Le MAECD soutient la lutte contre le trafic des espèces sauvages


Le haut-commissaire du Canada David Angell (première rangée, au centre) en compagnie des diplômés du premier cours de secourisme avancé financé par le Canada qui a été donné au centre de formation KWS à Manyani, au parc national Tsavo Ouest (Kenya), le 27 mars 2015.
 

Le braconnage et le trafic d’espèces de la flore et de la faune arrivent au quatrième rang des activités illégales dans le monde et génèrent les revenus bruts les plus élevés, soit entre 70 et 100 milliards de dollars annuellement. Le commerce illicite des espèces sauvages a augmenté de façon exponentielle au cours des cinq à sept dernières années, ce qui a des répercussions graves sur la sécurité, la stabilité, la bonne gouvernance et la biodiversité à l’échelle internationale. En particulier, la hausse très marquée du nombre de saisies à grande échelle de restes d’éléphants et de rhinocéros témoigne de l’implication accrue de groupes criminels organisés dans cette activité, les braconniers individuels et les gangs ad hoc étant de plus en plus remplacés par des réseaux criminels. Le trafic des espèces sauvages est devenu un enjeu de sécurité international qui est entre autres responsable de la corruption et de l’instabilité dans les régions rurales et frontalières du Kenya, surtout le long des frontières de la Somalie.

Le Canada est résolu à lutter contre le commerce illicite des espèces sauvages, qui menace grandement la stabilité de l’Afrique, et contre la criminalité transnationale organisée et le financement du terrorisme. Le Canada soutient pleinement les efforts que déploie la communauté internationale pour éradiquer le marché de produits illégaux dérivés des espèces sauvages et il appuie les pays de destination dans leurs efforts pour régler cet enjeu.

En février 2014, lors de la Conférence de Londres sur le commerce illégal des espèces sauvages, le Canada a annoncé un financement d’urgence de 2 millions de dollars canadiens pour le service de la faune kényan, le Kenyan Wildlife Service (KWS), afin de l’aider à lutter contre le trafic international des espèces sauvages en Afrique de l’Est. Ce financement a été versé au Fonds pour la paix et la sécurité mondiales (FPSM), qui est géré par le Groupe de travail sur la stabilisation et la reconstruction (GTSR) du MAECD. Cette contribution du Canada a permis de financer une formation sur l’analyse génétique médicolégale au Canada, et soutiendra l’acquisition d’équipement essentiel.

Étant donné que le Kenya a peu de ressources à consacrer aux services de police et à la surveillance de la faune, ce projet vise à renforcer la capacité du KWS à lutter contre le trafic international des espèces sauvages à la source.

Plusieurs activités visent à renforcer la sécurité et la stabilité du pays dans les régions rurales et frontalières en améliorant les efforts d’application de la loi pour déstabiliser les réseaux de braconnage illicites et lutter contre le commerce d’espèces sauvages en voie de disparition. Les activités vont de la fourniture de vestes et de casques de protection à la prestation d’un cours de secourisme avancé, d’une formation tactique et de la fourniture d’équipement pour un laboratoire d’analyse génétique médicolégale. De même, on déploie actuellement des efforts concertés afin de sensibiliser la population aux menaces que présente le trafic de l’ivoire pour les espèces sauvages et la sécurité.

Cours de secourisme avancé au Kenya


Le haut-commissaire du Canada David Angell observe le déroulement du cours de secourisme avancé à l’intention des conservateurs de parc du KWS.
   

À l’extérieur du bureau de l’administration centrale du KWS à Nairobi, se trouve un monument de pierre sur lequel sont fixées de longues plaques de laiton indiquant le nom de plus de 60 conservateurs de parc qui ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Des conservateurs travaillant au KWS ont été tués ou blessés lors de braconnages, dans des situations qui auraient pu être évitées s’ils avaient reçu la formation appropriée. Souvent, les accidents se produisent dans des régions éloignées, très loin des installations offrant des soins médicaux avancés. Cela accroît l’importance de donner à tous les conservateurs de parc du KWS un cours de secourisme avancé afin qu’ils sachent quoi faire en cas de blessures par balle et d’autres traumatismes, jusqu’à ce que les victimes puissent être évacuées en toute sécurité. En réponse à cette exigence, le Canada, par l’entremise du GTSR, finance actuellement 10 cours de secourisme avancé à l’intention de 420 conservateurs de parc du KWS.

Formation sur l’analyse génétique médicolégale au Canada


Le personnel du KWS participe à une formation au DNA Forensic Centre de l’Université Trent, à Peterborough, en Ontario.
   

Avec tous les choix qui s’offrent à elle aux quatre coins de la planète, l’équipe du laboratoire médicolégal du KWS a choisi de suivre sa formation au DNA Forensic Profiling and Forensic Centre, à l’Université Trent de Peterborough, en Ontario, du 16 au 25 mars 2015. Ce centre abrite le Wildlife DNA Forensic Laboratory, un service de l’Université Trent qui fournit des preuves médicolégales (ADN) aux organismes provinciaux, fédéraux, internationaux et non gouvernementaux. On a proposé d’établir un protocole d’entente entre le KWS et l’Université Trent pour poursuivre la relation développée pendant la formation. Bien que les espèces animales soient différentes de celles dont le KWS s’occupe en Afrique, les procédures utilisées pour l’analyse génétique médicolégale sont les mêmes. Le laboratoire médicolégal du KWS a été inauguré officiellement le 8 mai 2015.

L’équipe du KWS rencontre des représentants du MAECD et d’Environnement Canada

Dans le cadre de la formation sur l’analyse génétique médicolégale, l’équipe du KWS a participé à des réunions à Ottawa, le 26 mars 2015, en compagnie de représentants du MAECD et d’Environnement Canada. Ces réunions ont été une occasion unique d’échanger des points de vue sur les approches et les difficultés du KWS en matière d’application de la loi.

Les participants ont fait part de leurs préoccupations communes, comme l’établissement d’un dialogue avec les collectivités afin d’améliorer les efforts de conformité, l’examen des problèmes judiciaires actuels sur le plan des peines peu sévères imposées aux délinquants et l’accroissement des échanges avec les pays consommateurs au sujet de la lutte contre le trafic des espèces sauvages, principalement en Asie. L’équipe a demandé l’aide du Canada pour préparer un message cohérent à communiquer en Asie par divers moyens, comme les médias sociaux. Pour donner suite aux réunions tenues à Ottawa, les membres du KWS se rendront en Chine afin de renforcer le message concernant la réduction de la demande en ivoire. Ils rencontreront aussi des représentants de notre mission à Beijing afin d’obtenir des conseils du Canada au sujet de l’utilisation efficace des médias sociaux en Chine.


Des membres du KWS visitent les bureaux de l’administration centrale du MAECD : de gauche à droite : Ettah Muango, juriste principal, KWS; Elsie Wambui, technologue de laboratoire, KWS; Dr Domnic Mijele, vétérinaire principal, KWS; Dr Francis Gakuya, chef des Services vétérinaires, KWS; Sophia Amboye, deuxième conseillère, Haut-Commissariat du Kenya à Ottawa; Patrick Omondi, directeur adjoint, Conservation et gestion des espèces; Brad Bergstrand, analyste de programme, FPSM, MAECD; Paul George, directeur adjoint, Programme de l’Afrique, FPSM, MAECD; Moses Otiende, biologiste moléculaire, KWS.