Éducation sous le thème « Des femmes, pas des sorcières » en Papouasie-Nouvelle-Guinée


Acteurs lors d’une pièce dramatique du Seeds Theatre Group.


Le Seeds Theatre Group fait une pause entre deux représentations.


Des participants suivent une formation sur la prévention de la violence faite aux femmes.


Des participants reçoivent leur certificat de formation.

Il y a encore, profondément ancré dans la tradition et la société de Papouasie-Nouvelle-Guinée, une croyance superstitieuse selon laquelle certaines personnes se servent de la magie noire pour faire du mal à autrui. La peur et la criminalisation de la sorcellerie ont attisé la violence sexiste à l’égard des femmes que l’on accuse à tort d’être des sorcières.

Par l’entremise du Fonds canadien d’initiatives locales, le Haut-commissariat du Canada à Canberra a appuyé un récent projet du Seeds Theatre Group dans la région des Hautes-Terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont le but est de réduire les chasses aux sorcières dans la région.

Une longue histoire de superstition

La peur de la sorcellerie et de la magie est un élément important dans la culture traditionnelle de plusieurs des 860 groupes linguistiques de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. En 1971, le pays a promulgué la Loi sur la sorcellerie interdisant la pratique de la « magie noire », qui désigne souvent la sorcellerie. Cette loi a entraîné des violences, de la torture et des meurtres, car certaines communautés se donnent la mission d’enquêter sur les femmes soupçonnées de sorcellerie et de les punir.

Semer les graines de la tolérance

Le Seeds Theatre Group mise sur le théâtre et les arts dramatiques pour traiter des problèmes sociaux, économiques et politiques de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. En février 2015, le Seeds Theatre Group a donné des formations de sensibilisation à 20 dirigeants communautaires, a présenté des pièces de théâtre et a mené une campagne médiatique pour éduquer les communautés et faire évoluer les opinions patriarcales sur les femmes dans la province des Hautes-Terres occidentales de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

« Nous avons fait appel à une large gamme de stratégies en vue d’influencer autant de personnes que possible. Nous sommes très reconnaissants envers le gouvernement canadien d’avoir appuyé ce projet, qui est le premier de ce type au pays, » a dit M. Willie Doaemo, directeur de projet du Seeds Theatre.

À la suite de la formation, un groupe de dirigeants communautaires locaux a formé une équipe d’intervention des Hautes-Terres occidentales contre la violence. Les médias ont déjà fait cas de femmes ayant été secourues de situations violentes grâce à l’équipe d’intervention – un exemple immédiat et tangible des effets de ce projet.

Séparer la réalité de la fiction

Certaines communautés de la province des Hautes-Terres occidentales sont convaincues que la sorcellerie est responsable de maladies et de décès. Un élément important de la formation offerte par le Seeds Theatre consistait à éduquer les communautés sur les problèmes de santé qui causent les maladies et les décès, plutôt que de blâmer la sorcellerie. Plusieurs participants ont ainsi pris conscience de l’importance de prendre soin de leur santé et de leur hygiène pour éviter les maladies.

Ce projet n’est certes que le premier pas d’un long périple, mais toutes les personnes impliquées conviennent qu’il s’agit d’un succès retentissant. Déjà, avec le soutien de partenaires supplémentaires, le Seeds Theatre poursuit son travail visant à mettre fin à la violence faite aux femmes dans d’autres provinces de Papouasie-Nouvelle-Guinée.