite retournés au Canada. Au lendemain de l'échec des rébellions, des réformes avaient été apportées à l'administration des colonies et un gouvernement responsable était maintenant en place au Canada.


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Les relations à partir de 1890

(Cette section repose en grande partie sur Voies parallèles : les relations canado-australiennes depuis les années 1890, par Greg Donaghy.)

L'histoire « officielle » des relations canado-australiennes remonte à 1895, année où le premier délégué commercial du Canada, John Short Larke, arriva à Sydney. Larke avait été nommé une année plus tôt après la visite en Australie d'une délégation commerciale qui a connu du succès et était dirigée par Mackenzie Bowell qui a été le premier ministre du Commerce du Canada. Soutenu par l'instauration de services de transport maritime (la Canadian-Australian Steamship Line) et le nouveau câble transpacifique, le commerce bilatéral s'est accru au cours des dix années suivantes. Sa croissance a toutefois été ralentie par le protectionnisme commercial australien et la hausse rapide des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis.

John Short Larke
John Short Larke

 

Mackenzie Bowell
Mackenzie Bowell

 

Carte du tracé du câble transpacifique, établie en 1902
Carte du tracé du câble transpacifique, établie en 1902
Source : Pacific Cable

 

Sur le plan politique, les premières relations entre les deux pays ont été dominées par leur appartenance commune à l'Empire britannique et leurs différentes vues sur les responsabilités des dominions autonomes en ce qui a trait à la défense impériale. Isolée dans l'immensité du Pacifique, l'Australie a soumis des propositions pour une approche impériale intégrée de la défense et de la politique étrangère qui engagerait la Grande-Bretagne à la défendre. Relativement en sécurité en Amérique du Nord, le Canada a rejeté tout ce qui limiterait l'autonomie gouvernementale du Dominion. À la Conférence coloniale de 1907, le premier ministre de l'Australie Alfred Deakin et le premier ministre canadien Sir Wilfrid Laurier ont débattu vigoureusement de la question sans toutefois la régler. Cependant, lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, le Canada et l'Australie ont soutenu ensemble l'effort de guerre de l'Empire britannique.

Wilfred Laurier
Wilfred Laurier

 

Alfred Deakin
M. Alfred Deakin
Archives nationales de l'Australie A1200, L11179

 

Au début de la guerre, les deux pays ont laissé à la Grande-Bretagne le contrôle stratégique et politique. Au fur et à mesure que le conflit traînait en longueur et causait d'énormes pertes de vie, les Dominions ont commencé à revendiquer une plus grande voix au chapitre. En avril 1917, le premier ministre canadien Sir Robert Borden et le premier ministre australien W.M. "Billy" Hughes ont réussi à devenir membre du Cabinet impérial de la guerre et à se prononcer directement sur l'orientation de la guerre. Les efforts des deux premiers ministres ont atteint leur apogée lors de la représentation distincte des dominons à la Conférence de paix de Paris.

Cabinet de guerre impérial
Cabinet de guerre impérial :
1917 – Sir Robert Borden est assis au premier rang, le troisième à partir de la droite. Son homologue australien, le premier ministre W. M. « Billy » Hughes, est assis dans la rangée du milieu, le troisième à partir de la gauche.

 

Entre les deux guerres mondiales, on a assisté à une différenciation accrue des vues de l'Australie et du Canada sur la structure de l'Empire britannique et sur leurs rôles. Le premier ministre australien, Stanley M. Bruce, soutenait les propositions en faveur d'une politique étrangère et d'une défense impériale communes mises de l'avant à la Conférence impériale de 1923, mais le prudent premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, s'y opposait fermement. Sur le plan commercial, le lien britannique et les préférences commerciales impériales étaient aussi des questions qui les divisaient et compliquaient les efforts en vue de la conclusion d'accords commerciaux en 1925 et 1931. Néanmoins, entre les deux guerres, le commerce bilatéral a pris de l'expansion. C'était particulièrement vrai des exportations canadiennes en Australie au début des années 30, un accroissement qui a incité le Canada à ouvrir un deuxième bureau de délégués commerciaux à Melbourne en 1936.

Conférence impériale
Conférence impériale :
1923 – Le premier ministre King est assis, le cinquième à partir de la gauche. Son homologue, M. Stanley M. Bruce, est assis au deuxième rang, le quatrième à partir de la droite.

 

Le déclenchement des hostilités en 1939, a rapproché encore une fois le Canada et l'Australie qui, aux côtés de la Grande-Bretagne, se sont opposés à l'Allemagne nazie. En 1939, les deux pays ont convenu de hausser d'un cran leurs relations diplomatiques par l'envoi officiel de hauts-commissaires. L'Australie a envoyé William Glasgow à Ottawa et le Canadien Charles Burchell est venu à Canberra. (Voir les hauts-commissaires du Canada en Australie). À Londres, les représentants canadiens et australiens ont aidé à organiser l'appui en faveur du plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique, en vertu duquel quelque 9400 aviateurs australiens se sont entraînés au Canada pendant la guerre. Tout au long de celle-ci, les relations bilatérales se sont intensifiées, les représentants officiels canadiens et australiens travaillant ensemble à l'élaboration de plans pour l'ordre international d'après-guerre et se découvrant intéressés à ce que les grandes puissances écoutent les préoccupations des petites et moyennes puissances.

Charles Burchell
Charles Burchell
Source : Haut-commissariat du Canada à Canberra

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Depuis 1945

En raison de leurs préoccupations communes pour la défense des intérêts des puissances moyennes, les deux pays ont participé très activement aux négociations portant sur la création des Nations Unies à San Francisco au printemps 1945. Avec le début de la guerre froide toutefois, chaque nation aurait bientôt besoin de focaliser son attention sur sa propre région. Pendant que l'Australie s'inquiétait de la menace communiste dans le Pacifique, le Canada se joignait aux États-Unis et à la Grande-Bretagne pour mettre sur pied l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Les deux pays se sont cependant retrouvés bientôt à travailler ensemble sous les auspices des Nations Unies lors de la guerre de Corée. Bien qu'il y ait eu des divergences entre les deux pays sur la façon d'affronter la montée du communisme et sa propagation en Asie, les liens étroits qui se sont tissés entre le secrétaire d'État aux Affaires extérieures, Lester B. Pearson, et son homologue australien, R.G. Casey, ont assuré la stabilité des relations pendant les années 50. L'étroit partenariat entre les deux hommes a donné lieu à une hausse perceptible des échanges bilatéraux, alors que les personnalités politiques, culturelles et du milieu des affaires traversaient le Pacifique. En 1955, le puissant ministre du Commerce canadien, C. D. Howe, a effectué une visite en Australie. Trois années plus tard, John Diefenbaker est devenu le premier premier ministre canadien à se rendre en Australie. Il n'est pas étonnant que cet intérêt politique ait été suivi d'une hausse des échanges commerciaux bilatéraux, qui doublèrent entre 1959 et 1962.

Lester B. Pearson
Lester B. Pearson

 

R.G. Casey
R.G. Casey
Source : MAECI Australie

 

Dans les années 60, le Canada et l'Australie se sont éloignés peu à peu l'un de l'autre. Le Commonwealth et la guerre du Vietnam ont tous deux contribué à la divergence de leurs vues sur le monde. L'Australie, qui avait une politique restrictive en matière d'immigration, n'acceptait pas que le Canada veuille se servir du Commonwealth pour sanctionner l'Afrique du Sud pour ses politiques d'apartheid. À l'égard du Vietnam, les différences étaient même plus prononcées. L'engagement militaire de l'Australie au Vietnam se heurtait à l'opposition d'Ottawa envers la politique américaine en Asie. Ces différences s'accentuèrent en 1969 quand le premier ministre Pierre Trudeau décida de reconnaître la République populaire de Chine.

Pierre Trudeau
Pierre Trudeau

 

Mais le vent devait bientôt tourner. Trudeau s'intéressait vraiment à la région du Pacifique et s'était rendu en Australie en 1970 conformément au désir de son administration de faire connaître au Canada l'importance grandissante de la région. L'élection en 1972 de Gough Whitlam au poste de premier ministre de l'Australie annonçait une amélioration des relations bilatérales. Whitlam, qui admirait Trudeau et ses politiques, a effectué une visite au Canada en 1974 et encouragé bon nombre de ses fonctionnaires à se renseigner sur les politiques intérieures canadiennes. La détermination de Trudeau de poursuivre une politique étrangère indépendante de celle des États-Unis impressionnait aussi Whitlam. Élu en 1975, le premier ministre Malcolm Fraser avait la même approche que Whitlam à l'égard de la politique étrangère et avait tendance à bien accueillir une plus grande collaboration avec le Canada en tant que puissance moyenne d'optique commune. À la fin des années 70 et au début des années 80, le Canada et l'Australie partageaient les mêmes vues sur diverses questions internationales, allant des crises au Cambodge et en Afghanistan à l'Afrique du Sud et à la Pologne.

Gough Whitlam
Gough Whitlam

 

La collaboration politique se traduisait par une croissance régulière des échanges commerciaux bilatéraux et de l'investissement ainsi que par une augmentation marquée des contacts officiels et non officiels entre les deux pays. L'Australian Association for Canadian Studies (en anglais seulement) a été fondée en 1981 et traduit un intérêt marqué pour des études comparatives dans les deux pays. Pendant la même période, le Canada et l'Australie ont signé un grand nombre d'accords bilatéraux dans divers domaines, dont les peuples autochtones et la justice, la recherche énergétique et la prévention de la criminalité. Dans les années 80, ces accords avaient mené à la mise sur pied d'un certain nombre de programmes d'échange officiels entre les ministères canadiens et australiens, pratique qui se poursuit à ce jour. Cette augmentation des contacts bilatéraux, assortie d'un grand nombre de visites officielles de la part des premiers ministres provinciaux et des ministres du cabinet fédéral ont mené à l'établissement à Perth de la quatrième mission du Canada en Australie (les autres sont situées à Canberra, Sydney et Melbourne).

Avec la célébration en 1995 du centenaire des relations canado-australiennes, les deux pays peuvent se remémorer 100 ans de partenariat social, économique et politique et l'évolution de deux nations éloignées mais très semblables. Pendant toute la durée de leurs relations, les deux pays ont collaboré, participant côte à côte aux terribles guerres du XXe siècle et travaillant ensemble à la création d'importantes institutions multilatérales comme le Commonwealth moderne et les Nations Unies. Malgré la distance, les échanges commerciaux se sont accrus. Et, plus important encore, les échanges enrichissants entre les citoyens des deux pays ont aussi augmenté - familles et touristes, universitaires et étudiants, artistes et interprètes, politiciens et représentants gouvernementaux - contribuant à l'expansion des relations canado-australiennes.

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Date de modification :
2011-11-17