Txeka! Utiliser les médias sociaux pour autonomiser les Mozambicains


L’équipe Txeka travaille au traitement des rapports soumis par des citoyens de l’ensemble du pays.


Le haut-commissaire Shawn Barber, Fernada Lobato et Tomas Queface de l’organisme « le regard des citoyens ».


Les membres de l’équipe Txeka participent à une séance de formation.


Des Mozambicains se dirigent vers les bureaux de vote, dans les environs de Maputo.

Grâce aux Fonds canadiens pour les initiatives locales, le haut-commissariat du Canada à Maputo a établi un partenariat avec les organisations non gouvernementales mozambicaines et kenyanes afin de créer une application Web en portugais qui a permis aux citoyens d'utiliser leurs téléphones intelligents pour signaler les irrégularités électorales le jour de l'élection nationale du Mozambique, le 15 octobre passé.  L'application, appelée « Txeka » (argot mozambicain pour dire « vérifier »), s’appuie sur une plateforme créée par l'ONG kényane Ushahidi.

L'application Txeka était uniquement disponible en Google Play pour les téléphones Android et à partir d’iTunes pour les téléphones d'Apple. Partout au Mozambique, les usagers pouvaient télécharger l’application gratuitement. Ainsi, ils ont pu envoyer des rapports, des photos et des vidéos à l'équipe Texka composée de 20 analystes à Maputo formés par des spécialistes d'Ushahidi. Les observateurs électoraux agréés qui ont été déployés partout au Mozambique ont aussi appris à utiliser Txeka. Les représentants kenyans d'Ushahidi étaient sur place le jour du scrutin pour aider à traiter les données entrantes.

Avant les élections, l'équipe Txeka à Maputo a téléchargé sur une carte interactive du Mozambique (www.txeka.org.mz) les informations reçues au sujet des irrégularités. Les citoyens qui n’avaient pas de téléphones intelligents (donc sans accès à l’application Txeka) ont pu envoyer des textos directement à l'équipe Txeka.

Le soir de l'élection, le plus important réseau de télévision a mis en place un plateau électoral à Maputo; il a réuni des représentants du gouvernement du Mozambique, de la Commission électorale nationale, des organisations de la société civile, des principaux partis politiques et des médias. En utilisant des données reçues en temps réel par Txeka, les intervenants ont pu discuter et résoudre ensemble les conflits et problèmes qui se sont posés.

Élément clé de la discussion tenue le soir des élections, la carte interactive de Txeka a fourni en temps réel des données essentielles qui ont permis aux parties prenantes de discuter des préoccupations des citoyens concernant l'équité et la transparence du processus électoral. D’un peu partout au pays, les Mozambicains ont envoyé plus de 3 000 messages vers la plateforme Txeka.

Pour le futur, le haut-commissariat a entamé des discussions avec d'autres organisations multilatérales et des organisations de la société civile pour voir comment utiliser de façon créative les plateformes de médias sociaux tels que Txeka comme outils pour aider à atteindre d'autres objectifs liés à la gouvernance. Dans les zones rurales de l'Inde, l’utilisation d’externalisation ouverte a permis de révéler un absentéisme chronique des enseignants qui contribue à dégrader la qualité de l'éducation offerte aux enfants des villages.

De même, des collectivités du Pérou ont utilisé un type de plateforme telle que Txeka pour signaler le manque de médicaments essentiels dans les hôpitaux ruraux. Ces deux problèmes affectent également les zones rurales du Mozambique.

Utilisés correctement, les médias sociaux peuvent offrir des opportunités uniques aux citoyens et leur permettre de cerner des lacunes qui, dans le service public, peuvent à leur tour accroître la demande de gouvernance plus responsable et donc meilleure. Au fur et à mesure que s’améliore l’accès à Internet et aux technologies de la communication dans les pays en développement comme le Mozambique, l'utilisation des médias sociaux comme outil pour faire avancer la bonne gouvernance augmentera. Il devient donc important de soutenir les groupes de la société civile tels que « le regard des citoyen » – groupe de blogueurs du Mozambique utilisant le journalisme citoyen pour régler les problèmes sociopolitiques actuels, ainsi que la principale ONG de Txeka – et d’encourager le partage des technologies et des leçons apprises de groupes comme Ushahidi pour contribuer à transformer ces opportunités en réalité.