Le Canada aide les écoles du Benguet à prévenir les catastrophes naturelles


description de la photo : Enseignants et administrateurs scolaires participent à la formation sur la réduction des risques de catastrophes grâce à un financement du Fonds canadien d'initiatives locales au Benguet, dans les Philippines.

Les perturbations atmosphériques aux Philippines sont plus que de simples risques naturels. Les changements climatiques, le tri des déchets, la protection contre les inondations et l'intervention en cas de cataclysme sont autant de questions qui inquiètent les autorités gouvernementales et leurs partenaires en matière de développement.

Après tout, les Philippines sont le troisième pays le plus sujet à des catastrophes naturelles sur la planète. Cet archipel composé de plus de 7 000 îles chevauchant la ceinture de feu du Pacifique est parsemé de volcans en activité et de lignes de faille géologiques. Outre ces menaces constantes, mais imprévisibles, une vingtaine de typhons et de tempêtes s’abattent tous les ans sur les Philippines, causant de graves et multiples inondations. 

Dans le but d'aider la collectivité à mieux se préparer, l'ambassade du Canada appuie les efforts qui sont faits par des écoles de la province de Benguet, dans la région du nord du pays appelée la Cordillère, pour inculquer aux élèves les principes de la protection civile.

Grâce au Fonds canadien d'initiatives locales (FCIL), des enseignants et des directeurs d'école de la province de Benguet peuvent enseigner les techniques de prévention des catastrophes à des élèves du primaire et du secondaire.

Jouissant d'une aide financière du FCIL, la PILCD (People's Initiative for Learning and Community Development), une organisation non gouvernementale, s'emploie à doter le secteur de l'éducation de la province de nouveaux moyens pour éviter que des dangers se transforment en catastrophe. En communiquant aux enseignants et aux élèves les connaissances et les aptitudes nécessaires pour répondre aux catastrophes naturelles, il est possible de minimiser les dommages matériels et les pertes de vie.

Par exemple, les élèves et leurs parents ne portent pas toujours attention aux recommandations des météorologues les incitant à rester à la maison au lieu d'aller à l'école, si bien que des élèves se trouvent parfois détournés inutilement de leur chemin ou, pire encore, coincés à l'école, en raison d'inondations. Grâce à la formation sur la prévention des catastrophes, les élèves et leurs parents sont plus sensibles aux avertissements de tempêtes lancés par les bureaux météorologiques locaux et ils savent quoi faire pour rester en sécurité.

En prévision de l'avenir, les écoles intègrent actuellement dans leurs cours des leçons sur le changement climatique, le tri des déchets, la pollution et leurs conséquences. Cette mesure vise à démontrer l'importance de protéger l'environnement et aussi d'inculquer l'idée d'une planification proactive pour éviter des dommages matériels et des pertes de vie inutiles quand surviennent des cataclysmes.

« Le secteur de l'éducation a un rôle clé à jouer pour éviter que les dangers tournent à la catastrophe. Un cours de prévention des catastrophes est un bon moyen de transmettre les connaissances et les compétences nécessaires pour réduire le plus possible les pertes de vies humaines et les dommages matériels », a récemment déclaré Marivic Patawaran, coordonnateur de la PILCD, à l'occasion d'un forum sur l'éducation.


description de la photo : Le « Préparer la collectivité contre les calamités » en format bande dessinée plaît aux jeunes étudiants

Dans son étude de 2005 intitulée Mapping Philippine Vulnerability to Environmental Disasters, l'Observatoire de Manille a classé le Benguet parmi les cinq provinces présentant un risque « très élevé » de phénomènes géophysiques, principalement des tremblements de terre et des glissements de terrain.

Chose plutôt inusitée, des typhons ont aussi frappé le Benguet au cours de la dernière décennie. « Les typhons Feria en 2001 et Pepeng en 2009 ont causé des inondations sans précédent », a indiqué Nestor Fongwan, gouverneur de la province.

« Voilà pourquoi la gestion des catastrophes ne doit pas être un choix, mais un mode de vie », a-t-il ajouté.

Les écoles sont parmi les plus touchées par les cataclysmes naturels. Citant des données du ministère de l'Éducation des Philippines, la PILCD a fait savoir qu'en 2006, les typhons avaient endommagé 5 600 bâtiments scolaires juste dans la partie sud de l'île de Luçon, causant des dommages estimés à plus de 3 milliards de pesos philippins et perturbant plus de huit millions d'enfants.

Des écoles ont aussi servi de lieux d'évacuation à la suite de typhons ou d'inondations, conformément au mandat du ministère de l'Éducation de fournir un abri aux familles sinistrées.

« L'une de nos tâches est de transformer nos écoles en lieux d'évacuation temporaires », de dire Nancy Lumbas, surintendante de la division du Benguet du ministère de l'Éducation.

Permettre l'utilisation de bâtiments scolaires comme refuges temporaires est une façon de contribuer à l'application de la loi philippine sur la réduction et la gestion des risques de catastrophes.