La lutte contre de fausses nouvelles à Singapour et dans le monde entier

À un moment où l’émergence de fausses nouvelles pose un problème international, un important débat a eu lieu à Singapour pour étudier la façon d’aborder le problème.

Au forum : « Keep it Real : Truth and Trust in Media » (Maintenons la vérité : La vérité et la confiance dans les médias) à Singapour, organisé par le Straits Times et l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de presse en partenariat avec le Haut-commissariat du Canada et d’autres intervenants, universitaires, fonctionnaires, journalistes, et représentants du secteur privé (y compris de Facebook, Google, et Storyful) de toute l’Asie, l’Europe, et le Canada se sont réunis pour discuter de ce que les divers intervenants peuvent faire pour régler ce problème de plus en plus omniprésent. Certains considèrent le problème comme une menace à la sécurité nécessitant l’intervention du gouvernement, tandis que d’autres soutiennent que le défi pourrait être relevé de façon plus appropriée et efficace avec la collaboration de la société civile, des médias et du secteur privé.

Dans une allocution liminaire, le ministre des Affaires étrangères de Singapour, M. K. Shanmugam, a parlé de sa propre perception de l’impact des fausses nouvelles à Singapour. Il a expliqué que la désinformation mise en ligne a éveillé la méfiance dans le processus de la démocratie, ce qui délégitime les dirigeants, divise les sociétés, et met des vies en péril. Il a souligné qu’une réglementation gouvernementale est nécessaire pour aborder la question, laquelle sera bientôt présentée à Singapour.

« Maintenons la vérité : La vérité et la confiance dans les médias » forum à Singapour

Crise de confiance

D’autres conférenciers ont mis en doute l’utilisation de la réglementation comme une solution et ont souligné le risque inhérent que la participation gouvernementale pourrait entraîner pour la liberté d’expression. Ils ont exprimé que les États eux-mêmes peuvent fabriquer de fausses nouvelles, ce qui amplifie les dangers qu’un gouvernement soit à la fois juge et jury pour décider de la légitimité des renseignements.

Le thème de la confiance était également au cœur de la discussion. Un orateur a parlé de la crise de confiance qui existe dans certains pays; il a expliqué que les citoyens ne font pas confiance aux médias traditionnels parce qu’ils savent que les médias sont contrôlés par l’État et que la vérité est souvent cachée. Cette méfiance pourrait rendre inefficace les tentatives du gouvernement d’aborder la question liée aux fausses nouvelles.

Nejolla Korris explique que l’autonomie et l’engagement des citoyens est la clé pour résoudre le problème de fausses nouvelles en ligne.

La collaboration est la clé

La spécialiste en détection de mensonges et de risques liés aux médias sociaux, Nejolla Korris, a été invitée par le Haut-commissariat du Canada à participer au forum. Elle a également soulevé la question de confiance dans sa présentation, intitulée : « les lutins contre les trolls : Les leçons de citoyens militants dans la lutte contre la désinformation ». Elle a expliqué que la confiance entre les citoyens et les principales institutions de la société comme les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les entreprises et les médias, est en chute libre. Avec un manque de confiance dans ces sources traditionnelles de nouvelles, le contenu à sensation peut paraître crédible.

À son avis, il est nécessaire de permettre aux populations d’être des « lutins », ou des cyber-militants qui entreprennent de vérifier la vérité des faits et exposent des reportages traitant de la désinformation. Elle a montré l’exemple d’un groupe de « lutins » en Lituanie qui ont une méthode de travail efficace pour démanteler les fausses nouvelles.

L’opinion dominante était que la meilleure façon de relever le défi lié aux fausses nouvelles est en améliorant la qualité du journalisme et la connaissance des médias et en étant présents sur les plates-formes médiatiques comme Facebook et Twitter afin de prévenir la propagation de fausses informations, d’aborder la monétisation de fausses nouvelles, et d’habiliter le public à être des consommateurs d’information plus avertis.

Le problème lié à la propagation de fausses nouvelles et de désinformation a de graves conséquences pour la démocratie, la sécurité et la liberté d’expression. La participation du Canada au forum a démontré notre engagement à travailler de concert avec des partenaires pour s’attaquer à ce défi nouveau et émergent.

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