Donner aux femmes et aux filles l’autonomie dont elles ont besoin pour atteindre leur plein potentiel 


L’ambassadeur Stuart Savage et le groupe de récipiendaires de bourses à Chizon.


Les filles de Chizon, au Guatemala, se voient remettre une bourse.


L’ambassadeur Stuart Savage rencontre les filles qui ont reçu des bourses.


Les filles apprennent l’importance d’acquérir une education.


Le Canada collabore avec Plan International Guatemala pour aider les filles à réaliser leur plein potential.

Le Canada mise sur l’éducation pour lutter contre les mariages d’enfants, précoces et forcés au Guatemala

Les mariages d’enfants, précoces et forcés (MEPF) constituent malheureusement encore aujourd’hui une pratique répandue et extrêmement néfaste dans de nombreuses régions du monde, y compris au Guatemala. Selon l’Institut national de la statistique, plus de quatre-vingt mille filles et adolescentes ont été mariées dans ce pays entre 2009 et 2013. Cela correspond à 43 filles environ de moins de 18 ans mariées chaque jour.

L’ambassade du Canada au Guatemala, 13 organisations de la société civile et l’ambassade britannique militent en faveur de l’élimination du mariage précoce et forcé dans le pays.

Les mariages d’enfants, précoces et forcés au Guatemala

Les MEPF représentent une pratique extrêmement dommageable qui menace l’avenir et les moyens de subsistance des filles, au Guatemala et ailleurs dans le monde. La pauvreté est l’une des principales causes du mariage précoce au Guatemala. L’éducation secondaire n’étant pas gratuite, les filles, qui peuvent être échangées contre des biens ou de l’argent, sont souvent considérées comme un fardeau économique pour leur famille. 

Selon le cadre juridique en vigueur, les filles peuvent se marier à l’âge de 14 ans et les garçons à l’âge de 16 ans. Une fille qui tombe enceinte avant l’âge de 14 ans peut contracter un mariage avec le consentement de ses parents ou de son tuteur légal.

L’ambassade du Canada a fait appel à des législateurs pour soutenir un mouvement à l’initiative d’organisations locales qui œuvrent à faire modifier le cadre juridique du pays. Il est essentiel de changer la législation matrimoniale du Guatemala pour assurer que les filles puissent réaliser leur plein potentiel.

L’histoire de Mayra

Mayar habite dans une cabane d’une pièce au toit recouvert de feuilles de métal avec sa mère, sa sœur et son frère, dans le nord-est du Guatemala. L’endroit est rempli de fumée causée par le poêle à bois utilisé pour faire la cuisine. La mère, deux des tantes et la sœur de Mayra se sont toutes mariées très jeunes. Le destin de Mayra, de poursuivre ce cycle de pauvreté et de violence, semblait tout tracé, car sa mère, abandonnée par son mari, n’a pas eu les moyens d’assumer pour sa fille les frais d’une éducation secondaire.

« Il arrive que je gagne un peu d’argent en vendant de la nourriture, mais parfois je n’ai rien. Je me sentais seule et effrayée. J’étais vraiment désolée pour Mayra qui avait une telle soif de connaissances. J’ai pourtant dû me résoudre à lui dire que je ne pouvais pas lui payer d’études », explique la mère de Mayra.

Changer les choses…

Mayra vit à Alta Verapaz, une des régions du Guatemala où le taux de mariages précoces et forcés est le plus élevé. En 2013 uniquement, plus de dix-sept mille filles d’Alta Verapaz se sont mariées avant d’atteindre l’âge de 18 ans.

L’expérience a démontré que plus les filles sont éduquées, moins elles sont à risque de contracter un mariage avant l’âge de 18 ans. Cette année, le Canada s’est associé avec Plan International Guatemala, par l’intermédiaire du Fonds canadien d’initiatives locales, pour offrir des bourses à des jeunes filles de communautés rurales d’Alta Verapaz susceptibles d’abandonner l’école et d’être confrontées à la possibilité d’un mariage précoce. 

Cette initiative a permis à 75 jeunes filles de poursuivre leurs études pendant l’année scolaire en cours et de sensibiliser leurs familles et les dirigeants communautaires à l’importance de l’éducation des filles, tant pour assurer leur avenir que celui de leurs communautés. Les familles se sont en outre engagées à soutenir la scolarisation de leurs filles, en contribuant aux dépenses durant l’année scolaire (c.-à-d. en assumant les frais liés au transport et au matériel).   

L’ambassadeur du Canada au Guatemala, Stuart Savage, s’est rendu spécialement à Chizon, une communauté isolée d’Alta Verapaz, où habitent la plupart des filles qui ont reçu les bourses. Lors de sa visite, il a eu l’occasion de s’entretenir avec certaines de ces filles et avec d’autres ayant également profité des bourses de l’organisme Plan. Ces jeunes, qui sont en train de finir leurs études secondaires, lui ont parlé de leurs projets et de leurs rêves d’avenir, dont le mariage précoce ne fait pas partie.

« Je rêve de finir mes études secondaires et d’obtenir un diplôme en travail social, » précise Mayra, elle aussi bénéficiaire d’une bourse. « Je veux aider les autres filles qui vivent dans les mêmes conditions que moi. Lorsque l’on a un rêve, il faut se battre pour le réaliser ».


Le Canada a fourni des bourses à ces filles au Guatemala pour qu'elles aillent à l'école.
 

Mise à jour : Avril 2016, des bourses ont aidé des filles à terminer leur année scolaire

97 % des filles qui ont reçu du Canada des bourses d'études ont terminé avec succès leur année scolaire – bien au-delà de la moyenne parmi les filles n'ayant pas reçu de bourse. Ces filles sont maintenant des défenseures franches et partagent leurs rêves pour l'avenir avec leurs pairs et leurs collectivités.

Le Canada aide à remporter une victoire historique pour les femmes au Guatemala

Après l'engagement coordonné de l'ambassade du Canada au Guatemala avec des organisations locales et internationales et le Congrès du Guatemala pendant plus d'un an, le Congrès a adopté un texte législatif clé pour porter l'âge légal du mariage à 18 ans pour les hommes et les femmes. Ce changement dans le cadre juridique du Guatemala est une étape extrêmement positive pour mettre fin aux mariages d'enfants, précoces et forcés (MEPF), et représente une victoire historique sans précédent en faveur d'un avenir plus prometteur pour des millions de jeunes femmes du Guatemala.

L'ambassade continuera à fournir aux filles guatémaltèques les outils dont elles ont besoin pour qu'elles contribuent pleinement au développement de leurs collectivités et de leurs familles, et à faire campagne auprès des autorités locales afin de veiller à l'application de la nouvelle loi.