La lutte contre l’extrémisme violent – conversations dans le nord de l’Europe

Groupe de discussion public tenu à l’ambassade du Canada en Norvège. De gauche à droite : Zakia Akkouh (European Wergeland Center), sergent Paul Dunn (police de Calgary), superintendante Tammy Pozzobon (police de Calgary), Artur Wilczynski (ambassadeur canadien en Norvège), Tore Bjøro (collège universitaire policier de la Norvège), Dr Vivek Venkatesh (université Concordia).

La superintendante Tammy Pozzobon (police de Calgary) étudie des mesures de prévention servant à contrer l’extrémisme violent.
 
 

Le Dr Vivek Venkatesh donne une conférence sur son initiative, Someone Canada, une plateforme servant à sensibiliser les jeunes, les éducateurs et le grand public au sujet des tendances des messages de haine en ligne, avec comme objectif de renforcer la résilience contre les discours haineux et la radicalisation.
 
 

Artur Wilczynski, ambassadeur du Canada en Norvège, nous informe d’un événement visant à donner un aperçu des façons de contrer l’extrémisme violent.
 
 

Les pays du monde ont un point commun : ils sont victimes d’actes d’extrémisme violent. Afin d’assurer la paix et de combattre la menace extrémiste, les grands experts et les représentants des gouvernements des différents pays doivent collaborer.

Puisqu’il n’est pas possible pour un seul pays de résoudre le problème de l’extrémisme violent, les ambassades du Canada situées dans le nord de l’Europe ont invité différentes personnes à partager leurs connaissances dans le cadre d’un certain nombre d’activités sur la lutte contre l’extrémiste violent. Les événements, coordonnés entre les ambassades canadiennes de la Norvège, de la Suède, du Danemark, des Pays-Bas et de la Finlande, ont amené différents experts dans la lutte contre le terrorisme à voyager dans ces pays nordiques.

Dans chaque ville, les invités canadiens ont participé à des réunions multilatérales matinales avec des interlocuteurs du gouvernement et des organismes non gouvernementaux du pays. En après-midi, la délégation canadienne a présenté ses projets novateurs dans des séminaires publics ou privés. Pendant une semaine, les représentants de la police de Calgary et le professeur Venkatesh ont rencontré plus de 200 experts en radicalisation dans la région et ont beaucoup appris sur les différentes approches adoptées par ces pays pour enrayer le problème. Artur Wilczynski, ambassadeur du Canada en Norvège, donne des détails sur les discussions qui ont eu lieu à Oslo :

Les attaques du 13 novembre à Paris nous rappellent avec horreur la menace de l’extrémisme violent. En une seule nuit, quelques individus déterminés ont commis des gestes dévastateurs, causant beaucoup de morts et des centaines de blessés. On peut difficilement décrire le choc et l’aversion ressentis par des millions de personnes à l’annonce de la nouvelle et à la diffusion des images des attaques. Les terroristes n’ont pas ciblé les grands monuments de la ville, mais plutôt des endroits de divertissement fréquentés par les Parisiens : une salle de concert, un stade, des bars et des restaurants. Puisque je connais et adore Paris, ce phare de la culture, de la liberté et de l’humanité, ces événements m’ont donné un coup au ventre.

J’ai consacré une grande partie de ma carrière à combattre le terrorisme et l’extrémisme violent. Mes expériences à Sécurité publique Canada et à titre de directeur général de la sécurité et des renseignements à Affaires mondiales Canada m’ont fait prendre conscience de la menace terroriste et de la complexité des mesures à prendre pour la contrer. La lutte contre l’extrémisme violent nous amène à collaborer à l’échelle internationale. Aucune nation ne peut travailler seule. Aucune nation ne possède toutes les solutions. Nous devons partager nos expériences et en tirer des leçons conjointement dans un effort pour contrer ce phénomène en constante évolution.

Le Canada et la Norvège font tous deux face à la radicalisation entraînant l’extrémisme violent. Nous avons tous les deux vu des citoyens de notre pays s’enfuir pour participer à des actes de violence, et malheureusement, nous avons chacun subi des attaques sur notre territoire.

Dans la nuit du 17 novembre, le premier ministre de la Norvège, monsieur Solberg, le maire d’Oslo et l’ambassadeur français Jean-Marc Rives ont prononcé un discours devant une grande foule à l’hôtel de ville d’Oslo. Leurs messages étaient axés sur les victimes des attaques à Paris et sur l’importance de la solidarité pour contrer le terrorisme et la haine. Ils ont évoqué avec éloquence le besoin d’établir des ponts et de favoriser l’entraide en réaction à cette brutalité. Ils nous ont rappelé que nous ne sommes pas sans défense.

Plus tôt ce jour-là, j’ai rencontré le ministre de la Justice et de la Sécurité publique de la Norvège, Anders Anundsen, pour discuter de l’importance de la collaboration pour contrer l’extrémisme violent. J’ai informé le ministre que le Canada accorde beaucoup d’importance à l’équilibre entre sécurité et liberté. Comment pouvons-nous avoir une société munie de mécanismes de sécurité efficaces pour garder la population en sécurité tout en préservant les droits et libertés qui constituent le fondement d’une société juste comme la nôtre?  

Les décideurs du Canada et de la Norvège abordent ces grandes questions encore aujourd’hui. La possibilité d’échanger sur ces enjeux est essentielle afin de trouver l’équilibre dans cette situation extrêmement complexe. L’équilibre est difficile à obtenir, car les facteurs contributifs changent au fil du temps. C’est pourquoi il est essentiel de continuer à discuter avec des amis et des alliés, comme la Norvège.

Le 16 novembre, l’ambassade du Canada en Norvège a organisé des activités visant à faire avancer les discussions entre nos deux pays au sujet de la lutte contre l’extrémisme violent. Au matin, l’ambassade a tenu une table ronde durant laquelle le sergent Dunn et la superintendante Pozzobon, du programme ReDirect de la police de Calgary, ont rencontré des représentants des groupes de réflexions et des institutions de recherche de la Norvège pour comparer leurs méthodes de prévention respectives. Le programme ReDirect occupe une place importante parmi les services policiers de Calgary. Il s’agit d’un programme d’éducation, de sensibilisation et de prévention qui vise à enrayer la radicalisation des jeunes. Il est appliqué en collaboration avec ses partenaires opérationnels et communautaires dans le but d’établir des solutions multidisciplinaires. Il sert à lutter contre l’extrémisme violent sous toutes ses formes.

En parallèle à ces réunions avec la police de Calgary, l’ambassade a organisé une table ronde pour le professeur Vivek Venkatesh avec la participation du European Wergeland Centre et d’autres partenaires norvégiens. Les participants ont discuté des possibilités de collaboration entre le Canada et la Norvège pour combattre les discours haineux en ligne, améliorer la culture numérique des jeunes, et aider les éducateurs à faire place à un dialogue constructif dans leurs classes. Des efforts sont déployés pour développer davantage ces partenariats.

La police canadienne, la police norvégienne et des agents de sécurité ont échangé des renseignements pour mieux comprendre leurs approches respectives pour contrer l’extrémisme violent. La Norvège a expliqué son plan d’action contre la radicalisation et l’extrémisme violent.

L’ambassade a aussi organisé une discussion publique, laquelle a compté plus de 100 participants, dont des membres de la police de Calgary et le professeur Venkatesh de l’université Concordia. Le professeur Venkatesh a présenté le programme Someone (Social Media EducatiOn Every Day). L’initiative, appuyée par le projet Kanishka du gouvernement du Canada, a été créée afin de sensibiliser les jeunes, les éducateurs et le grand public – tant au Canada qu’à l’extérieur du pays – au sujet des tendances concernant les messages de haine en ligne, et dans le but de renforcer la résilience contre les discours de haine et la radicalisation. L’équipe multinationale et interdisciplinaire de chercheurs et de praticiens de l’initiative SOMEONE créée un portail en ligne de contenu informatif et multimédia conçu pour contrer les discours haineux en améliorant la culture numérique et l’esprit critique des utilisateurs.

En présence des experts norvégiens Zakia Akkouh du European Wergelands Centre et Tore Bjørgo du collège universitaire policier de la Norvège, le groupe a partagé ses points de vue sur le rôle de l’éducation, de l’application de la loi, des services sociaux et des approches multidisciplinaires dans les deux pays afin de lutter contre l’extrémisme violent. Le dialogue entre les participants et la participation très active de l’assistance ont démontré la volonté de la Norvège et du Canada à partager leurs expériences de manière pragmatique. Nous pouvons nous entraider à mieux comprendre la complexité de l’extrémisme violent et à créer des approches novatrices pour le contrer.

Le groupe de discussion prévu à Litteraturhuset, à Oslo, fera partie d’une série d’engagements entre le Canada et la Norvège organisés par l’ambassade du Canada. Notre objectif est d’aider à améliorer les connaissances et la coopération servant à lutter contre l’extrémisme violent. Suivez la page Facebook et les gazouillis de l’ambassade pour connaître les dernières nouvelles sur nos plans et nos activités. Je suis toujours ouvert à votre rétroaction et vos commentaires à propos de nos activités.