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Accroître la participation communautaire à la prévention et au traitement de la tuberculose

Il y a quatre ans, le mari d’Irene Nyambura, qui avait 38 ans à l’époque, a contracté la tuberculose (TB), maladie contagieuse pouvant potentiellement causer la mort qui se répand par voie aérienne. À l’époque, elle en savait peu sur la maladie que son mari avait contractée. Bien qu’elle ait eu besoin soudainement d’information et de soutien, nombre de ses amis et voisins l’ont délaissée à cause de la stigmatisation de la tuberculose. Le mari d’Irene a demandé de l’aide médicale d’un hôpital local de Nairobi dès qu’il a contracté la maladie.

Des travailleurs de la santé en milieu communautaire
Des travailleurs de la santé en milieu communautaire montrent des trousses de traitement de la tuberculose 
   
Irene Nyambura
Irene Nyambura et d’autres travailleurs de la santé en milieu communautaire au Centre de santé Riruta
   
Le haut-commissaire du Canada, David Collins, parle à un membre de la communauté à Kawangware
Le haut-commissaire du Canada, David Collins, parle à un membre de la communauté à Kawangware
   

« C’était une période difficile. Il ne pouvait pas travailler efficacement et j’étais inquiète, a indiqué Irene. Lorsqu’il a eu ses traitements, il n’a pas suivi le régime de traitement et a fait une rechute. J’ai essayé de me renseigner le plus possible sur la tuberculose pour être en mesure de l’aider et je me suis également engagée à aider d’autres personnes à se renseigner sur cette maladie et à éliminer la stigmatisation de la tuberculose ».

Aujourd’hui, Irene est une travailleuse de la santé en milieu communautaire et fait partie d’une équipe comptant six autres personnes qui travaillent dans la communauté, dans la région d’installation à faible revenu de Kawangware, à environ 15 kilomètres de la capitale du Kenya, Nairobi. L’équipe travaille sans répit pour éliminer la stigmatisation et enseigner à la communauté des techniques de prévention et de traitement de la tuberculose.

Le travail d’Irene et les autres travailleurs de la santé en milieu communautaire est accompli dans le cadre d’un projet communautaire sur la tuberculose de Malteser International, projet qui a reçu du financement de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), dans le cadre de son Fonds canadien d'initiatives locales.

Le projet se déroule dans un petit centre de santé à Kawangware. On y accueille plus de 700 patients par jour et on y traite diverses maladies, dont la tuberculose. La région visée par le projet compte 600 000 personnes, dont 80 p. cent des foyers ayant un seul parent, la majorité des femmes.

« J’ai été choisie comme travailleuse de la santé en milieu communautaire parce que j’habite cette région et parce que je connais bien les gens et le territoire. On m’a aussi choisi en raison de l’aide que j’ai donnée à mon mari malade, a indiqué Irene. Cette année, nous avons eu 216 clients de la communauté à traiter et auprès de qui nous avons fait un suivi pour nous assurer qu’ils suivent jusqu’au bout le traitement contre la tuberculose. »

« Mais avant tout, nos clients et leur famille – surtout les mères et leurs enfants – éviteront de se retrouver seuls », a-t-elle ajouté.

Les médicaments contre la tuberculose sont gratuits au Kenya, mais la stigmatisation de la maladie empêche bien des personnes de Kawangware partageant étroitement des logements de demander des traitements d’un hôpital ou d’un centre de santé. De nombreuses personnes tentent de se soigner elles mêmes. Pour cette raison, Irene et ses collègues font aussi du porte-à-porte et prennent en toute confidentialité des prélèvements pour la tuberculose de personnes qui craignent trop de se rendre ou de se faire voir dans les centres de santé. 

Bien souvent, ce sont des gens de la communauté qui indiquent à Irene et à ses collègues où se trouvent des personnes qui, selon eux, pourraient être atteintes de la maladie. De plus, les habitants dont le système immunitaire a été affaibli par le VIH sont très susceptibles de contracter la tuberculose progressive. Irene et les travailleurs de la santé en milieu communautaire tentent de joindre ces personnes avant qu’elles ne contractent cette maladie. 

Dès que les travailleurs de la santé en milieu communautaire constatent qu’une personne est atteinte de la tuberculose, ils l’orientent vers le Centre de santé Riruta pour qu’elle puisse obtenir un traitement et ils assurent le suivi.

« Parce que les gens de la communauté nous connaissent, nous pouvons facilement faire le suivi à l’aide de visites à domicile des patients qui prennent les médicaments contre la tuberculose pour nous assurer qu’ils prennent jusqu’au bout ce qui leur a été prescrit et évitent une rechute, de dire Irene. Nous collaborons également avec les chefs de la région, des groupes de femmes, des groupes de jeunes et les groupes confessionnels pour inciter les patients à prendre leurs médicaments jusqu’à la fin. »

Selon le rapport de programme national sur la tuberculose du Kenya de 2010, Nairobi compte 20 p. cent des cas de tuberculose au pays. Environ 80 p. des patients atteints de la tuberculose à Nairobi sont situés dans les bidonvilles et dans les régions d’installation à faible revenu. Dans environ 45 p. cent des cas, le patient atteint de la tuberculose souffre aussi du VIH. Les très mauvaises normes de logement et de vie à Nairobi dans les bidonvilles et dans les régions d’installation à faible revue contribuent à la transmission de la tuberculose.

L’objectif principal du projet consiste à renforcer les rôles des ménages et des collectivités vis-à-vis des problèmes de développement liés à la santé. En accordant une importance particulière à la tuberculose, des gens comme Irene contribuent à mieux faire connaître la maladie et à améliorer les aptitudes au sein des communautés vulnérables.

On estime que grâce au projet, on pourra, au cours d’une période d’un an, dépister la maladie chez plus de 700 patients et offrir à ces derniers un traitement. De plus, on donne de la formation continue à plus de 40 travailleurs de la santé en milieu communautaire et leaders communautaires en matière de gestion de la tuberculose, de nutrition et de méthodes d’éducation en santé. Aussi, le projet permettra de déceler 120 personnes qui ont abandonné leur traitement contre la tuberculose. À long terme, ces activités contribueront à un meilleur dépistage plus soutenu de la maladie au sein de la communauté.

Bien que la tâche puisse sembler d’ampleur herculéenne, des travailleurs de la santé en milieu communautaire tels qu’Irene qui donnent de leur temps bénévolement à cette cause continueront de jouer un rôle primordial dans la réussite du projet.

« En ayant vu personnellement les efforts des travailleurs de la santé en milieu communautaire, efforts qui sont pratiquement de l’héroïsme, je suis ravi de constater que le Canada joue un rôle bénéfique au sein de la communauté à Kawangware, a indiqué le haut-commissaire canadien au Kenya, David Collins, après sa visite récente des lieux du projet sur la tuberculose. En effet, la tuberculose touche toute la communauté, surtout les personnes les plus vulnérables, soit les mères et les enfants. J’espère bien que le projet concernant la tuberculose permettra d’améliorer les conditions de santé des personnes les plus touchées. »

Le Kenya figure au 13e rang de la liste des 22 pays les plus touchés par la tuberculose à travers le monde de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) des Nations Unies et est cinquième en Afrique. Selon l’OMS, le Kenya présente plus de 130 000 nouveaux cas de tuberculose par année. Plus de 80 p. cent des cas de tuberculose sont diagnostiqués chez de jeunes personnes de 15 à 45 ans. Il y a toutefois de l’espoir : le Kenya est également l’un des premiers pays de l’Afrique du Sud du Sahara à atteindre les cibles globales de 70 p. cent de détection des cas de tuberculose et de 85 p. cent de taux de réussite pour les traitements. Le Canada a appuyé des efforts semblables par le passé en fournissant de l’équipement et en offrant de la formation au personnel médical, de concert avec des organisations des Pays-Bas.

On estime qu’à Kawangware, les patients pourront reprendre leur place dans la société et continuer d’appuyer leur famille si on améliore l’accès aux traitements et le suivi des patients. Le Canada habilite des personnes telles qu’Irene Nyambura pour qu’elles favorisent la croissance saine et le ressourcement de leurs communautés.

>> Pour en savoir plus sur les activités du Canada à l’étranger ou raconter les vôtres, Coup d’œil sur le monde vous attend!

 

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Date de modification :
2011-11-30