Canada et Estonie : Deux créatrices de vêtements en peau de phoque partagent leur savoir et créent des possibilités

Jana Ruubel, Reet Könninge, Mona Netser, Maie Aav, Mark Soosaar, Elo Könninge

 Jana Ruubel, Reet Könninge (femmes originaires de l’île de Kihnu)

Manteau de fourrure fabriqué avec de la peau de phoque

Mona Netser, Reet Könninge, Elo Könninge – Mona donne des conseils de couture à Elo et Reet

Dans les collectivités côtières et du Nord du Canada très isolées, la chasse au phoque est un aspect important du mode de vie et une source de revenu essentielle pour des milliers de familles. Outre leur valeur économique, les produits dérivés du phoque ont une grande valeur traditionnelle et culturelle pour les collectivités du Nord.

Même si l’Estonie et la région de l’Arctique canadien sont séparées par un vaste océan, il existe dans les deux régions une relation étroite entre les habitants et leurs terres et les traditions liées à la pêche et à la chasse au phoque.

La volonté de favoriser le dialogue et le partage de traditions a rapproché nos deux nations et a motivé deux créatrices de vêtements en peau de phoque du Nunavut, Mona Netser et Rannva Simonsen, à se rendre en Estonie. 

Mona Netser est une couturière et créatrice de vêtements en peau de phoque traditionnels de Cole Harbour (Nunavut). Elle enseigne également les méthodes traditionnelles et le design aux étudiants du Nunavut Arctic College. Son travail est exposé dans la Galerie du Haut-commissariat du Canada à Londres (Angleterre).

Ravvna Simonsen est originaire des îles Féroé et a émigré à Iqaluit (Nunavut) il y a vingt ans. À Iqaluit, elle s’occupe Rannva's Designs et dirige Sewing for Survival, un programme de design de peaux de phoque dans un refuge pour femmes de la région.

L’atelier

Le Bureau de l’ambassade du Canada à Tallinn a invité diverses personnes à venir à l’atelier, notamment la Viljandi Culture Academy et l’Estonian Academy of Arts et des membres de l’office national d’artisanat.

Mona a débuté l’atelier en allumant un qulliq, la lampe à huile de phoque traditionnelle utilisée dans l’Arctique.

Des artistes estoniens ont travaillé avec Mona et Ravvna pour fabriquer des accessoires en peau de phoque. Les membres du groupe ont étudié les méthodes traditionnelles de découpe et de couture, ont comparé les techniques et outils de design et ont échangé leurs expériences.

La tradition de la chasse au phoque

Mark Soosaar, ancien député, cinéaste et défenseur de la chasse au phoque originaire de l’île de Kihnu en Estonie, a montré son film sur la chasse au phoque traditionnelle sur l’île. Cette tradition historique continue d’avoir le soutien de nombreux résidents.

Des représentants de l’Estonian Hunters’ Society ont également participé afin d’en savoir plus sur la situation actuelle dans le Nord du Canada en ce qui concerne la chasse au phoque autochtone et sur les façons d’enseigner les méthodes traditionnelles autochtones en Estonie.

Créer des possibilités

Les créatrices étaient accompagnées par une délégation du Nunavut et du ministère des Pêches et des Océans. En application de l’entente conclue en 2015 entre le Canada et l’Union européenne, les produits dérivés de la peau de phoque certifiés par les peuples autochtones dans le Nord du Canada peuvent être exportés vers l’Union européenne.

Les liens établis entre les peuples autochtones canadiens et estoniens continueront de se renforcer grâce à des activités telles que des échanges pédagogiques avec l’Estonian Academy of Arts et la Viljandi Culture Academy et des projets de visite d’artistes autochtones canadiens dans les communautés historiques estoniennes pratiquant la chasse au phoque.