Garder les enfants loin des conflits armés


Les femmes de la Bangsamoro Islamic Women Auxiliary Brigade se rassemblent pour démontrer leur engagement à aider à protéger les enfants.


Dans les tables rondes, on présente les mesures clés visant à prévenir l’enrôlement d’enfants soldats.


Les membres de la BIWAB signent la déclaration contre le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats.

L’enfance est le moment où les enfants doivent pouvoir jouer et grandir. Autrement dit, un temps pour les enfants de vivre comme des enfants. Pourtant, des milliers de garçons et de filles dans le monde entier sont privés de ce droit fondamental lorsqu’on les oblige à participer à des conflits armés. Conscients qu’il faut absolument s’attaquer à ce problème, l’ambassade du Canada et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont coparrainé une table ronde avec la Bangsamoro Islamic Women Auxiliary Brigade (BIWAB) pour discuter du rôle important qu’elle peut jouer afin de prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants-soldats.

« Le Canada est d’avis qu’il est essentiel de prévenir le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits et de favoriser la réadaptation d’enfants qui ont été enrôlés et utilisés dans les hostilités. Nous sommes ravis de collaborer avec nos amis de l’UNICEF relativement à ces questions importantes à Manille et au siège des Nations Unies. » [Traduction] – Neil Reeder, ambassadeur du Canada aux Philippines.

Enfants‑soldats aux Philippines

Le Front moro islamique de libération, concentré dans le Sud des Philippines, est un groupe armé non étatique qui réclame l’autonomie du peuple Moro aux Philippines. En tant que membre du front de libération, la BIWAB apporte son aide au groupe sur le plan médical, des communications et pour d’autres questions connexes.

De concert avec la BIWAB, le Front moro islamique de libération a fait des progrès en vue de mettre fin à l’utilisation des enfants‑soldats aux Philippines. En 2009, le groupe a signé un plan d’action avec les Nations Unies dans lequel il s’engage à s’assurer qu’aucun enfant de moins de 18 ans ne sera associé au groupe armé à titre de combattant ni employé à des rôles d’appui.

Le plan d’action est un signe de progrès considérable pour la région. Il décrit les activités concrètes pour tenir les enfants à l’écart des rangs de l’armée et sensibiliser la population aux droits des enfants et à la protection des enfants.

Protection du droit à l’enfance

La table ronde avec la BIWAB, appuyée par l’ambassade du Canada et l’UNICEF, est la première au monde où des femmes membres d’un groupe armé non étatique prennent des mesures pour mettre fin à la participation des enfants aux groupes armés aux Philippines. Les femmes de la BIWAB ont joué un rôle de catalyseur dans le changement des normes sociales et culturelles qui ont obligé les enfants à participer aux conflits armés.

Lotta Sylwander, représentante de l’UNICEF aux Philippines, a souligné l’importance de la table ronde : « Les femmes, comme les membres de la BIWAB, sont également des mères, des grands‑mères et des sœurs d’enfants exposés au risque d’être recrutés par des groupes armés. Pendant des générations, les femmes du monde entier se sont révélées être les pacificatrices et les constructrices de paix dans leur famille et leur communauté. Lorsque nous leur donnons les moyens de devenir des défenseurs et des leaders dans leur communauté, une transformation véritable peut s’opérer pour les personnes qui ont toujours été marginalisées et réduites au silence dans la société. » [Traduction]

À l’issue de cette table ronde, la BIWAB a pu recommander des mesures et plans d’action qui contribueront à mettre les enfants à l’abri des conflits armés. Signe de son engagement à l’égard de ces plans, la BIWAB a signé une déclaration dans laquelle elle s’engage à protéger les enfants en faisant campagne contre leur participation aux groupes armés.

Le Canada, de concert avec l’UNICEF et le gouvernement des Philippines, s’engage à appuyer la quête d’une paix durable aux Philippines. Le Canada poursuivra sa collaboration avec ces partenaires clés ainsi qu’avec le Front moro islamique de libération pour garantir que le processus de paix soit un succès, qu’il soit inclusif et qu’il renforce les droits de tous les enfants.


De nouveaux engagements

L’ambassadeur Neil Reeder ouvre l’atelier sur l’identification et la séparation des enfants impliqués dans un conflit.
 

Des participants de divers secteurs des zones de conflit à Mindanao participent à l’atelier.
 

UNICEF s’est associé avec l’ambassade du Canada aux Philippines pour organiser cet événement.
 

L’ambassade à Manille a salué l’engagement du Front Moro islamique de libération (FMIL), le plus grand groupe séparatiste musulman aux Philippines, qui continue de collaborer avec les Nations Unies en vue de mettre fin à l’utilisation des enfants-soldats dans les zones de conflits à Mindanao, la partie la plus au sud du pays.

Lors d’une récente visite au siège du groupe organisée pour la tenue d’un atelier coparrainé par l’ambassade et UNICEF, l’ambassadeur Neil Reid a exprimé son soutien au FMIL et au plan d’action des NU qui a pour but de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’enfants-soldats dans les rangs du FMIL.

 « L’identification et la séparation des enfants sont une étape très importante pour entamer leur réadaptation ainsi que celle des enfants qui ont été enrôlés et utilisés dans les hostilités. Les enfants ne devraient pas participer à la guerre. »
– M. Reeder, ambassadeur du Canada aux Philippines

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a confirmé que le plan d’action du FMIL visant à mettre fin à l’utilisation d’enfants-soldats est, pour le moment, le seul processus continu étant couronné de succès dans le monde. La mise en œuvre du plan aidera la transition du FMIL d’un mouvement rebelle à un acteur étatique. « Pour être crédible en tant qu’acteur étatique, vous devez respecter les conventions internationales, notamment celles sur les droits de l’enfant », mentionne l’ambassadeur Reeder.

Le Canada est un défenseur important de la protection des enfants touchés par les conflits armés. Le Canada a accueilli la première conférence internationale sur les enfants touchés par la guerre en 2000, puis en 2006, il a créé le Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés basé au siège des NU à New York et il agit en tant que président depuis sa création. Ce forum s’est avéré utile pour rassembler différents États membres des NU qui débattent devant le Conseil de sécurité des NU pour que ce dernier prenne des mesures plus rigoureuses contre les personnes qui commettent de graves violations.

L’ambassade à Manille a élargi son rôle en 2014 avec le lancement du Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés aux Philippines en collaboration avec l’UNICEF. Ce rôle politique a été soutenu par plusieurs projets, comme l’atelier de cette année sur l’identification et la séparation des enfants-soldats dans les rangs du FMIL et une table ronde avec les membres de la Bangsamoro Islamic Women’s Auxiliary Brigade (BIWAB) pour discuter de l’importance du rôle qu’elle peut jouer dans la prévention, le recrutement et l’utilisation d’enfants-soldats dans les conflits armés qui a eu lieu pour souligner la Journée internationale de la femme en 2015.

Le Canada soutient le processus de paix au moyen d’un dialogue politique et d’une contribution modeste (1 million de dollars) au Fonds fiduciaire multidonateurs de Mindanao, placé sous la responsabilité de la Banque mondiale, qui a mené des projets communautaires de développement et de reconstruction pour plus de 500 000 personnes (51 % de femmes) dans 214 communautés touchées par les conflits armés à Mindanao depuis 2007.