Les relations bilatérales entre le Canada et la Sierra Leone sont bonnes et existent de longue date. C’est à Halifax et dans d’autres régions de la province de Nouvelle-Écosse que d’anciens esclaves sont venus des États-Unis chercher la liberté au lendemain de la guerre d’indépendance américaine, et c’est de Halifax, à la fin du XVIIIe siècle, qu’ils ont mis les voiles pour aller fonder Freetown, en Sierra Leone. Encore aujourd’hui, on observe l’influence des provinces maritimes canadiennes dans le style des bâtiments et dans les noms des rues et des places de cette ville.
Dans le cadre du Commonwealth, les deux pays se rencontrent régulièrement et collaborent dans des dossiers très divers.
Le Canada a établi des relations avec la Sierra Leone suite à son indépendance le 27 avril 1961. L’ambassade du Canada à Accra, au Ghana, est accréditée auprès de la Sierra Leone. Le Haut-Commissaire basé à Washington, Bockari Kortu Stevens, est accrédité au Canada.
L’Agence canadienne de développement international (ACDI) n’a pas de programme d’assistance bilatérale avec la Sierra Leone, mais lui apporte une aide humanitaire par l’intermédiaire d’organisations telles qu’UNICEF et le Programme alimentaire mondial.
Le Canada soutient la consolidation de la paix et le relèvement d’après la guerre en Sierra Leone, ayant consacré environ $34 millions sous diverses formes d’aide depuis 1999. Dans le cadre de l’Opération Sculpture, huit soldats canadiens font partie de l’Équipe militaire internationale consultative en matière d'instruction (IMATT) géré par le Royaume-Uni, et qui fournit l’instruction à l’armée sierra-léonienne réformée. En 2009-10, six membres des Forces sierra léonaise ont été formés au Canada et trois autres en Afrique à titre de bénéficiaires du Programme de formation et d’assistance militaire.
Le Canada a assumé la présidence de la formation Sierra Leone de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies (CCP) depuis février 2009. Les priorités de la formation Sierra Leone de la CCP sont : (1) promouvoir la bonne gouvernance et l’État de droit, (2) combattre le trafic illicite de drogue et (3) réduire le chômage chez les jeunes.
Le Canada, 4e plus grand contributeur au Fond de consolidation de la paix (FCP), qui totalise 330 millions de dollars, aura versé en 2012 jusqu’à 35 millions dollars depuis le début de son engagement. Le pays prévoit verser une contribution additionnelle de $10 millions pour 2011 et 2012. Depuis que le Canada assume le rôle de président de la configuration de la consolidation de la paix au Sierra Leone, le pays a versé 1 431 915 $ au travers du Fond pour la paix et la sécurité mondiale pour les projets d’initiatives de consolidation de la paix au Sierra Leone.
Le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) fournit aussi des fonds modestes à des organisations non-gouvernementales locales qui œuvrent dans le domaine des droits humains, de la bonne gouvernance et de la démocratie. Le FCIL totalisera 200 000 $ pour 2010-11. La Sierra Leone bénéficie également des Programmes multilatéraux et du Partenariat canadien de l’ACDI, et a reçue $8,12 millions en 2008-09.
Le Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a consacré $9,3 millions de 2008 à 2010 à des projets pour aider la Sierra Leone et d’autres pays africains à développer leurs capacités de maintien de la paix. Ces projets sont exécutés par le Centre Pearson pour le maintien de la paix et visent la formation de policiers, de civils et de militaires africains affectés aux opérations de paix.
Les prochaines élections présidentielles et législatives sont prévues en 2012.
Le Canada a contribué à la rédaction de la Résolution 1315 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU, laquelle a mené à l’établissement du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Le Tribunal a eu pour mandat de juger les personnes responsables au premier chef des graves violations du droit international humanitaire et du droit sierra-léonien perpétrées pendant le conflit civil en Sierra Leone après le 30 novembre 1996. En juin 2007, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone a entamé le procès de l’ancien président du Libéria, Charles Taylor, formellement accusé par le TSSL en 2003 de douze chefs d’accusation de crime de guerre et de crime contre l’humanité en Sierra Leone. Le Canada, par l’intermédiaire du Fonds pour la paix et la sécurité mondiale, a soutenu fermement le Tribunal spécial et lui a versé plus de 18 millions de dollars. Le Canada a aussi présidé aux Nations Unies le Comité de gestion du TSSL. Le 26 avril 2012, Taylor a été reconnu coupable de 11 chefs d'accusation, dont crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le Canada a accueillis favorablement le jugement du TSSL et le ministre des Affaires étrangères John Baird a fait une déclaration: http://nouvelles.gc.ca/web/article-fra.do?mthd=tp&crtr.page=1&nid=671049&crtr.tp1D=1.
Le Canada a été un acteur important et un fervent défenseur du Tribunal spécial, dont il a présid é le Comité de gestion aux Nations Unies.
Le commerce entre le Canada et la Sierra Leone est minime. Les investissements canadiens sont modestes et concentrés dans le secteur minier.
Mai 2012