L'OCDE et la crise économique actuelle
Croissance et inégalités
Statistiques des recettes publiques
Science et technologie: place aux économies émergentes
Perspectives de l'énergie nucléaire: prévisions de l'approvisionnement d'ici 2050
Ce mois-ci le magazine l'Observateur de l'OCDE présente le point de vue du Secrétaire général Gurría sur la manière dont l'OCDE peut aider les décideurs politiques à faire face à la crise financière actuelle et les défis futurs. Le nouvel économiste en chef de l'OCDE, M. Klaus Schmidt-Hebbel, analyse l'impact de la crise financière sur l'économie mondiale.
Cette nouvelle publication de l'OCDE a fait les manchettes dans les pays de l'OCDE avec un sombre message: l'inégalité a augmenté dans presque tous les pays de l'OCDE au cours des 20 dernières années. De tous les pays. seuls la France, l'Espagne, la Grèce et l'Irlande ont été en mesure de réduire les écarts de revenus. Au Canada, l'augmentation de la pauvreté et des inégalités de revenus remonte au milieu des années 1990. Divers facteurs expliquent l'aggravation des inégalités. D’après l’OCDE, au Canada, 20% de l'augmentation est liée à l'âge de la population et aux changements dans la structure des ménages. En outre, c’est l’augmentation des salaires des riches qui a creusé l'écart avec les travailleurs à moyen ou à faible revenu. Le niveau de pauvreté est comparable à celui de l'Allemagne. Croissance et inégalités révèle que le taux de pauvreté des personnes âgées est en baisse, mais que le risque a changé pour les jeunes couches de la population, y compris les enfants. Au Canada, le taux de pauvreté des personnes âgées est de 6%, alors qu’il est de 15% pour les enfants. Le rapport met en lumière des réponses politiques pour s'attaquer à l'inégalité. Dans la plupart des pays de l'OCDE, la fiscalité et la redistribution ne sont qu'une partie de la réponse politique. D'autres aspects importants comprennent un système éducatif adapté aux besoins du marché du travail et des politiques actives de l'emploi. Enfin, les politiques de prestations liées à l’occupation d’un emploi peuvent aider les familles d’actifs qui ont des difficultés à accéder à un niveau de vie décent en leur apportant un complément de revenu.
D’après la dernière édition annuelle des Statistiques des recettes publiques de l’OCDE, c’est au Danemark et en Suède que la fiscalité est la plus lourde le ratio impôts/PIB s’y élève à presque 50%. Le Mexique et la Turquie demeurent ceux où elle est la plus faible avec des ratios de 20.6% et 24.5% respectivement. Le Canada se situe en dessous de la moyenne de l’OCDE avec un ratio de 33.3%, comparé à 35.9% pour l’OCDE. La performance de l’Irlande est semblable à celle du Canada.
En ce qui concerne les recettes tirées de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, le Canada se situe également dans la moyenne des pays de l’OCDE: en 2007, 3.7% du PIB canadien provenait des impôts sur les bénéfices des sociétés comparé à 3.5% en 2005. La moyenne de l’OCDE se situe à 3.9%. On retrouve des résultats semblables en Belgique et en Suède.
Autres faits saillants:
Dans le contexte actuel de ralentissement économique, les finances publiques subiront des pressions supplémentaires et plusieurs pays de l’OCDE commencent à observer une baisse des recettes provenant de l’impôt sur les bénéfices des sociétés.
L’édition 2008 de Science, technologie et industrie: Perspectives de l’OCDE passe en revue les principales tendances, possibilités et directions politiques concernant la science, la technologie et l’innovation dans les pays de l’OCDE ainsi que dans les pays non-membres comme l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, Israël et la Fédération de Russie. Ce rapport est produit sous l’égide du Comité de la politique scientifique et technologique.
Dans cette édition 2008, on note un ralentissement des investissements dans l’innovation au sein des pays de l’OCDE.Les investissements dans la science, la technologie et l’innovation ont par le passé tiré profit de la forte croissance économique. L’OCDE prévoit que les investissements dans la R-D pourraient diminuer dans le contexte actuel d’instabilité des marchés financiers et l’impact que cette instabilité peut avoir sur les dépenses des entreprises. L’édition souligne plusieurs tendances similaires à celles des autres années telles que la demande accrue pour les travailleurs hautement qualifiés, l’importance de la coordination des politiques, le recours aux mécanismes de financement indirect (incitations fiscales) par rapport au financement direct, etc.
Quelques nouvelles tendances à souligner:
Nouveauté dans cette édition, on trouve pour chacun des pays un profil individuel. La note sur le Canada souligne des atouts ainsi que des faiblesses en matière d’innovation:
Atouts:
Faiblesses:
L’Agence de l’OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE a présenté sa première édition des Perspectives de l’Energie nucléaire qui fournit des prévisions sur l'approvisionnement en énergie nucléaire d’ici 2050. Face à la demande croissante d'énergie et en particulier la demande mondiale d'électricité, l'énergie nucléaire apparaît de plus en plus attrayante dans un monde de haute consommation énergétique. Aujourd'hui, l'énergie nucléaire fournit 16% de l'électricité mondiale et jusqu'à 23% dans la zone OCDE. La France, le Japon et les États-Unis comptent pour 57% de la capacité de production nucléaire. L'AEN prévoit que la capacité nucléaire mondiale devrait être multipliée par 1,5 à 3,8 fois d’ici 2050. Selon le scénario le plus élevé, la part du nucléaire dans le pourcentage total de la production d'électricité passerait de 16% à 22%. Les plans de développement actuels suggèrent que les grandes augmentations de capacité sont prévues en Russie, en Chine et en Corée mais aussi en France, au Japon et aux États-Unis, avec les hausses les plus importantes en Chine et aux États-Unis. Toutefois, l’AEN prédit que, malgré l'émergence de nouveaux acteurs, la production d'énergie nucléaire restera fortement concentrée dans les pays de l'OCDE. Les nouveaux acteurs ne représenteront qu’environ 5% de la capacité mondiale. Au-delà des prévisions, les Perspectives de l’Énergie nucléaire de l'AEN visent également à expliquer le rôle que l'énergie nucléaire peut jouer en tant que source d'énergie sans carbone mais aussi que le nucléaire représente une plus grande sécurité énergétique (car l'uranium provient de diverses sources) et, qu’il a des effets sur la santé moindres que la consommation de combustibles fossiles. Les principaux défis pour l’énergie nucléaire identifiés par l’AEN portent sur l'opinion publique et la capacité des gouvernements à gérer les questions de sécurité nucléaire, d'élimination des déchets et de déclassement, de non-prolifération et de coûts.