Le canada appuie la promotion des droits fonciers de la femme dans la région du nord au Cameroun

Photo de famille à l’issue de la cérémonie.


Le haut-commissaire René Cremonese s'adressant à l'audience, avec à sa gauche, le sous-préfet et le maire de Ngong.


Par sa signature, le lamido de Tchéboa s'est engagé à favoriser la cause des femmes de son lamidat.

Une participante témoigne de ses difficultés à devenir détentrice d'un titre de propriété.

Le Nord est l’une des régions du Cameroun où la religion et les pratiques traditionnelles s’imbriquent, créant un contexte difficile pour le développement économique et social de la femme. Selon des statistiques mentionnées par une ONG de la région du Nord, l’organisation Femmes porteuses d’espoir (FEPES), bien que 80 % des femmes du Nord participent aux activités agricoles; moins de 20 % de celles-ci sont propriétaires des terres qu’elles cultivent.

Ces femmes peuvent être dépossédées de leurs terres à la suite d’un divorce, de décès de l’époux ou même de simples différends conjugaux. La quasi-totalité des femmes rurales ignore les dispositions de la loi qui les protègent, car même les services publics locaux responsables de la protection de la femme ne disposent pas d’outils juridiques appropriés pour conseiller les femmes en matière de droit de propriété.

Projet de promotion des droits

Le haut-commissariat du Canada au Cameroun, par l’entremise du Fonds canadien d’initiatives rurales, a récemment appuyé le projet de promotion des droits de la femme de FEPES à Ngong, près de Garoua, la capitale régionale du Nord. Ce projet, intitulé « Femmes rurales et propriété foncière », a été spécialement conçu pour faciliter l’accès à la propriété foncière à près de 400 femmes rurales de l’arrondissement de Tchéboa.

Engagement du monarque traditionnel local

Au cours de cet événement, un protocole d’entente (PE) a été signé en présence du Haut-commissaire du Canada, M. René Cremonese, par FEPES et les représentants des femmes de l’arrondissement de Tchéboa d’une part, et par le chef traditionnel tribal local et les fonctionnaires de l’administration publique d’autre part.

 Le monarque traditionnel local, le lamido de Tchéboa, a apposé sa signature au bas du protocole d’entente à sa propre initiative, même si à l’origine, seuls les représentants de l’autorité publique locale (sous-préfet et maire) et les femmes devaient signer.

Ce PE, bien que symbolique et sans réelle portée juridique, matérialisait l’engagement des parties présentes à unir leurs efforts dans la promotion des droits de la femme et plus spécifiquement des droits fonciers, dans le contexte d’une société réputée assez réfractaire aux évolutions sociales  perçues par certains comme perturbant l’ordre établi.

L’engagement du lamido a été résumé par la déclaration qu’il a faite à cette occasion : « Je suis disposé à vous écouter, les femmes. Il faut que vous aussi soyez propriétaires des terres. » Et comme pour mieux se faire comprendre de ses sous-chefs, il a répété en langue locale ces mots reçus avec enthousiasme par les femmes présentes : « J’exhorte les hommes à respecter et à ménager les femmes, car elles sont nos mères. Ne lésez plus les femmes dans un litige foncier opposant une femme à son mari. Accordez des parcelles de terre aux femmes qui en demandent ».

Les initiatives comme celle de FEPES font partie de l’engagement du Canada en faveur de l’égalité entre les sexes et de la promotion des droits de la femme dans le monde. Ces objectifs ne peuvent être atteints que si les femmes sont incluses en tant que partenaires égaux, décideurs et bénéficiaires dans le développement durable de leur société.

Le Haut-commissariat du Canada au Cameroun continuera de promouvoir ces valeurs et de soutenir les droits des femmes.

Il sera toujours temps, dans un an ou deux, d’effectuer avec FEPES une évaluation des résultats concrets du projet, notamment en ce qui concerne la participation du lamido à l’avancée de ces droits spécifiques. Un tel engagement public du monarque traditionnel local, a le potentiel de faire progresser la position des femmes et d’améliorer, par conséquent, le bien-être économique de l’ensemble de la société.