Le Canada reconnaît les droits des femmes au Maroc

Le CD du film documentaire sur les mariages d’enfants d’Imilchil.
 

Des représentants des missions diplomatiques et des sociétés civiles actives assistent à la projection du film.
 

Discussion sur les enjeux et les solutions en ce qui a trait au mariage d’enfants.
 

Au Maroc, le ministère de la Justice de 2013 a enregistré que 11 pour cent des mariages au Maroc sont des mariages de mineurs. Alors que la loi au Maroc exige qu’une fille soit âgée d’au moins 18 ans lorsqu’elle se marie, il existe une exception dans la loi qui autorise les juges à autoriser les mariages des filles de moins de 18 ans.

Par l’entremise du Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), l’ambassade du Canada au Maroc, est entrée en partenariat avec l’Association Akhiam pour appuyer les droits des femmes et tenter de mettre fin au mariage d’enfants d’Imilchil, dans les montagnes du Haut Atlas Marocain.

Grâce au FCIL, l’Association Akhiam a été en mesure d’offrir des activités de formation, de sensibilisation et de défense des droits des femmes aux élus et aux acteurs de la société civile. L’objectif de cette formation était d’encourager ces groupes à inclure des femmes dans leurs organisations. L’ambassade a également collaboré avec l’Association Akhiam pour organiser la projection d’un court métrage documentaire et un débat à l’Ambassade de France à Rabat, en vue de sensibiliser sur les mariages forcés d’enfants, précoces et forcés (MEPF).

La vie des femmes d’Imilchil

Au cours de la projection du film, Pamela Moore, conseillère en politiques, et Cleo Akhiam Fulchiron, gestionnaire de la coordination et communication de l’Association Akhiam, a expliqué que le film documente les conséquences du mariage précoce.

Lorsque qu’elles sont mariées jeunes, les filles quittent l’école au cours de leurs premières années de scolarité pour être au service de la famille de leur mari et de leur nouveau foyer. Le mariage précoce peut également être la cause de problèmes de santé chez les jeunes filles, telles que les grossesses précoces et les accouchements sans assistance médicale.

Pour mettre fin à cette pratique néfaste, l’ambassade a appuyé l’Association Akhiam pour le développement d’activités génératrices de revenus pour les femmes, et pour la création d’un nouveau centre d’écoute dans le village de Taddart. Le Centre d’écoute accueille des femmes qui souhaitent discuter des difficultés auxquelles elles sont confrontées, et les dirige vers une aide juridique si nécessaire. Le centre informe également les femmes sur leurs droits et permet de réconcilier les conflits familiaux.

Solutions pour les femmes d’Imilchil

La discussion qui a suivi le film a permis de déterminer les lacunes dans les lois du Maroc qui sont liées aux questions féminines et familiales, de même que certaines solutions pour combler ces lacunes. Parmi les solutions proposées était la modification des lois afin de ne faire aucune exception à l’interdiction du mariage avant l’âge de 18 ans, ce qui aura pour conséquence d’améliorer la vie économique pour les familles et de continuer à sensibiliser la population aux droits des femmes.

Le film et le débat ont été bien reçus par les participants qui ont apprécié l’occasion offerte par l’ambassade du Canada au Maroc de discuter d’une question qui demeure importante, non seulement au Maroc, mais aussi dans de nombreux pays à travers le monde.

Le Canada demeure résolument en faveur de la protection des enfants et des femmes dans le monde entier.