Bousculer les pouvoirs traditionnels au Cameroun pour que les femmes puissent prendre des décisions

Réunies autour du préfet du Noun et du haut-commissaire du Canada, ces dames sont prêtes à assumer désormais leur rôle au sein des Faada.

Le Nord du Cameroun est une région géographique bien connue caractérisée par ses convictions culturelles et religieuses profondes. Les femmes constituent la majorité de la population, cependant la femme est loin d’être l’égale de l’homme.  Par exemple, on enseigne aux femmes de s’incliner devant les hommes et d’éviter le contact visuel avec eux. De plus, les garçons se voient accorder des droits à l’éducation alors que les filles sont confinées aux tâches ménagères.  

Le Haut-commissariat du Canada au Cameroun a établi un partenariat avec l’Adamaoua Girls and Women Association (AGWA) et le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) afin de sensibiliser la population à l’égalité des genres et de persuader les leaders traditionnels de réformer la société pour la rendre plus égalitaire.

Remettre en cause les pouvoirs traditionnels

Le conseil royal traditionnel (Faada dans la langue locale) joue un rôle très important en matière de régulation de la vie sociale dans les collectivités du Cameroun. Le conseil régit les membres de la collectivité en décidant quels sont les croyances et les comportements qui sont considérés comme acceptables. Les femmes ne sont pas autorisées à participer à ce type de décisions.  

L’introduction de l’idée de participation des femmes au conseil a été considérée comme une initiative audacieuse qui aurait pu avoir des conséquences fâcheuses telles que le rejet social. Il était toutefois nécessaire de convaincre les leaders et certaines femmes qu’il ne s’agissait pas de défier l’autorité mais de réformer la société pour la rendre plus forte.  

Succès en matière d’égalité

Les contributions du FCIL et le courage de certains membres de la communauté ont conduit cinq leaders traditionnels à se mettre d’accord pour changer les choses et, par conséquent, la Charte a été signée pour prévoir l’intégration des femmes dans les bureaux. La Charte énonce désormais : « le statut d’une femme notable des Faada donne à la femme des droits, des avantages, des privilèges et des considérations identiques à ceux accordés à leurs homologues masculins, tel que défini au moment de son anoblissement décidé par Sa Majesté le lamido ». 

Outre ce succès, il a été noté que l’objectif initial était d’avoir dix femmes promues dans deux chefferies traditionnelles. Or, au total, ce sont 33 femmes qui ont été promues dans cinq chefferies traditionnelles. Ceci démontre la valeur que les membres de communauté ont accordée à ce changement important.  

Mme Fadimatou Balla, leader social, se sent euphorique et explique qu’elle a gagné davantage de respect de la part des membres de sa collectivité. De plus en plus de femmes se tournent vers Mme Balla pour avoir des conseils. Un changement qui est bienvenu chez les femmes car auparavant les femmes étaient obligées d’expliquer leurs problèmes aux hommes.

« Les femmes dans la communauté font preuve de plus d’enthousiasme pour les initiatives collectives, notamment la Journée internationale de la femme, qui est célébrée seulement de façon modeste. C’est incroyable! C’est une vraie révolution ici, croyez-moi. »

Promouvoir l’égalité entre les sexes

Le Canada est un chef de file mondial dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de la femme et de l’égalité entre les sexes. Ces questions sont au cœur des politiques nationales et étrangères du pays. Faire progresser l’égalité entre les sexes contribue à la croissance économique durable à long terme, au progrès social et au développement durable.

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