L’orientation et l’identité sexuelle, sujet chaud chez les étudiants philippins

Qui considère-t-on comme un transgenre? Quelle est la différence entre le sexe et le genre? Et entre l’orientation et l’identité sexuelle?

La majorité des gens diront que les différences sont négligeables, alors que ce n’est pas le cas, en réalité.


Les couleurs de l’arc-en-ciel. Les différentes notions et perceptions des jeunes à l’égard de concepts tels l’homosexualité masculine et féminine, le sexe et Dieu ont été abordées lors d’un récent forum dans la ville de Davao sur l’égalité et la non-discrimination à l’égard des GLBT.


Des étudiants discutent de l’orientation et de l’identité sexuelle dans le contexte des droits de la personne, dans l’espoir de diminuer un jour les cas de discrimination et de violence contre les GLBT. (Photo de Pidot Villocino)

Ces questions en apparence inoffensives étaient parmi les plus controversées qui ont été discutées au cours d’un forum visant à sonder les jeunes Philippins sur ces sujets complexes.

Le forum, intitulé « Advancing the Campus Rainbow Agenda », portait généralement sur l’orientation et l’identité sexuelle (OIS), dans le contexte des droits de la personne, et il s’adressait particulièrement aux leaders étudiants des divers collèges et universités.

Plus de 140 membres de la communauté des gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres (GLBT) au pays ont été tués au cours des quinze dernières années, faisant de cette communauté l'une des plus vulnérables à la violence. Ces meurtres auraient été motivés par la haine et l’aversion pour les gais.

« Nous ciblons les leaders étudiants, car ils sont en mesure de faciliter l'évolution des mœurs de leurs camarades étudiants », a indiqué Ramil Andag, un dirigeant de Babaylanes Inc., une organisation regroupant des anciens membres de Babaylan, la première association d’étudiants gais de l’Université des Philippines, à Diliman.

On a profité du forum pour suggérer honnêtement des moyens d’éviter la discrimination, par exemple : apprendre aux GLBT à s’accepter eux-mêmes et à se faire entendre; montrer que se regrouper est une façon d’affirmer sa force (organisation); accroître la réceptivité de la population à l’égard de l’ensemble des GLBT (éducation) et parler de la nécessité pour les GLBT de défendre leurs droits et d’assurer leur bien-être (mobilisation).

Selon Perci Cendana, un autre membre de Babaylanes et le premier gai affichant ouvertement son orientation sexuelle à accéder à la présidence du Conseil étudiant de l’Université des Philippines, en 1997, « le manque de connaissances (sur les questions d’OIS) au sein de la population entraîne plusieurs conséquences : préjugés, absence de visibilité, marginalisation, stigmatisation et inégalité. Ces conséquences détestables contribuent à perpétuer le cercle vicieux du préjudice et de la discrimination. »

Citant des données recueillies par l’organisme philippin de surveillance des crimes haineux contre les GLBT, le professeur Eric Julian Manalastas, du département de psychologie de l’Université des Philippines, a indiqué que 144 GLBT avaient été victimes de meurtre avec violence entre 1996 et 2012. En 2011 seulement, 32 gais et lesbiennes ont subi pareil sort.

« On a dénombré 58 décès où la victime a été poignardée à plusieurs reprises, 25 survenus à la suite de plusieurs blessures par balle et six causés par la torture », a fait savoir M. Manalastas.

La haine, selon lui, explique pourquoi un si grand nombre de gais et lesbiennes ont été pris pour cible.

M. Andag a dit espérer « que des leaders étudiants militent un jour en faveur de politiques dans les écoles qui prônent l’égalité et la non-discrimination. »

Le forum était organisé conjointement par l’Université des Philippines, Babaylanes, le Ateneo de Davao Legal Public Interest and Legal Advocacy Center, la division des inégalités entre les sexes et du développement de la ville de Davao et l’ambassade du Canada aux Philippines.

Le Canada ne tolérera pas la violence et la discrimination, et continue d'exercer son action contre l'homophobie, la biphobie et la transphobie aux Philippines. 


Des leaders étudiants participent à un atelier visant à déterminer si les droits des GLBT sont reconnus et respectés.