Disparitions au Guatemala : justice est rendue un cas à la fois

Des milliers de ces documents ont permis de mener à bien de nombreuses poursuites pour crimes contre l’humanité.
Fernando García en compagnie de son épouse et de leur fille Alejandra, quelque temps avant son enlèvement. Le mystère plane encore sur bon nombre de ces disparitions et les familles des victimes poursuivent inlassablement leur quête de la vérité et de la justice. Le Canada a contribué à la récupération, la restauration et la préservation de documents et de dossiers officiels.

En 1984, Fernando Garcia, 26 ans, poursuivait des études d’ingénieur et militait activement au sein de l’association étudiante de son université et du syndicat de son entreprise lorsqu’il fut kidnappé. On ne l’a jamais revu depuis. Sa mère et sa femme ont mené anxieusement des recherches, avec toujours le même résultat : personne n’avait vu ni entendu quoi que ce soit. Vingt-cinq ans plus tard, la découverte de dossiers officiels de l’ancienne Police nationale du Guatemala a permis de connaître les circonstances de sa disparition et de son décès. 

Il y a sept ans, les archives de la Police nationale, que l’on croyait détruites depuis longtemps, ont été retrouvées. Après examen des milliers de documents qu’elles contenaient, des poursuites ont été intentées avec succès contre les auteurs de crimes contre l’humanité, dont l’une a mené à la condamnation de deux anciens membres de la Police nationale responsables de la mort de Garcia.

Selon le rapport publié en 1999 par la Commission chargée de faire la lumière sur le passé, Garcia était au nombre des quelque 45 000 civils que des agents de l’État ont fait disparaître au cours des 36 années qu’a duré le conflit civil au Guatemala. Le mystère plane encore sur bon nombre de ces disparitions et les familles des victimes poursuivent inlassablement leur quête de la vérité et de la justice. 

Depuis 2009, le gouvernement du Canada contribue de deux façons au processus judiciaire mis en œuvre au Guatemala. Premièrement, de concert avec Avocats sans frontières Canada, il aide les avocats spécialisés en droits de la personne à acquérir les capacités dont ils ont grandement besoin en matière de droit international et de stratégie pour les poursuites. Deuxièmement, il contribue, avec des institutions clés comme les Archives historiques de la Police nationale, à la récupération, la restauration et la préservation des documents et des dossiers officiels. Ces activités sont indispensables au succès des poursuites et à la condamnation des criminels, comme ce fut le cas dans l’affaire Garcia.  

Le ministre des Affaires étrangères, l’honorable Stéphane Dion, se rendra au Guatemala le 13 octobre. Il rencontrera le ministre des Affaires étrangères du Guatemala, M. Carlos Raúl Morales. Le ministre Dion rencontrera aussi des victimes du conflit armé interne et de violations des droits de la personne, ainsi que des militants et défenseurs des droits de la personne œuvrant dans les domaines de la justice transitionnelle, des droits des Autochtones, des droits des femmes, et des questions touchant les lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI).

« À l’approche du 20e anniversaire des accords de paix du Guatemala, j’ai hâte de rencontrer les représentants du gouvernement guatémaltèque et de la société civile afin de dresser le bilan des progrès du Guatemala pour bâtir une société juste et pacifique, et de déterminer de quelle façon le Canada peut continuer de jouer un rôle de soutien, » a déclaré le ministre Dion.