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Déclaration commune des ministres de l'énergie du G8 et du commissaire européen à l'énergie

Drapeaux du Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, États-Unis

Déclaration commune des ministres de l'énergie du G8 et du commissaire européen à l'énergie

Rome, Italie
Le 24-25 mai 2009

Les ministres de l’Énergie des pays du G8 et le Commissaire européen à l’énergie se sont réunis à Rome le 24 mai pendant la réunion des ministres de l'Énergie du G8 des 24 et 25 mai 2009. Les ministres de l’Énergie du Brésil, de la Chine, de l’Égypte, de l’Inde, de la République de Corée, du Mexique, de l’Arabie saoudite et de l’Afrique du Sud, ainsi que les ministres de l’Énergie de l’Algérie, de l’Australie, de l’Indonésie, de la Libye, du Nigeria, du Rwanda et de la Turquie ont aussi participé à cette réunion.

Nous, les ministres de l’Énergie du G8 et le Commissaire européen à l’énergie, nous réjouissons de la déclaration commune qui a été approuvée par les ministres du Brésil, de la Chine, de l’Inde, du Mexique et de l’Afrique du Sud, ainsi que de la déclaration commune qui a été approuvée par l’Algérie, l’Australie, le Brésil, la Chine, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, la Corée, la Libye, le Mexique, le Nigeria, le Rwanda, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et la Turquie.

Nous constatons le succès du Forum international des gens d'affaires sur l'énergie et de la Table ronde des organismes de réglementation de l'énergie tenus le 24mai2009 dans le cadre de la réunion des ministres de l'Énergie du G8.

Nous adressons les messages supplémentaires suivants afin de contribuer à une discussion fructueuse au sommet du G8 qui aura lieu dans la ville de L’Aquila en juin 2009.

1. Nous nous engageons à promouvoir la reprise économique et à accélérer la transition vers un développement fondé sur l’efficacité énergétique, à basse émission de carbone, tout en réduisant au minimum et en renversant le verrouillage technologique, et en luttant contre la pauvreté énergétique.

2. Nous entendons contribuer au succès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et au Sommet de Copenhague à la fin de 2009. Nous saluons la contribution du forum sur l'énergie et le climat des principales économies.

3. Outre les changements climatiques, nous devons aborder les enjeux fondamentaux que sont la sécurité énergétique, la disponibilité de l’énergie et l’utilisation de l'énergie. Par conséquent, nous prendrons des mesures pour améliorer l'accès à l'énergie et tendre au transport d’énergie continu. Nous réaffirmons notre détermination à mettre en application les Principes sur la sécurité énergétique mondiale de Saint-Pétersbourg dans nos pays, et nous exhortons les autres pays à participer à cet effort dans la mesure du possible.

4. Nous reconnaissons que les défis interdépendants posés par les changements climatiques, la sécurité énergétique et l’utilisation efficace des ressources énergétiques sont parmi les plus importants enjeux auxquels il faut s’attaquer dans la perspective stratégique de veiller à ce que le développement durable donne accès à l’énergie.

5. Nous savons que, malgré les stratégies de diversification, les combustibles fossiles demeureront un élément important du parc énergétique dans la plupart des pays développés et en développement pour plusieurs décennies à venir. Nous sommes déterminés à lancer, d’ici 2010, 20projets de démonstration de capture et de stockage de CO2 (CSC) de grande envergure à l'échelle mondiale. Il faut tenir compte de la situation de chaque pays, en vue de soutenir le développement de technologies et la réduction des coûts afin que la CSC commence à se généraliser d'ici 2020, ainsi qu’encourager la participation active du secteur privé à ces projets.

6. Nous remarquons que, selon un nombre croissant de pays, l’utilisation de l’énergie nucléaire peut diversifier le parc énergétique, contribuer à la sécurité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre. En plus d’appuyer le travail de l’Agence internationale de l'énergie atomique, nous réaffirmons que l’engagement international envers les sauvegardes, la sûreté et la sécurité (3S) pour la non-prolifération est un préalable incontournable de l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire. Nous continuerons de promouvoir l'élaboration et la mise en œuvre de traités internationaux, de normes, de recommandations et de procédures de contrôle solides à l'échelle internationale et nationale.

7. Nous invitons tous les pays intéressés à l'utilisation civile de l'énergie nucléaire à se mobiliser aux fins d’une collaboration internationale constructive. À cette fin, nous appuyons la coopération internationale pour assurer l’application des normes techniques les plus rigoureuses possible (sûreté, analyses coûts-avantages, programmes et cadres de recherche, construction, exploitation et déclassement de centrales et traitement des déchets).

8. Nous devons tirer parti des synergies entre les initiatives de relance économique et les mesures de lutte contre les changements climatiques en encourageant la croissance verte et le développement durable à l’échelle mondiale. Nous reconnaissons la nécessité de favoriser les investissements dans l’efficacité énergétique, les infrastructures, la diversification du parc énergétique et l'innovation technologique pour assurer une énergie abordable, sécuritaire et durable afin de satisfaire les besoins mondiaux à long terme et de lutter contre la pauvreté énergétique.

9. Nous réaffirmons l’importance des programmes d'économie et d’efficacité énergétiques, qui constituent les moyens les plus nombreux et abordables de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’accroître la sécurité énergétique. À cette fin:

a) Nous nous engageons à élaborer et à mettre en œuvre des politiques efficaces dans nos pays pour accroître l’efficacité énergétique des principaux secteurs de l'économie, comme l’industrie, l’énergie, le transport, l’agriculture et la construction. Nous sommes déterminés à coopérer entre nous et avec d’autres pays pour supprimer les obstacles qui limitent la diffusion à l'échelle mondiale des technologies écoénergétiques.

b) Nous confirmons à nouveau le potentiel et l’utilité de l’approche sectorielle à la réduction des émissions, y compris l’utilisation d’indicateurs et de soutien pour normaliser des méthodologies de mesure concernant l’efficacité énergétique dans les secteurs à haute intensité énergétique, dans le but de promouvoir l’utilisation de technologies écoénergétiques à basse émission de carbone partout dans le monde.

c) Nous notons le travail continu de l’Agence internationale de l'énergie (AIE) en matière de collecte et d’échange de données et d’indicateurs, ainsi que de détermination et de diffusion de pratiques exemplaires, de normes et de recommandations pour accroître l’efficacité énergétique. Nous reconnaissons sa contribution précieuse au succès de la Joint Oil Data Initiative.

10. Nous sommes résolus à:

a) stimuler l’innovation et la diffusion de technologies écoénergétiques plus propres à basse émission de carbone grâce au succès des négociations sur la libéralisation du commerce entre les ministres du Commerce dans le cadre de l'OMC, puisque la réduction ou l’élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires visant des biens et des services environnementaux accéléreront la diffusion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables;

b) appuyer et instaurer des mécanismes axés sur le marché pour le développement et la mise en application de technologies de l’énergie à basse émission de carbone;

c) renforcer les partenariats entre les institutions publiques et le secteur privé, ainsi que les fonctions consultatives exécutées pour les pays en développement par des experts publics et privés à l'échelle sectorielle et nationale, afin d’améliorer les technologies à basse émission de carbone de façon efficace et opportune à l’échelle mondiale;

d) promouvoir des mécanismes de coopération souples à l’échelle mondiale, augmenter les investissements, contribuer à une répartition efficiente des ressources et permettre un échange efficace des connaissances fondé sur le développement coopératif d’importantes technologies à basse émission de carbone;

e) renforcer la gamme d’outils de politique comme les fonds publics, les incitatifs fiscaux et les cadres réglementaires transparents pour aider à multiplier l'apport du secteur privé.

11. Nous croyons qu’il serait opportun et utile d’amorcer un processus qui pourrait mener à l’établissement d’une plate-forme mondiale de technologie de l’énergie à basse émission de carbone dans le but de permettre la convergence de forums et d’initiatives internationaux. Le Partenariat international pour la coopération en matière d'efficacité énergétique (PICEE) constitue un pas important dans cette direction.

12. En s’appuyant sur les travaux existants, la plate-forme proposée de technologie de l’énergie pourrait permettre aux pays:

a) d’approfondir les cartes routières technologiques pour l’énergie et les autres exercices d’analyse pour évaluer et déterminer les besoins et les priorités en matière de technologie à basse émission de carbone à l’échelle internationale et nationale;

b) d’évaluer la contribution de ces technologies à la sécurité énergétique et au développement économique de chaque pays, ainsi qu’à la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre;

c) d’estimer les coûts liés au développement et à la mise en application de ces technologies, particulièrement dans les pays en développement, tout en protégeant les droits de propriété intellectuelle;

d) d’examiner les obstacles actuels à l’adoption de ces technologies dans les principaux pays émetteurs et d’élaborer des politiques économiques pour les surmonter;

e) d’élaborer des mesures concrètes pour appliquer ces politiques, y compris par une collaboration internationale appropriée tout en surveillant la progression de leur mise en œuvre;

f) de créer un forum où les organisations nationales et internationales peuvent échanger de l’information et agir en coordination;

g) de promouvoir un partenariat entre les secteurs public et privé à l’échelle nationale et sectorielle pour la recherche, le développement et la mise en application de technologies de l’énergie en favorisant une nouvelle collaboration internationale.

13. Nous croyons que les trois principes directeurs suivants devraient être respectés pendant l’élaboration de la plate-forme proposée de technologie de l’énergie:

a) se concentrer sur un petit groupe de technologies importantes pendant la première phase de la plate-forme, comme l’énergie solaire et éolienne, les réseaux de transmission électrique intelligents, les véhicules à basse émission de carbone, la modernisation des centrales thermiques alimentées au charbon et de la CSC, ainsi que l’énergie nucléaire, considérant l’intérêt d’un nombre croissant de pays;

b) maintenir l’accès à l’initiative pour tous les pays et entités qui peuvent contribuer comme partenaires égaux;

c) maximiser l’utilisation efficace des ressources disponibles en créant des synergies entre les activités existantes, tout en évitant de créer de nouvelles entités internationales.

14. Nous constatons que l’AIE possède l’expérience pour préparer une proposition sur la façon d’élaborer et de mettre en œuvre cette plate-forme de technologie de l’énergie en 2009. La prochaine réunion ministérielle de l’AIE en octobre2009 pourrait donner une autre occasion de définir un programme de travail avec des priorités et un calendrier. Les mesures pourraient être communiquées aux réunions du G8.

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Date de modification :
2009-07-23