Préparer un avenir exempt de MEPF au Ghana 

Des éducateurs de pairs et des techniciens juridiques terminent leur formation et sont prêts à commencer leur action éducative en milieu communautaire.

Des étudiants partagent leurs opinions sur les effets négatifs des mariages d’enfants, précoces et forcés (MEPF).
 
 

Une séance interactive lors d’un atelier d’éducateurs de pairs.
 
 

Des jeunes filles très attentives lors d’une action éducative dans leur communauté.
 
 

Connaître « une vie de bonheur » dans un mariage n’est pas la réalité de millions de filles forcées de se marier avant l’âge adulte. Selon des statistiques récentes, presque un tiers de l’ensemble des filles des pays en développement sont mariées avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.

Les mariages d’enfants, précoces et forcés (MEPF) privent les jeunes filles de leurs droits, mettent fin à leur éducation et compromettent leur santé de façon considérable. Le Canada s’est donné comme objectif prioritaire de faire campagne contre le mariage précoce et forcé, et de promouvoir des efforts globaux pour éliminer cette pratique horrible. 

Le Haut-commissariat du Canada au Ghana a mobilisé des chefs religieux traditionnels de la communauté de Zongo à l’occasion d’un forum de l’Afrique de l’Ouest sur le sida et la violence faite aux femmes et aux enfants (West Africa Forum on AIDS and Violence against Women and Children [WAFAVAWC]). Ce forum, financé au moyen du Fonds canadien d’ initiatives locales, avait pour but de mieux faire connaître les dangers des MEPF parmi les populations les plus vulnérables du Ghana.

Mieux faire connaître les MEPF

Malgré les cadres juridiques dont dispose le Ghana pour protéger la population contre les MEPF, les pratiques abusives sont répandues en raison de l’application insuffisante des lois. Les MEPF se produisent plus fréquemment dans les régions rurales et pauvres où l’éducation et le soutien font défaut. Par conséquent, il convient de trouver des solutions pour faire face aux conceptions culturelles, à la pauvreté et aux pressions sociales.

Afin de convaincre les chefs traditionnels et de venir à bout du soutien de la communauté envers les MEPF, le WAFAVAWC a formé 140 éducateurs de pairs de la communauté de Zongo pour faire participer des chefs locaux, religieux et traditionnels. L’intégration d’un large éventail de parties prenantes et de décideurs permet à toutes les couches de la communauté de comprendre les effets globaux et dévastateurs des MEPF. 

Divers chefs traditionnels de la région Ashanti, tels que le Cheikh Abdul-Mu’min Kharoun, l’imam en chef régional et le Cheik Ahmed Seidu, secrétaire du Conseil des Ullmau et des imams, ont applaudi le forum et ses organisateurs pour leurs efforts visant à éliminer les mariages précoces et forcés dans leurs communautés.  

Développement du programme

La participation constante des bénévoles de la communauté a entraîné le développement du programme. Le WAFAVAWC a offert une protection aux victimes à l’aide de la création d’un manuel juridique sur les MEPF que pourront utiliser trente techniciens juridiques pleins d’avenir. 

La prévention et la réhabilitation font partie intégrante des efforts de sensibilisation aux MEPF. Le WAFAVAWC a créé un réseau de soutien qui facilite l’intervention lorsqu’une jeune personne se sent menacée de mariage forcé.

En faisant mieux connaître les aspects néfastes des MEPF et en formant des éducateurs de pairs ainsi que des chefs communautaires traditionnels, le Canada et le Ghana évoluent progressivement vers un avenir exempt de MEPF.