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Les possibilités en Chine : Réflexions d’un nouvel ambassadeur

John McCallum
Mai 2017

  • J’ai passé jusqu’ici six semaines formidables au service du Canada en tant qu’ambassadeur en Chine.
  • Pour mon épouse Nancy et moi-même, il a été très agréable d’explorer Beijing et de visiter d’autres villes, d’apprendre à connaître nos merveilleux collègues de l’ambassade, d’accueillir des dirigeants canadiens et, dans mon cas, de passer six heures par semaine à améliorer mon mandarin.
  • Plus important, pour le Canada, c’est un moment extraordinaire pour améliorer les relations avec la Chine.
  • Comme je vais l’expliquer plus loin, le Canada a beaucoup à gagner du renforcement de ses relations avec la Chine, et le premier ministre, le cabinet et les intervenants du pays sont désireux de le faire.
  • Pour danser, il faut être deux, et j’ai le sentiment que les Chinois sont aussi désireux de travailler avec nous.
  • Puisque les astres ne seront pas toujours bien alignés, il faut saisir l’occasion et faire preuve d’ambition. C’est le moment d’agir. Et c’est exactement ce que je compte faire, avec l’appui du gouvernement. 

Message au président

  • Permettez-moi de commencer par le commencement. Moins de 24 heures après mon arrivée en Chine, j’ai pu présenter mes lettres de créance au président Xi Jinping. Mon principal message de la part du premier ministre était très simple : plus, plus et encore plus. Dans les deux sens, le Canada désire plus de commerce, plus d’investissements, plus de tourisme, encore plus d’étudiants et plus d’échanges dans tous les domaines, de la santé à la défense, de la culture aux sports.
  • « Plus, plus et encore plus » signifie plus d’emplois pour les Canadiens, que ce soit parce qu’il y aura plus de touristes chinois, plus d’exportations canadiennes ou plus d’investissements chinois au Canada.
  • J’ai aussi expliqué au président, dans mon mandarin plus ou moins maîtrisé, que mon affinité avec la Chine peut s’expliquer par trois nombres : 100, 50 et 40.
  • Mon épouse est chinoise à 100 %; nos trois fils le sont à 50 %; et 40 % des gens du comté de Markham, qui m’ont élu durant 16 ans, sont chinois.
  • Puisque le président a répondu en disant « inutile de traduire », j’aime à croire qu’il m’a bien compris. 

Sujets de divergence

  • Avant d’expliquer plus avant pourquoi l’idée de « plus, plus et encore plus » est une bonne idée pour le Canada, je me permets de souligner d’emblée que le fait de traiter avec la Chine est une chose qui se fait dans les deux sens.
  • C’est parce qu’il y a de nombreuses questions sur lesquelles la Chine et le Canada sont en désaccord. Nous sommes en désaccord sur la peine de mort, certains aspects de la primauté du droit et, en privé et en public, sur la façon dont le gouvernement chinois traite les défenseurs des droits de la personne. Nous nous intéressons constamment à l’intégrité des institutions autonomes de Hong Kong selon la formule « Un pays, deux systèmes ».
  • C’est pourquoi l’aspect consulaire de mon travail est essentiel, et c’est aussi pourquoi, durant mes six premières semaines à l’ambassade, j’ai passé du temps à rencontrer et à soutenir un groupe LGBTQ de Shanghai, des femmes entrepreneures et un groupe qui lutte contre la violence domestique à Beijing et Ching Tien, et dont l’organisme pour l’éducation des filles des milieux ruraux de Chine a accompli un travail formidable, en scolarisant des filles de familles à faible revenu depuis plusieurs années.
  • Permettez-moi de profiter de l’occasion pour aborder de front un enjeu qui a causé une certaine controverse parmi les Canadiens, à savoir la décision du Canada de discuter avec la Chine de la question de l’extradition. Bien que nous soyons encore très loin de négocier un traité d’extradition avec la Chine, nous avons décidé de discuter des problèmes qui doivent être réglés pour que la Chine (ou tout autre pays) satisfasse nos normes élevées. Cela comprend des questions comme la peine capitale et l’importance des exigences élevées en matière de preuve dans les procès.
  • Nous n’avons rien à perdre à expliquer notre système et à discuter des valeurs qui nous sont chères. Vous ne devez pas vous abstenir de discuter simplement parce que vous croyez que votre interlocuteur pourrait ne pas être en accord avec vous. En fait, il faut souvent discuter encore plus des sujets sur lesquels nos divergences sont plus marquées. 

L’importance de la Chine

  • La Chine est importante à plusieurs égards.
  • La Chine est le plus important émetteur de CO2 au monde, mais elle est aussi le plus important investisseur dans le domaine des énergies renouvelables. Elle a investi en 2015 103 milliards $ US. Cela représente plus de deux fois et demie le montant investi par les États‑Unis. Donc, si le Canada est sérieux concernant les changements climatiques, et c’est le cas, et si nous voulons vendre nos innovations en matière de technologies propres dans le monde, et c’est encore le cas, il serait insensé de faire tout cela sans s’adresser à la Chine. Je me souviens que l’ancien premier ministre Stephen Harper invoquait un argument semblable, et sur ce point, je suis certainement d’accord avec lui.
  • La Chine est le pays où habitent 20 % des femmes et des filles du monde, et elle joue de plus en plus un rôle clé dans des régions comme l’Afrique, qui doit relever des défis importants en ce qui concerne la santé et l’éducation des femmes. Donc, si nous voulons améliorer le sort des femmes et des filles dans le monde, la Chine est un partenaire essentiel. On peut en dire autant de la collaboration avec la Chine dans le domaine de la sauvegarde de la paix.
  • Si nous voulons intervenir de façon positive dans le problème de la Corée du Nord et dans d’autres enjeux de sécurité, nous devons travailler avec la Chine.
  • Le fentanyl constitue un grave problème de santé publique au Canada, et le nombre de décès dépasse le millier. Or, la Chine est un important fournisseur de cette substance. Si nous voulons régler cette crise, nous devons travailler avec la Chine. Et, je peux le dire, le gouvernement chinois a travaillé très efficacement avec nous dans ce domaine.
  • Dernier point, mais non le moindre, si nous voulons créer des emplois et de la prospérité pour les Canadiens, la Chine est un partenaire essentiel.
  • Donc, qu’il s’agisse des changements climatiques, du sort des femmes et des filles, de la crise du fentanyl, des enjeux importants de sécurité ou de la prospérité des Canadiennes et des Canadiens, la Chine est un partenaire clé pour le Canada.
  • Je vais maintenant aborder quelques enjeux économiques essentiels.  

Tourisme

  • J’ai encore un peu de mal à me représenter les nombres associés à la Chine. J’ai visité Zhengzhou récemment, une ville qu’on considère comme de deuxième, voire de troisième catégorie avec sa population de 10 millions d’habitants. Le président Xi Jinping a déclaré qu’il voulait que 300 millions de Chinois pratiquent des sports d’hiver, à l’approche des Jeux Olympiques d’hiver de 2022 à Beijing. Il veut aussi que 700 millions de Chinois visitent des pays étrangers au cours des cinq prochaines années. Imaginez ce que cela représenterait si seulement un pour cent de ces 700 millions de personnes visitaient le Canada, ou 2 % ou 3 %. L’impact sur l’emploi et l’activité économique au Canada serait très important, ce qui m’amène à parler du tourisme.
  • Nos deux gouvernements se sont mis d’accord pour doubler le tourisme d’ici dix ans, et l’année 2018 a été désignée comme l’année du tourisme Canada‑Chine. Plus de 600 000 touristes chinois ont visité le Canada en 2016, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2015. Si nous travaillons suffisamment fort pour maintenir cette croissance, nous pourrions doubler le nombre de touristes en beaucoup moins de dix ans. Il faudra pour cela faire des efforts afin que notre publicité convainque les Chinois de choisir le Canada plutôt que d’autres pays. Le gouvernement doit aussi collaborer avec l’industrie pour faire en sorte que les visiteurs reçoivent de bons services et que les infrastructures soient adéquates, pour qu’ils fassent un voyage mémorable et qu’ils reviennent. Nous devons procéder à l’ouverture de sept nouveaux centres de traitement des demandes de visa et faire en sorte que ces demandes soient traitées rapidement. Et surtout, nous devons nous assurer qu’il y ait suffisamment de vols entre le Canada et la Chine. Après tout, les gens ne voyagent pas par bateau entre nos deux pays. Il faut des avions.   

Autres domaines de l’économie

  • L’appétit de la Chine pour les produits forestiers canadiens est très fort, puisque les Chinois choisissent de plus en plus le bois pour la construction, afin d’atteindre leurs objectifs en matière de changements climatiques et d’efficacité énergétique. Le ministre Francois-Philippe Champagne a fait une visite très profitable en Chine la semaine dernière. Entouré de représentants de l’industrie forestière, il a rencontré des intervenants chinois importants au sein du gouvernement et du secteur privé.
  • Comme l’a récemment souligné le rapport de Dominic Barton, les exportations agroalimentaires vers la Chine représentent d’immenses possibilités pour le Canada, puisque la Chine doit fournir des aliments sains et de qualité à 1,4 milliard d’habitants. En travaillant fort, nous pourrions nous classer parmi les trois plus importants fournisseurs de la Chine. Actuellement, nous sommes au cinquième rang.
  • La Chine offre aussi d’immenses possibilités pour les entreprises canadiennes du secteur des technologies propres et de l’environnement. On connaît déjà de nombreuses histoires à succès, et les ministres McKenna et Carr s’efforcent d’en susciter davantage.
  • L’éducation a toujours été un pilier de la relation entre la Chine et le Canada. Le tiers de tous les étudiants étrangers au Canada vient de Chine. Les liens institutionnels, universitaires et dans le domaine de la recherche entre les universités canadiennes et chinoises se développement grandement, mais ils pourraient s’épanouir davantage.
  • Les ministres Joly, Qualtrough, Philpott et Sajjan s’efforcent de resserrer les liens entre la Chine et le Canada dans les domaines de la culture, des sports, de la santé et de la défense.
  • Enfin, le commerce électronique est essentiel à l’expansion des exportations canadiennes en Chine, en particulier par les petites et moyennes entreprises (PME). Traditionnellement, les PME n’ont pas été de grands exportateurs, même vers les États-Unis, et encore moins vers la Chine. Les plateformes de commerce électronique exploitées par Alibaba, JD.com et d’autres sont d’une importance vitale pour relier les PME au marché chinois. Le Canada, le premier ministre en tête, a eu des interactions importantes avec Jack Ma de la compagnie Alibaba et aussi avec JD.com. Pour moi, il est certainement prioritaire d’agir pour promouvoir le commerce électronique avec la Chine chez un nombre croissant de PME canadiennes.
  • Toutes les activités dont je viens de parler s’exercent indépendamment des discussions exploratoires en cours sur une entente de libre-échange. Aucune décision n’a encore été prise quant aux étapes à venir, mais nous nous efforçons de faire en sorte que toute entente de libre-échange envisagée profite tout à la fois à la Chine et aux travailleurs canadiens. 

De retour au Canada

  • Je crois que vous serez d’accord pour dire que nous avons tout un programme de travail en ce qui concerne la relation Canada-Chine. Le premier ministre ne m’a pas confié une bonne sinécure, à l’écart de la vie active.
  • Pour réaliser ce programme, il s’agit d’organiser les choses autant au Canada qu’en Chine. C’est pourquoi vous me verrez encore dans un avenir assez rapproché, puisque je compte me rendre au Canada toutes les six à huit semaines.
  • Il s’agit pour une part de discuter avec les gens du gouvernement à Ottawa, mais surtout de consulter les intervenants de tout le pays et d’expliquer aux Canadiens, par le biais des médias, pourquoi la relation Canada-Chine est si importante pour l’avenir de notre pays.
  • C’est pourquoi je m’adresse à vous aujourd’hui, et je suis impatient d’entendre vos questions et vos commentaires.

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Date de modification :
2017-05-03