#Canada4Rights : formation des journalistes au Maghreb


Des journalistes marocains célèbrent leurs réalisations lors des ateliers de formation.


Lors de la tournée de formation en Mauritanie, les experts du groupe de discussion s’entretiennent de la question des reportages sur les droits de la personne.


Des journalistes libyens examinent les défis auxquels ils sont confrontés lorsqu’ils rendent comptent de questions sensibles sur les droits de la personne.


Des journalistes tunisiens travaillent avec Mohammed Shamma, formateur pour l'organisme JHR, en vue de souligner les pratiques exemplaires s’appliquant aux reportages sur les droits de la personne.

La liberté d’information et de médias actifs, diversifiés et indépendants sont des éléments essentiels à une société démocratique.

Misant sur les réussites antérieures obtenues dans le cadre des programmes de formation des journalistes en Algérie, au Koweït, en Égypte et au Ghana, les ambassades du Canada situées dans la région du Maghreb se sont associées avec l’organisation non gouvernementale canadienne Journalists for Human Rights (JHR), avec l’UNESCO et d’autres organisations locales pour former les journalistes locaux sur la réalisation de reportages efficaces sur les droits de la personne. JHR est un organisme canadien de développement des médias qui aide les journalistes à accroître leurs capacités d’effectuer des reportages sur les questions des droits de la personne et de gouvernance dans leurs collectivités.

Du 1er au 12 juin 2015, les formateurs de JHR ont fait le tour de la région du Maghreb pour offrir aux journalistes locaux des ateliers de deux jours portant sur la façon d'enquêter sur les questions de droits de la personne et d'en rendre compte de manière efficace.

Pour soutenir la réalisation de leurs reportages, les journalistes locaux ont rencontré des journalistes de la Mauritanie, des reporteurs des droits de la personne de la Tunisie et de la Lybie ainsi que des acteurs influents du Maroc pour discuter des droits de la personne et des mécanismes internationaux de protection des droits de la personne.

La discussion s’est poursuivie en dehors de l’atelier, sous la forme d’un dialogue numérique avec le mot-clic #Canada4Rights. Les utilisateurs de médias sociaux du monde entier ont pris part au débat en posant des questions et en faisant part de leurs réflexions sur les reportages sur les droits de la personne.

Mauritanie

Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a constitué le premier arrêt de la tournée de formation de JHR. L’Ambassade du Canada au Maroc (accréditée pour la Mauritanie) a travaillé avec l’organisme JHR et le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies en Mauritanie en vue de former un groupe de plus de vingt journalistes locaux.

Si la presse en Mauritanie est l’une des plus libres de la région, les journalistes locaux n’ont toutefois pas été à court de sujets de discussion sur les droits de la personne. Débattant de façon animée et approfondie, les journalistes n’ont pas hésité à aborder des enjeux plus controversés comme l’héritage de l’esclavage, la violence à l’encontre des femmes, les mariages précoces, les mariages forcés et les mariages d'enfants. Ils ont également souligné les défis auxquels ils sont confrontés au quotidien dans le cadre de leur travail.

La formation a  très bien été accueillie, tant de la part des journalistes locaux que des partenaires mauritaniens du Canada. Le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement de la Mauritanie a vanté les mérites de cette initiative qui, selon lui, contribue au renforcement des droits de la personne dans les médias locaux.

Libye

Dans le conflit en cours en Libye, les médias libres et impartiaux font partie des nombreuses victimes.

En Libye, en raison des lacunes en matière d’expertise et de l’absence de lois à caractère réglementaire, la quasi-totalité des médias n’est pas neutre face au traitement du conflit. Au lieu de faire état des violations des droits de la personne ou de faire des reportages sur des récits qui encouragent la réconciliation, les médias, dont la position n’est pas neutre, incitent davantage à la violence et renforcent les divisions.

Pour soutenir l’établissement de rapports neutres et professionnels en Libye et appuyer les mesures visant le renforcement de la confiance mises de l’avant lors du dialogue à Ghadamès, l’Ambassade du Canada en Libye a coordonné un atelier de trois jours qui a réuni des journalistes libyens et des membres de l’Assemblée chargée de la rédaction de la Constitution de la Libye. Cette initiative a donné l’occasion aux participants d’en savoir plus sur les reportages sur les droits de la personne fondés sur l’éthique et sur le rôle joué par les médias dans le conflit et de discuter de la façon dont la protection des droits de la personne et des médias peut être abordée dans la nouvelle constitution de la Libye. Il s’agit d’un effort concerté de la United Nations Support Mission in Libya (mission d'appui des Nations unies en Libye) en appui aux pourparlers de paix et aux processus de réconciliation et la formation a été dispensée de concert avec l’UNUESCO.

Durant la formation, les journalistes ont rencontré les membres en visite de l’Assemblée chargée de la rédaction de la Constitution de la Libye avec lesquels ils se sont activement entretenus du processus de rédaction. Étant donné que le conflit complique la libre circulation et restreint la capacité de communiquer avec des personnes de différentes parties du pays, cet atelier a offert aux deux groupes une occasion intéressante d’échanger des renseignements. Les journalistes ont informé les membres de l’Assemblée chargée de la rédaction de la Constitution de la Libye des violations perpétrées sur le terrain et ont défendu l’inscription dans la constitution de mesures de protection plus rigoureuses des droits de la personne et des médias. Entre temps, les membres de l’Assemblée ont discuté du processus de rédaction de la constitution et de la difficulté actuelle de rédiger un tel document en période de conflit.

Tunisie

Tunis, en Tunisie, a été le troisième arrêt de la tournée de formation de JHR. L’Ambassade du Canada en Tunisie, l’organisme JHR et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) ont organisé un atelier de deux jours en faisant appel à la participation de journalistes tunisiens expérimentés des médias publics et privés en vue d’échanger des pratiques exemplaires sur les reportages médiatiques portant sur les droits de la personne.

Depuis la révolution tunisienne de 2011, beaucoup de progrès ont été réalisés en vue de protéger le droit à la liberté d’expression qui est désormais inscrit dans la nouvelle constitution tunisienne de 2014. Parallèlement à cette avancée, il existe une demande croissante pour la mise sur pied d’un code de déontologie journalistique en Tunisie.

Durant les ateliers, les journalistes tunisiens ont discuté de la façon de faire des reportages sur les questions des droits de la personne, de manière efficace et conforme à l’éthique. Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur Sébastien Beaulieu a souligné le rôle important des journalistes en ce qui concerne les reportages sur les droits de la personne, à l’échelle mondiale, notamment le rôle des journalistes tunisiens qui ont développé une solide expertise sur la question en appui à la transition démocratique de leur pays, expertise dont ils peuvent faire profiter les autres.

Maroc

À l’occasion du quatrième et dernier arrêt de la tournée de JHR, l’Ambassade du Canada au Maroc a organisé une séance de formation pour plus de vingt journalistes marocains. Pour la tenue de cet événement, le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) était le principal partenaire local de l’ambassade. L’Ambassadrice Sandra McCardell a ouvert la séance en précisant que le Maroc et le Canada partageaient des points de vue et des objectifs communs en vue de favoriser la promotion et la protection des droits de la personne, tant sur le plan national qu'international, et que le Canada appuyait le Maroc qui réalise d’importantes avancées dans le processus démocratique qu’il a entrepris. Au Maroc, les journalistes trop critiques peuvent être assujettis à des restrictions imposées par des sanctions juridiques ou économiques. Cette situation entraîne une autocensure de la part des journalistes qui hésitent également à publier des rapports traitant de certaines questions relatives aux droits de la personne.

La formation a contribué à parer à cette lacune en permettant aux journalistes de mieux comprendre les violations des droits de la personne et les approches pragmatiques et professionnelles visant l’établissement de rapports.

La tournée de formation de JHR dans la région du Maghreb réaffirme l’engagement du Canada à promouvoir les droits de la personne dans le monde entier et à faire progresser la liberté à l'échelle mondiale. Le Canada se réjouit de poursuivre son partenariat avec JHR en vue d’encourager la contribution essentielle du journalisme à la société.