Rapport annuel conformément à l’Accord concernant des rapports annuels sur les droits de l’homme et le libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie

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15 mai 2012

Introduction

L’Accord de libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie (l’Accord de libre-échange Canada-Colombie, « ALÉCCO ») prévoit la libéralisation de divers types d’activités économiques, notamment le commerce des marchandises, le commerce des services, l’investissement étranger et les marchés publics. Le libre‑échange avec la Colombie conforme à la Stratégie pour les Amériques du Canada, qui vise essentiellement à accroître les débouchés économiques, à renforcer la sécurité et les institutions et à mettre en place une base solide pour l’engagement du Canada dans la région en renforçant nos relations. L’expansion économique découlant d’échanges commerciaux et d’investissements libéralisés et fondés sur des règles peut contribuer à favoriser la prospérité et la création d’emplois. Cette croissance peut également permettre de consolider les efforts déployés par les gouvernements pour créer des démocraties plus prospères et réduire la pauvreté.

Le 21 novembre 2008, le Canada et la Colombie ont signé l’ALÉCCO ainsi que l’Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la République de Colombie (« Accord de coopération dans le domaine du travail ») et l’Accord sur l’environnement entre le Canada et la République de Colombie (« Accord sur l’environnement »). La loi de mise en œuvre de ces accords a été déposée au Parlement le 10 mars 2010, puis adoptée le 21 juin 2010, avant de recevoir la sanction royale le 29 juin 2010. L’ALÉCCO est entré en vigueur le 15 août 2011, soit peu après une visite du premier ministre Stephen Harper en Colombie.

Contexte

L’Accord concernant des rapports annuels sur les droits de l’homme et le libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie[1](« l’Accord ») a été signé le 27 mai 2010 et stipule que :

« Chacune des Parties présente un rapport à sa législature au plus tard le 15 mai de l’année qui suit l’entrée en vigueur de l’Accord de libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie, et une fois par année par la suite. Les rapports en question portent sur l’effet des mesures prises en conformité avec l’Accord de libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie en matière de protection des droits de l’homme sur les territoires du Canada et de la République de Colombie. »

Les représentants d’Affaires étrangères et Commerce international Canada (MAECI) et du ministère des Affaires étrangères de la Colombie sont chargés de rédiger les rapports pour le compte de leur pays respectif.

Il est question de l’Accord au paragraphe 15.1 de la Loi portant mise en œuvre de l’Accord de libre‑échange entre le Canada et la République de Colombie, de l’Accord sur l’environnement entre le Canada et la République de Colombie et de l’Accord de coopération dans le domaine du travail entre le Canada et la République de Colombie (« Loi de mise en œuvre »), laquelle fait de l’obligation internationale incorporée par le Canada une loi nationale :

« 15.1 Conformément à l'Accord concernant des rapports annuels sur les droits de l'homme et le libre-échange entre le Canada et la République de Colombie, chaque année, au plus tard le 15 mai ou, si la Chambre ne siège pas, dans les trente jours suivant la reprise des séances, le ministre fait déposer devant chaque chambre du Parlement un rapport sur l'application de la présente loi pendant l'année civile précédente comportant le résumé des mesures prises sous le régime de la présente loi ainsi que l'analyse des répercussions qu'ont eues ces mesures sur les droits de la personne au Canada et en République de Colombie. »

Rapport déposé en 2012

Conformément à la Loi de mise en œuvre, le Canada est tenu de déposer un rapport « sur l’application de la présente loi pendant l’année civile précédente ». Comme l’ALÉCCO n’est entré en vigueur que le 15 août 2011, les données relatives aux échanges commerciaux entre les deux pays ne sont pas suffisantes pour qu’une analyse des activités pour l’ensemble de l’année civile 2011 soit réalisée. Par conséquent, le rapport de cette année visera essentiellement à décrire l’approche qui sera utilisée dans les années subséquentes.

Rapport devant être déposé en 2013 et rapports des années subséquentes

Le rapport qui sera déposé en 2013 présentera une analyse de tous les changements notables observés depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO sur les plans du commerce et de la situation des droits de la personne dans les principaux secteurs économiques, pour la période du mois d’août 2011 au mois de décembre 2012, tant au Canada qu’en Colombie. À des fins de comparaison, il comprendra également des données relatives au commerce et à la situation des droits de la personne dans les principaux secteurs économiques retenus avant l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO. Les rapports déposés dans les années subséquentes viseront à mettre à jour et à analyser tout changement observé sur ces plans au cours de l’année civile précédant le dépôt du rapport.

Méthodologie

Les étapes méthodologiques utilisées pour analyser les incidences de l’ALÉCCO sur les droits de la personne seront appliquées aux mouvements de marchandises, de services et de capitaux du Canada vers la Colombie, et vice versa. De nombreuses marchandises colombiennes étaient déjà importées au Canada en franchise avant l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO. Par conséquent, le nombre de secteurs économiques qui subiraient des changements sont relativement peu nombreux. De plus, la situation des droits de la personne au Canada diffère de celle de la Colombie. Les sections du rapport qui portent sur le Canada et la Colombie reflèteront ces différences. En ce qui concerne la section consacrée aux droits de la personne au Canada, les provinces et les territoires seront consultés. La méthodologie qui devrait être utilisée pour réaliser cette analyse dans les années subséquentes est décrite ci-dessous.

Étapes méthodologiques :

  1. Examen : Passer en revue les mesures prises dans le cadre de l’ALÉCCO au cours de l’année civile précédente.
  2. Analyse préliminaire : Examiner les dispositions particulières de l’ALÉCCO qui ont été négociées dans l’intérêt de certains secteurs économiques en vue de mettre en évidence les secteurs pour lesquels une augmentation des échanges commerciaux ou des investissements est prévue. À partir des données officielles, examiner les échanges de marchandises et de services et les investissements actuels entre le Canada et la Colombie et les comparer à ceux enregistrés avant l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO en vue de déterminer et de confirmer quels sont les secteurs économiques pour lesquels les données varient le plus.
  3. Regroupement des secteurs économiques : Regrouper les données concernant le commerce, l’investissement et les services en fonction des principaux secteurs et sous‑secteurs aux fins de suivi annuel. Selon l’analyse préliminaire et les prévisions, les secteurs en question pourraient comprendre les suivants : Produits et services canadiens exportés vers la Colombie : produits manufacturés, matériaux, produits agricoles (grains et légumineuses à grain), bétail, industrie extractive, services environnementaux, bâtiment et services connexes, services de télécommunications et services financiers. Produits et services colombiens exportés au Canada : fleurs coupées, fil guipé, vêtements pour hommes et pour garçons, sucre raffiné, bonbons et huile de palme. Ces secteurs seront confirmés après l’analyse des données commerciales enregistrées depuis l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO.
  4. Jumelage des secteurs économiques et des droits de la personne correspondants et analyse : Une fois que les principaux secteurs économiques touchés par l’ALÉCCO auront été mis en évidence, préparer un rapport sur l’effet des mesures.
  5. Consultations avec les intervenants : Consulter les intervenants sur le rapport et sa méthodologie
  6. Résumé des mécanismes prévus dans l’ALÉCCO : Examiner et résumer toutes les activités entreprises dans le cadre des mécanismes prévus dans l’ALÉCCO (p. ex. mécanismes de consultation, de communication publique et de règlement des différends) et qui ont trait aux droits de la personne.
  7. Accord de coopération dans le domaine du travail : Examiner et résumer toutes les activités entreprises au cours de l’année précédente comme le stipule l’Accord de coopération dans le domaine du travail.
  8. Accord sur l’environnement : Examiner et résumer toutes les activités entreprises au cours de l’année précédente comme le stipule l’Accord sur l’environnement.

Échanges commerciaux entre le Canada et la Colombie

Fort d’un produit intérieur brut (PIB) de 1,7 milliards de dollars américains et d’un PIB par habitant de 49 349 $ É.-U. en 2011,[2] le Canada se classe au dixième rang des principales économies du monde. Pour sa part, la Colombie constitue la quatrième économie en importance de l’Amérique latine (la troisième si on ne tient pas compte du Mexique) : son PIB a été évalué à 328,4 milliards de dollars américains en 2011, ce qui équivaut à 18,9 % de l’économie canadienne et son PIB par habitant a atteint 7 132 $ É.-U. pour cette même année. Le Canada représente le dix-neuvième partenaire commercial en importance de la Colombie par rapport à l’ensemble des échanges commerciaux de la Colombie. Le Canada et la Colombie entretiennent de solides relations commerciales et les échanges entre les deux pays sont relativement bien équilibrés dans l’ensemble.

Malgré la crise économique et financière mondiale de 2008‑2009, le commerce bilatéral de marchandises entre le Canada et la Colombie a augmenté de 140 %, passant de seulement 641,4 millions de dollars américains en 2000 au sommet sans précédent de 1,6 milliard de dollars américains en 2011. Les exportations canadiennes de marchandises vers la Colombie ont plus que doublé depuis l’an 2000 et ont atteint 760,9 millions de dollars canadiens en 2011. Les produits agroalimentaires arrivent en tête des produits canadiens exportés en Colombie et sont suivis des céréales (surtout du blé), des machines, du papier et du carton, des engrais et des machines électriques. Les importations canadiennes de marchandises en provenance de la Colombie ont aussi plus que doublé, passant de 331,8 millions de dollars canadiens en 2000 à 799,7 millions de dollars canadiens en 2011. Le Canada importe principalement de la Colombie des combustibles minéraux, du café, des fruits et des noix, des fleurs et du sucre. Les produits agroalimentaires représentent donc près de la moitié des importations canadiennes en provenance de ce pays, tandis que les produits énergétiques en représentent 42 %. 

Commerce des marchandises du Canada avec la Colombie de 2000 à 2011 (en millions de dollars canadiens)

Année

Exportations

Importations

Total des échanges

Balance commerciale

2000

309,6

331,8

641,4

-22,3

2001

365,9

415,5

781,3

-49,6

2002

343,5

393,0

736,5

-49,5

2003

307,6

373,9

681,5

-66,2

2004

387,1

418,6

805,7

-31,5

2005

448,2

583,6

1 031,8

-135,4

2006

513,2

640,4

1 153,6

-127,2

2007

662,3

468,6

1 130,8

193,7

2008

708,8

638,8

1 347,6

70,1

2009

592,0

733,6

1 325,6

-141,6

2010

642,3

717,3

1 359,5

-74,9

2011

760,9

799,7

1 560,6

-38,8

Source : Statistique Canada

Le commerce des services constitue un élément essentiel des relations commerciales entre les deux pays. De 2000 à 2009, les échanges bilatéraux de services ont augmenté de 35 %, passant de 114,0 à 154,0 millions de dollars canadiens (données les plus récentes). Au cours de cette même période, les exportations canadiennes de services vers la Colombie ont connu une hausse de 57,8 % et ont atteint 101,0 millions de dollars canadiens en 2009. Les importations canadiennes de services en provenance de la Colombie n’ont pratiquement pas changé au cours des dix dernières années, passant d’environ 50,0 millions de dollars canadiens à 53,0 millions de dollars canadiens en 2009. Par conséquent, le Canada a enregistré un excédent sur le plan du commerce des services avec la Colombie au cours des dernières années, un excédent qui a atteint 48 millions de dollars canadiens en 2009.

Au fil des ans, les relations qu’entretiennent le Canada et la Colombie sur le plan des investissements se sont consolidées. Le stock d’investissement direct de la Colombie au Canada a été évalué à 3,0 millions de dollars canadiens à la fin de l’an 2000, mais était revenu à 1,0 million de dollars canadiens à la fin de 2011. L’investissement direct du Canada en Colombie est plus important, mais a fluctué au cours des dix dernières années. En effet, le stock d’investissement direct du Canada en Colombie s’est chiffré à 898,0 millions de dollars canadiens à la fin de l’an 2000, est revenu à 270,0 millions de dollars canadiens en 2003, pour ensuite connaître une augmentation et atteindre 1,7 milliards de dollars canadiens à la fin de 2011.

Les tarifs douaniers demeurent l’un des principaux facteurs qui influencent le volume et la composition des échanges commerciaux bilatéraux entre le Canada et la Colombie. Avant l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO, des tarifs douaniers de 16,8 % s’appliquaient aux produits agricoles provenant du Canada et des tarifs douaniers de 11,8 % étaient imposés sur les produits industriels canadiens entrant en Colombie. À l’entrée en vigueur de l’ALÉCCO, soit le 15 août 2011, la Colombie a éliminé immédiatement les tarifs douaniers visant environ 67,4 % de ses lignes tarifaires. Pour sa part, le Canada a éliminé les tarifs douaniers qu’il appliquait à environ 96,6 % de ses lignes tarifaires. Les tarifs douaniers s’appliquant aux autres lignes tarifaires visées par l’ALÉCCO seront éliminés progressivement, conformément aux listes tarifaires convenues dans le cadre de l’ALÉCCO.

Accord de coopération dans le domaine du travail et Accord sur l’environnement

Aux termes de la Loi de mise en œuvre, le Canada est tenu de préparer « un rapport sur l'application de la présente loi pendant l'année civile précédente comportant le résumé des mesures prises sous le régime de la présente loi ». Comme la Loi de mise en œuvre vise aussi l’Accord de coopération dans le domaine du travail et l’Accord sur l’environnement, un bref survol de ces accords est présenté ci‑dessous.

Accord de coopération dans le domaine du travail

Conformément à l’Accord de coopération dans le domaine du travail (« ACT »), le Canada et la Colombie s’engagent à faire en sorte que leurs lois non seulement respectent la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998) de l’Organisation internationale du travail, mais offrent aussi des protections acceptables pour les travailleurs migrants et en matière de santé et sécurité au travail, d’heures de travail et de salaires. L’ALÉCCO comprend aussi un chapitre et des dispositions régissant le travail.

Plus particulièrement, aux termes de l’ACT, les deux pays s’engagent à :

Respecter et à appliquer de manière effective leurs lois et politiques nationales en matière de travail au moyen de mesures gouvernementales appropriées. Les lois en question doivent incorporer les principes et droits suivants reconnus internationalement en matière de travail :

  • la liberté d’association et le droit de négociation collective;
  • la suppression de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire;
  • l’abolition effective du travail des enfants;
  • la suppression de la discrimination en matière d’emploi et d’activités professionnelles;
  • des conditions de travail acceptables en ce qui touche au salaire minimum, aux heures de travail et à la sécurité et la santé au travail;
  • des protections juridiques en matière de conditions de travail identiques pour les travailleurs migrants et les ressortissants.

Veiller à ne pas renoncer ou autrement déroger à leurs lois en matière de travail d’une façon qui affaiblisse ou qui diminue l’adhésion aux principes du travail internationalement reconnus dans le but de stimuler le commerce ou l’investissement.

Veiller à tenir dûment compte de toute demande d’enquête dans le domaine du travail et à ce que toute personne ayant dans une affaire un intérêt reconnu par sa législation puisse, de façon opportune, saisir un tribunal habilité à faire appliquer les lois nationales en matière de travail.

Rendre accessible au public tous les renseignements en lien avec leurs lois en matière de travail et leurs procédures d’application et de mise en conformité.

Encourager les entreprises à adopter, de leur propre chef, des pratiques exemplaires en matière de responsabilité sociale d’entreprise.

L’ACT prévoit des dispositions concernant les mécanismes institutionnels pour veiller à sa mise en œuvre effective. Parmi ces mécanismes, citons un processus de règlement des différends pour veiller au respect des dispositions de l’ACT dans le cadre duquel des compensations monétaires d’au plus 15 millions de dollars peuvent être exigées pour toute année donnée. Toutes les compensations monétaires seront versées dans un fonds de coopération et seront utilisées pour réaliser des initiatives appropriées dans le domaine du travail sur le territoire de la partie faisant l’objet de la plainte. L’ACT prévoit aussi la formation d’un Conseil ministériel composé des ministres chargés des affaires du travail du Canada et de la Colombie, qui se réunit au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de l’ACT et, par la suite, aussi souvent que nécessaire pour veiller à la bonne mise en œuvre de l’ACT.

La coopération constitue l’un des éléments clés de la politique du Canada dans le domaine du travail. Aux dispositions prévues dans l’ACT s’ajoutent des mesures concrètes visant à améliorer la situation dans le domaine du travail en Colombie, notamment un mécanisme de mise en commun de l’information liée au travail et une aide technique.

La première rencontre du Conseil ministériel s’est tenue à Bogota, en Colombie, du 22 au 24 janvier 2012. À cette occasion, les membres du Conseil ont notamment désigné des points de contact officiels au sein de chacun des gouvernements pour l’ACT, discuté des récentes réalisations et priorités ministérielles, approuver le Plan d’action 2012‑2013 pour l’exercice d’activités de coopération en matière de travail, et discuté de la date et de l’ordre du jour potentiels de la prochaine rencontre.

Comme le stipule l’ACT, les ministres du Travail du Canada et de la Colombie ont aussi rencontré le public, notamment des représentants syndicaux et des employeurs, ainsi que des représentants d’organisations internationales afin de recueillir leurs observations au sujet de la mise en œuvre de l’ACT.

La Plan d’action 2012‑2013 pour l’exercice d’activités de coopération en matière de travail prévu dans l’ACT énonce une série de domaines de coopération future, en particulier en ce qui concerne l’aide technique visant à favoriser la tenue d’un dialogue tripartite efficace (soit entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats), et des domaines dans lesquels il y aurait lieu d’accroître la mise en commun de renseignements. Le Plan d’action aidera les parties à élaborer de nouvelles initiatives de coopération et à veiller à la mise en œuvre complète de l’ACT.

Accord sur l’environnement

Conformément à l’Accord sur l’environnement, les deux pays s’engagent à encourager l’application de hauts niveaux de protection de l’environnement, à favoriser la bonne gouvernance environnementale et à promouvoir la transparence et la participation du public. Les parties s’engagent aussi à établir un cadre de travail pour la réalisation d’activités de coopération dans le domaine de l’environnement. L’Accord sur l’environnement, signé parallèlement à l’ALÉCCO, renforce le concept selon lequel le libre‑échange ne doit pas se faire au détriment de l’environnement. L’ALÉCCO comprend aussi un chapitre et des dispositions régissant l’environnement.

En vertu de l'Accord sur l’environnement, les deux pays s’engagent à appliquer de hauts niveaux de protection environnementale et à continuer d'élaborer et d'améliorer leurs lois et politiques environnementales. Pour ce faire, les parties sont tenues de :

  • respecter et d’appliquer de manière effective leurs lois et politiques nationales en matière d’environnement au moyen de mesures gouvernementales appropriées ;
  • ne pas affaiblir ni diminuer les niveaux de protection que confèrent leurs lois nationales en matière d’environnement dans le but d’encourager le commerce ou l’investissement ;
  • veiller à ce que des procédures soient en place pour sanctionner les violations à leurs lois environnementales ou demander réparation (p. ex. les résidents d’un pays peuvent réclamer la tenue d’enquêtes au sujet d’allégations de violations des lois environnementales du pays en question) ;
  • accroître les efforts de sensibilisation de la population et la transparence en s'assurant que les renseignements se rapportant aux lois et aux politiques environnementales sont à la disposition du public ;
  • veiller à la mise en place de processus d'évaluation des répercussions sur l'environnement ;
  • encourager les entreprises à adopter, de leur propre chef, des pratiques exemplaires en matière de responsabilité sociale ;
  • renforcer la protection de la diversité biologique ; et
  • respecter, préserver et entretenir les connaissances, les innovations et les pratiques traditionnelles des collectivités autochtones et locales.

Aux termes de l’Accord sur l’environnement, les deux pays s’engagent à mettre tout en œuvre pour répondre aux questions pouvant être soulevées entre eux relativement à l’Accord sur l’environnement, au moyen de consultations et de la mise en commun de renseignements et en mettant l’accent sur la coopération. Si les parties n’arrivent pas à régler une question, l’une d’elles peut demander la tenue de consultations à l’échelle ministérielle.

Dans le but de renforcer la gouvernance environnementale, l'Accord sur l’environnement comprend un cadre de travail qui prévoit la réalisation d’activités de coopération liées à l'environnement et visant à appuyer les objectifs et les obligations de l’Accord sur l’environnement et à se pencher sur d'importantes questions environnementales d'intérêt mutuel. Ces activités constituent une occasion de promouvoir des niveaux élevés de protection environnementale au moyen d’échanges techniques et de la mise en commun de renseignements.

La première rencontre du Comité formé aux termes de l’Accord sur l’environnement a eu lieu à Bogota, en Colombie, les 21 et 22 mars 2012. À cette occasion, les représentants du Canada et de la Colombie siégeant au Comité ont examiné les principaux engagements et ententes institutionnelles prévus dans l’Accord sur l’environnement. De plus, ils ont conjointement commencé à choisir les projets de collaboration qui formeront le programme de travail prévu dans l’Accord.

Conclusion

L’ALÉCCO est entré en vigueur le 15 août 2011. Par conséquent, le rapport de 2012 donne un aperçu de la méthodologie qui sera utilisée dans les rapports devant être déposés dans les années subséquentes et fait un bref survol des données relatives aux échanges commerciaux entre le Canada et la Colombie ainsi que de l’Accord de coopération dans le domaine du travail et de l’Accord sur l’environnement.

Le rapport qui sera déposé en 2013 présentera une analyse de tous les changements notables sur les plans du commerce et de la situation des droits de la personne dans les principaux secteurs économiques qui découlent de l’ALÉCCO, du mois d’août 2011 au mois de décembre 2012, tant au Canada qu’en Colombie.


Annexes


Annexe 2 : profils économiques du canada et de la colombie

Introduction

La présente section donne un aperçu des données macroéconomiques relatives au Canada et à la Colombie, y compris la composition des secteurs et les principaux moteurs de ces économies.

Économie canadienne

Fort d’un PIB par habitant de 49 842 $ CAN (49 349 $ É.-U.) en 2011, le Canada est la dixième économie en importance au monde sur le plan du produit intérieur brut (PIB) exprimé en dollars américains et l’une des nations les plus riches du monde. Au cours des dix dernières années, l’économie canadienne a enregistré une croissance soutenue, soit à un taux annuel de 1,9 %, et ce, malgré la crise économique et financière mondiale de 2008‑2009. Le Canada a mieux surmonté cette crise que la plupart des autres pays industrialisés. D’ailleurs, l’activité économique au Canada a dépassé le rendement enregistré avant la crise. La force et la résilience dont a fait preuve l’économie canadienne pendant cette crise sont en partie attribuables à des réductions d’impôt généralisées, à des mesures visant à réduire la dette, au renforcement des institutions financières et aux investissements réalisés dans le savoir et les infrastructures au cours des dix dernières années. Le FMI prévoit d’ailleurs que le Canada demeurera en tête des principales économies industrialisées pour ce qui est de la croissance moyenne au cours des prochaines années.

La force de l’économie canadienne s’explique aussi par la diversité et le dynamisme de ses industries liées aux ressources naturelles, lesquelles approvisionnent le monde entier en minéraux, pétrole et gaz, produits forestiers et autres produits de base, ainsi que par sa main‑d’œuvre qualifiée et ses institutions bien établies.

Le Canada est une nation commerçante ouverte aux produits, aux services et aux idées de l’étranger. Il s’agit de l’une des économies les plus ouvertes du monde, comme l’attestent ses échanges commerciaux avec l’étranger, qui interviennent pour 63,5 % du PIB du pays. De plus, en général, le Canada ne pose pas d’obstacles importants à la circulation transfrontière des marchandises, des services et des capitaux. Les produits de base issus des ressources naturelles et le matériel de haute technologie forment la majorité des exportations canadiennes de marchandises. Les exportations de produits de base ont été particulièrement importantes au cours des dernières années, notamment en raison de la demande croissante des marchés en rapide expansion et des prix élevés des produits de base. Les États‑Unis constituent le principal partenaire commercial du Canada : 73,7 % de toutes les exportations canadiennes de marchandises étaient destinées à ce marché en 2011.

Tableau 1 : Principaux indicateurs économiques, Canada, 2000-2011

Élément

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Population, en millions d’habitants

30,7

31,0

31,4

31,6

31,9

32,3

32,6

32,9

33,3

33,7

34,1

34,5

PIB, prix courants, en milliards de dollars américains

725

716

735

866

992

1 134

1 279

1 424

1 503

1 338

1 577

1 737

PIB par habitant, prix courants, en $ É.-U.

23 653

23 100

23 467

27 402

31 104

35 205

39 302

43 306

45 171

39 719

46 283

49 349

PIB, prix constants, variation annuelle, en %

5,2

1,8

2,9

1,9

3,1

3,0

2,8

2,2

0,7

-2,8

3,2

2,5

Variation annuelle de l’inflation (IPC), en %

2,7

2,5

2,3

2,7

1,8

2,2

2,0

2,1

2,4

0,3

1,8

2,9

Balance des paiements courants, en milliards de dollars américains

19,7

16,2

12,6

10,5

22,9

21,4

18,1

11,9

4,9

-39,6

-49,4

-48,8

Balance des paiements courants, en % du PIB

2,7

2,3

1,7

1,2

2,3

1,9

1,4

0,8

0,3

-3,0

-3,1

-2,8

Nota : Les chiffres de 2011 sont des estimations.

Source : Base de données en ligne des Perspectives de l'économie mondiale du FMI, mai 2012

Comme dans le cas d’autres nations développées, l’industrie des services constitue le principal secteur de l’économie canadienne, représentant près de 70 % du PIB du Canada et employant environ les trois quarts de la main‑d’œuvre du pays. Au cours des dix dernières années, la part du PIB attribuable au secteur des services a connu une croissance soutenue à mesure que le Canada s’est transformé pour devenir une économie davantage orientée sur les services. Par conséquent, l’importance relative des autres secteurs de l’économie a connu une baisse. Plus précisément, la contribution du secteur manufacturier au PIB a reculé et s’est établie à 12,9 % en 2010 alors qu’elle se chiffrait à 19,0 % en 2000. Le Canada compte un secteur primaire appréciable, qui se compose, entre autres, des domaines de l’agriculture, de l’exploitation minière, de l’énergie et des autres activités liées aux ressources, lesquels contribuent de manière importante à la croissance économique et à la prospérité générales du Canada.

Tableau 2 : Changements dans la structure de l’économie canadienne, 2000-2009

Tableau 2.1 : Valeur ajoutée (en % du PIB)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Agriculture

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

2,0

S.O.

S.O.

Industrie

33,0

32,0

31,0

31,0

32,0

32,0

32,0

32,0

S.O.

S.O.

Fabrication

19,0

18,0

18,0

17,0

16,0

15,0

14,0

12,9

S.O.

S.O.

Services

65,0

66,0

67,0

67,0

66,0

66,0

66,0

67,0

S.O.

S.O.

Tableau 2.2 : Valeur ajoutée (croissance annuelle en %)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Agriculture

-2,0

-9,0

-5,0

11,0

9,0

3,0

-1,0

-1,0

3,0

-9,0

Industrie

8,0

-2,0

2,0

1,0

3,0

2,0

0,0

0,0

-3,0

-10,0

Fabrication

11,0

-5,0

1,0

-1,0

2,0

2,0

-1,0

-2,0

-6,0

-13,0

Services

4,0

4,0

3,0

2,0

3,0

3,0

4,0

3,0

2,0

0,0

Tableau 2.3 : Valeur ajoutée (milliards de dollars américains courants)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Agriculture

15,3

14,9

14,8

16,9

20,0

19,5

19,8

22,5

S.O.

S.O.

Industrie

223,6

212,5

210,9

251,7

292,0

342,0

380,7

420,2

S.O.

S.O.

Fabrication

129,5

119,5

120,2

133,0

148,2

158,0

168,4

178,2

S.O.

S.O.

Services

434,4

439,0

455,3

537,0

611,4

695,3

793,4

889,4

S.O.

S.O.

Source : Base de données en ligne des Perspectives de l'économie mondiale, mai 2012

Économie colombienne

Forte d’une population de 46 millions d’habitants, la Colombie est le troisième pays en importance d’Amérique latine sur le plan de la population après le Brésil et le Mexique. Son économie se classe quatrième parmi tous les pays d’Amérique latine. La Colombie a enregistré un PIB de 328,4 milliards de dollars américains en 2011, ce qui représente environ 18,9 % de l’économie canadienne.

Au cours des dix dernières années, la Colombie a connu une croissance économique marquée en raison de l’adoption de politiques économiques de libre marché, de réformes dans les secteurs du pétrole et du gaz, d’améliorations de la sécurité intérieure et d’une forte augmentation des exportations stimulée par la demande croissante de ressources naturelles provenant des marchés en rapide expansion et par les prix élevés des produits de base[3]. Le PIB réel a augmenté de 4 % par année en dollars américains de 2000 à 2011. Le PIB par habitant a fait un bond remarquable, de 2 480 $ É.-U. en 2000, il est passé à 7 132 $ É.-U. en 2011. Malgré cette performance macroéconomique spectaculaire, le développement économique en Colombie est freiné par le manque d’infrastructures et le taux de chômage qui demeure élevé et qui, selon le FMI, a atteint environ 10,8 % en 2011, se classant ainsi parmi les plus élevés de tous les pays d’Amérique latine.

L’économie colombienne dépend énormément des exportations de produits énergétiques et de produits agricoles. Le pays constitue le deuxième producteur de café du monde après le Brésil et un important fournisseur de fleurs coupées et de bananes à l’échelle mondiale. La Colombie a fait activement la promotion du libre‑échange au cours des dix dernières années, ce qui a renforcé sa capacité sur le plan du commerce international. De 2000 à 2011, le commerce des marchandises de la Colombie avec le reste du monde a plus que quadruplé pour atteindre 111,2 milliards de dollars américains en 2011, une hausse par rapport aux 24,6 milliards de dollars américains enregistrés en 2000. Les États‑Unis représentent le plus important partenaire commercial de ce pays et ont été la destination de 38,3 % des exportations colombiennes de marchandises en 2011. Les autres grands partenaires commerciaux de la Colombie sont les Pays-Bas, le Chili et la Chine.

Tableau 3 : Principaux indicateurs économiques, Colombie, 2000-2011

Élément

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

Population (en millions d’habitants)

40,2

40,8

41,3

41,8

42,3

42,9

43,4

43,9

44,5

45,0

45,5

46,1

PIB, prix courants, en milliards de dollars américains

99,9

98,2

97,8

94,7

118,8

146,6

160,7

210,6

235,7

233,4

287,2

328,4

PIB par habitant, prix courants, en $ É.-U.

2 480

2 407

2 367

2 263

2 804

3 418

3 702

4 794

5 303

5 189

6 312

7 132

PIB, prix constants, variation annuelle en %

2,9

1,7

2,5

3,9

5,3

4,7

6,7

6,9

3,5

1,7

4,0

5,9

Variation annuelle de l’inflation (IPC) en %

9,2

8,0

6,3

7,1

5,9

5,0

4,3

5,5

7,0

4,2

2,3

3,4

Balance des paiements courants, en milliards de dollars américains

0,8

-1,1

-1,3

-1,0

-0,9

-1,9

-3,0

-6,0

-6,8

-5,0

-8,9

-9,3

Balance des paiements courants, en % du PIB

0,8

-1,1

-1,3

-1,0

-0,8

-1,3

-1,9

-2,8

-2,9

-2,1

-3,1

-2,8

Nota : Les chiffres de 2011 sont des estimations.

Source : Base de données en ligne des Perspectives de l'économie mondiale du FMI, mai 2012

La structure de l’économie colombienne a connu de profonds changements au cours des dix dernières années. La part de l’industrie en tant que pourcentage du PIB est passée de 29 % en 2000 à 36 % en 2010, renforcée par l’expansion qu’a connue la capacité de production des secteurs du pétrole, du charbon, de l’or et des pierres précieuses. L’importance relative de l’agriculture par rapport à l’économie en général a reculé légèrement, de 9 % en 2000, elle est revenue à 7 % en 2010. Les services demeurent le plus important secteur de l’économie colombienne, contribuant à hauteur de 57 % au PIB de la Colombie en 2010.

Tableau 4 : Changements dans la structure de l’économie colombienne, 2000-2010

Tableau 4.1 : Valeur ajoutée (en % du PIB)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Agriculture

9,0

9,0

9,0

9,0

8,0

8,0

8,0

8,0

8,0

7,0

7,0

Industrie

29,0

30,0

30,0

31,0

32,0

33,0

34,0

34,0

35,0

34,0

36,0

Fabrication

15,0

16,0

15,0

16,0

16,0

15,0

16,0

16,0

15,0

14,0

15,0

Services

62,0

62,0

62,0

60,0

59,0

59,0

58,0

58,0

58,0

58,0

57,0

Tableau 4.2 : Valeur ajoutée (croissance annuelle en %)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Agriculture

-6,0

2,0

5,0

3,0

3,0

2,0

3,0

4,0

-1,0

0,0

0,0

Industrie

-5,0

1,0

3,0

5,0

6,0

4,0

7,0

6,0

0,0

2,0

10,0

Fabrication

3,0

3,0

2,0

5,0

8,0

4,0

8,0

8,0

-4,0

-6,0

12,0

Services

11,0

2,0

2,0

3,0

5,0

5,0

6,0

7,0

6,0

2,0

1,0

Tableau 4.3 : Valeur ajoutée (milliards de dollars américains courants)

Secteur

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

Agriculture

8,3

8,0

8,0

7,6

9,1

11,2

12,0

15,0

17,0

16,0

18,8

Industrie

27,5

27,0

27,0

27,4

34,7

43,8

50,3

63,8

77,0

73,7

96,3

Fabrication

14,5

14,3

14,0

13,7

16,8

20,5

23,6

30,1

33,0

30,7

40,0

Services

57,3

56,5

56,0

52,5

63,8

79,0

86,0

109,8

128,9

126,5

150,1

Nota : Les chiffres de 2010 sont des estimations.

Source : Base de données en ligne des Perspectives de l'économie mondiale, mai 2012


[1] L’expression « droits de l’homme » est utilisée dans l’Accord concernant des rapports annuels sur les droits de l’homme et le libre-échange entre le Canada et la République de Colombie conformément au lexique de l’Organisation des Nations Unies et du droit international. L’expression « droits de la personne », l’expression utilisée par le gouvernement du Canada, est employée ailleurs dans le présent rapport.

[2] Toutes les données relatives au Canada proviennent de Statistique Canada ; les données relatives au PIB de la Colombie proviennent du Fonds monétaire international (FMI), tandis que celles relatives aux importations colombiennes sont tirées du Global Trade Atlas.

[3] Economist Intelligence Unit, Recent development, 1er décembre 2011 (en anglais seulement)


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