Élargir le dialogue sur l’extrémisme violent

Les récentes attaques terroristes dévastatrices à travers l’Europe ont suscité de l’émoi et engendré de la souffrance dans le monde entier. La menace terroriste internationale est de plus en plus complexe et nécessite une coopération et une coordination à l’échelle mondiale.

Depuis janvier 2015, plus de 230 personnes sont mortes de terrorisme sur le territoire français. Ces attentats ont notamment eu lieu contre le journal satirique Charlie Hebdo, la salle de spectacle parisien Le Bataclan, des cafés, la Promenade des Anglais de Nice.

La France s’est dotée d’un plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme. Les préfectures sont mobilisées. Des partenariats se mettent en place avec l’ensemble des acteurs locaux et sociaux. Parmi ces partenariats les engagés, on retrouve les initiatives prises à Marseille, sur la Côte d’Azur.

Une délégation canadienne regroupant un imam, un sergent, un professeur et d’autres intervenants impliqués dans des activités de lutte contre la radicalisation à travers le Canada s’est rendue à Marseille, en France, et à Aarhus, au Danemark.

La délégation arrive à Aarhus, au Danemark.

Située au cœur de la nature et réputée pour son environnement urbain dynamique, Aarhus est la deuxième plus grande ville du Danemark et celle qui connaît la plus forte croissance. On dit d’Aarhus que c’est un lieu ouvert et inclusif.

C’est aussi à Aarhus que s’est développé le modèle danois bien connu en matière de lutte contre l’extrémisme violent. Depuis 2007, cette ville a mis en œuvre un programme actif pour contrer la radicalisation. L’approche danoise en matière de lutte contre l’extrémisme violent s’inspire des enseignements tirés par la police danoise dans le cadre de la prévention du crime depuis les années 1970.

Échange interculturel

Ces participants sont venus pour échanger sur le thème des pratiques exemplaires en matière de prévention de la radicalisation. Ils ont été sensibilisés aux initiatives de lutte contre le terrorisme mises en œuvre en France et au Danemark à la fois par le gouvernement central (justice, police et renseignement) et des organisations locales, notamment des associations.

« Les échanges seront très utiles pour l’optimisation et l’opérationnalisation du CPRMV au Québec. »

- Marian Misdrahi, coordonnatrice des programmes, Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence à Montréal

Les participants ont cerné un certain nombre d’éléments qu’ils pourraient intégrer dans leurs programmes et approches au Canada. La délégation a également mis en lumière de nombreuses similitudes entre les approches canadiennes et danoises, notamment l’approche intégrée (même si des questions de respect de la vie privée font obstacle à un tel niveau de partage de renseignements au Canada), des cultures opérationnelles similaires et l’approche unique partagée liée au renforcement de la confiance au sein des communautés.    

« Non seulement les programmes au Danemark et en France étaient très intéressants et utiles mais nous avons aussi établi des liens très importants. Je contacterai différentes personnes dans les deux endroits et continuerai d’échanger des renseignements. »

- Kelly Gallant, Service de police de Toronto

Les participants partagent les meilleures pratiques en matière de prévention de la radicalisation.

Plus forts ensemble

En France, la délégation s’est rendue à Marseille pour étudier de plus près les mesures mises en place sur le terrain. Voici un aperçu des principaux sujets abordés : les causes du processus de radicalisation (lecture erronée de l’Islam, le résultat de multiples discriminations culturelles, économiques et sociales, failles psychologiques) et le rôle de chacun (État central, ses représentants sur le territoire, les élus locaux, les mairies, les services de police, les services sociaux, le milieu de l’éducation, les associations, les autorités musulmanes).

Des possibilités de coopération entre le Canada et la France ont été identifiées dans des programmes de formation pour les divers intervenants impliqués dans la prévention de la radicalisation et la mise en œuvre de diverses plateformes de signalement fait partie de ces possibilités.

« Un séjour fantastique et très instructif »

- Paul Dunn, Service de police de Calgary

La délégation canadienne a l’intention de faire un suivi auprès de ses homologues danois et français. La visite a été financée par le Global Business Canada Missions Initiative Fund (FIM) et le EUD Directorate. La visite s’inscrit dans le cadre de la déclaration d’intention entre le ministère de l’Intérieur français et le ministre de la Sécurité publique canadien en janvier 2016 et du programme de coopération renforcée Canada-France signé par les premiers ministres des deux pays en novembre.

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