L’agriculture biologique porte ses fruits pour une communauté autochtone

Dans l’arrière-pays du Guyana se trouve un village autochtone perché sur un plateau, à environ 3 000 mètres d’altitude.

Avec une population de près de 3 500 habitants, Paramakatoi est un village de fermiers.

Chaque famille de cette collectivité possède une petite ferme pour satisfaire à ses besoins primaires. Ils y cultivent des plantes depuis plusieurs générations, comme Adwin Nagalla, 72 ans, qui travaille dans son exploitation depuis plus de 50 ans.

Le commerce de produits agricoles est très peu développé au sein de ces collectivités. Elles sont confrontées à des obstacles aussi bien géographiques que financiers en raison de l’éloignement du village et du coût élevé d’expédition de leurs produits vers la capitale, Georgetown, aux fins de vente aux particuliers.

La plupart des résidents n’ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins vitaux au-delà des aliments qu’ils cultivent, ce qui a causé le développement d’une culture de dépendance à l’égard des programmes d’aide gouvernementaux et non gouvernementaux.

Ces fermiers ne s’étaient jamais lancés dans l’agriculture à grande échelle jusqu’à présent.

Le président du Guyana, David Granger, est accueilli par des enfants à Paramakatoi.

Autonomiser une collectivité

Le haut-commissariat du Canada au Guyana s’est récemment joint au président du Guyana, David Granger, pour la mise en service du premier établissement de transformation alimentaire à Paramakatoi.

Les fermiers de Paramakatoi et des villages voisins de Mountain Foot et Bamboo Creek se sont regroupés en coopérative agricole dans l’attente de cet établissement.

“Je crois que ce projet va surprendre le monde et démontrera la capacité de production de la collectivité et la qualité de nos produits.”

– Adwin Nagalla, 72 ans, fermier à Paramakatoi

Le premier projet vise à cultiver des plants de tomates biologiques. Les tomates seront ensuite séchées dans le nouvel atelier de séchage solaire et de transformation.

Ce projet est financé en grande partie par le gouvernement du Guyana et en premier lieu par le ministère guyanien des Affaires autochtones. Le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) soutient quant à lui cette initiative sous la forme d’un séchoir solaire, un aqueduc sur chevalets et d’une cabane de sécurité.

Douze mille semis de tomates, fournis par le NAREI (Institut national de recherche et de vulgarisation agricole), ont déjà été semés.

“Fournir un moteur, des outils, des denrées ou des vêtements à une collectivité n’est pas suffisant. Les dons sont toujours appréciés, mais ils ne suffisent pas pour survivre sur cette planète; nous avons besoin de plus. Nos peuples autochtones sont d’excellents fermiers et leur rêve de cultiver et de vendre leurs produits pour subvenir aux besoins de leur famille doit devenir réalité.”

– Valerie Garrido-Lowe, ministère guyanien des Affaires autochtones.

Un avenir vert

L’agriculture à Paramakatoi est totalement biologique. Aucun pesticide et aucun engrais ne sont utilisés et l’emplacement des fermes change régulièrement, ce qui favorise ainsi une reforestation naturelle. Le climat et les sols fertiles, associés à la rotation des emplacements des exploitations, engendrent des rendements agricoles extraordinaires.

Ce projet représente une renaissance du développement et un renouvellement au sein de plusieurs communautés autochtones par la mobilisation de la science, de la technologie et de modèles de gestion écologiques, durables et valorisants.

L’ensemble de ce complexe est alimenté en énergie par un système de panneaux solaires fourni par l’entreprise canadienne Greenheart Tree Energy. Par ailleurs, douze mille semis de tomates, fournis par le NAREI (Institut national de recherche et de vulgarisation agricole), ont déjà été semés.

Il existe un potentiel élevé d’expansion de la production vers d’autres fruits, légumes et épices biologiques séchés et vers des huiles essentielles.

Dans le cadre du projet relatif aux tomates, les fermiers en fourniront des milliers de livres aux fins de transformation chaque mois. Les tomates séchées seront ensuite expédiées jusqu’à Georgetown, où elles seront emballées sous leur forme d’origine ou incorporées dans une vinaigrette de tomates séchées à l’IAST (Institut de technologie et de sciences appliquées).

Les fermiers sont payés d’avance pour la livraison de leurs tomates aux fins de transformation. Après déduction des coûts de production des vinaigrettes et tomates séchées, toutes les recettes restantes sont directement versées à la coopérative agricole.

L’ensemble du complexe (ci-dessus) est alimenté en énergie par un système de panneaux solaires fourni par l’entreprise canadienne Greenheart Tree Energy.

L’installation servira également à la formation des jeunes dans le cadre du projet Hinterland Employment and Youth Service (HEYS), un programme destiné à la jeunesse et mis en œuvre par le ministère guyanien des Affaires autochtones, afin qu’ils deviennent de jeunes entrepreneurs et de futurs chefs de file dans leur collectivité. À l’issue de leur formation, les jeunes ayant participé au programme HEYS seront embauchés pour superviser le fonctionnement de l’établissement.

Les habitants de Paramakatoi ont hâte de cultiver ces plantes et se réjouissent à la perspective de ce projet vert.