Jeunes filles forcées au mariage : le Canada sensibilise le public au Cameroun

Aissatou, victime d’un mariage d’enfant, précoce et forcé (MEPF), raconte son histoire aux dirigeants de sa communauté pour les sensibiliser davantage et contribuer à éliminer les MEPF.

Les dirigeants de la communauté qui en apprennent davantage sur leur environnement national.

Les membres du public étaient intéressés et avaient plusieurs questions pour Aissatou.

À 14 ans, Aissatou a refusé d’être vendue.

À 20 ans, Aissatou voulait devenir « quelqu’un » afin de pouvoir aider d’autres jeunes filles à éviter les souffrances qu’elle endurait.

L’histoire d’Aissatou

Le supplice d’Aissatou a commencé il y a 20 ans, lorsque son père a abandonné sa famille. Aissatou a alors été forcée de quitter l’école, qu’elle aimait particulièrement, pour s’occuper de sa mère, qui était également la victime d’un mariage d’enfants.

Un oncle a offert son aide à la famille. Il n’a pas été en mesure de sauver Aissatou d’un homme de 57 ans qui voulait la marier. Aissatou a refusé de se marier et s’est enfuie. Elle n’a pas été capturée, mais elle a été forcée de se marier à un homme de 42 ans.

Durant ce mariage, elle a été battue gravement à plusieurs reprises par son « mari ». Elle a fait une dépression et a alors été renvoyée, enceinte, dans sa famille.

Aissatou a nettoyé sans relâche des maisons, pour économiser de l’argent afin de survivre, tout en ignorant les commentaires cruels et les méchancetés des autres qui venaient avec son statut de « femme reniée ».

Motivée par sa détermination et son désir de retourner à l’école, Aissatou a obtenu le soutien dont elle avait besoin de son oncle qui était impressionné par son courage. Contrairement à la majorité des jeunes filles forcées au mariage, Aissatou a repris ses études et a obtenu son diplôme un an plus tard, avec l’admiration de nombreuses personnes, y compris de ses enseignants.

Rôle de meneur du Canada et de ses partenaires

Malheureusement, des histoires semblables à celle d’Aissatou arrivent beaucoup trop souvent, mais elles doivent être racontées.

Le haut-commissariat du Canada, en collaboration avec le FNUAP, l’UNICEF et l’Institut français du Cameroun, a organisé l’exposition « Paroles de filles : Ensemble contre le mariage d’enfants ».

Élaborée par le gouvernement du Canada, en partenariat avec Filles Pas Épouses, l’exposition vise à faire part des histoires non racontées de jeunes filles comme Aissatou, qui ont été forcées de se marier lorsqu’elles étaient jeunes ou qui vivaient avec ce risque, ainsi que les histoires des dirigeants, des familles de jeunes filles forcées au mariage et des membres de la communauté qui militaient pour un changement. L’évènement et l’histoire d’Aissatou ont révélé aux dirigeants communautaires, aux diplomates, aux organisations de la société civile, aux leaders d’opinion et aux dirigeants religieux que ce phénomène est présent dans leur pays; fait qui a surpris plusieurs personnes. Ces dirigeants comprennent maintenant l’urgence et la nécessité de se mobiliser. 

Le Canada travaille au Cameroun et ailleurs dans le monde pour éliminer les mariages d’enfants, précoces et forcés afin que les jeunes filles du monde entier puissent atteindre leur plein potentiel.