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Mission Permanente du Canada auprès des Nations Unies

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Opérations de maintien et de consolidation de la paix

Afin d’aider à créer les conditions propices à une paix durable, les Nations Unies déploient des missions de maintien et de consolidation de la paix et engagent des opérations de paix dans des régions fragiles ou se relevant d’un conflit. Fort d’une longue expérience du soutien et de la participation aux opérations de paix de l’ONU, le Canada s’emploie à promouvoir des politiques et des activités novatrices dans ce domaine.

Le Canada et les Nations Unies

Depuis que Lester B. Pearson a présidé à la création du concept de maintien de la paix, lors de la crise du canal de Suez en 1956, le Canada est un chef de file dans les opérations de paix. Il continue à affecter régulièrement du personnel civil, militaire et policier expérimenté et hautement qualifié à des opérations mandatées par l’ONU. Notre pays contribue également à renforcer la capacité de l’ONU à mener des opérations de paix adaptées aux besoins du pays d’accueil et de sa population.

À ce rôle traditionnel de gardien de la paix s’ajoute une contribution de premier plan à la consolidation de la paix, qui vise à jeter un pont entre l’aide immédiate après un conflit et l’aide au développement à long terme. Le Canada a été l’un des premiers pays à reconnaître l’importance de la consolidation de la paix. À ce titre, et de concert avec l’ONU, il veille à l’efficacité des efforts de consolidation de la paix de l’Organisation, y compris à renforcer sa capacité dans ce domaine, notamment par l’entremise de la Commission de consolidation de la paix, qui vient d’être créée. 

Opérations de paix de l’ONU

Souvent appelées simplement « maintien de la paix », les opérations de soutien à la paix ont beaucoup évolué depuis la première mission moderne de maintien de la paix, il y a plus de 60 ans. De nos jours, elles englobent une série d’opérations qui s’inscrivent dans le cycle complet d’un conflit, y compris le maintien de la paix et le rétablissement de la paix, voire la reconstruction et le développement. De nombreuses opérations se traduisent désormais par la poursuite simultanée de plusieurs de ces activités. À cela s’ajoute une dimension pluridisciplinaire de plus en plus importante, de sorte que les opérations englobent des tâches civiles, policières et militaires.

Le Canada participe à toutes sortes d’opérations de paix menées sous l’égide de l’ONU. Depuis la première opération de maintien de la paix en 1956, et à la demande des Nations Unies, il a accepté de participer à de nombreuses opérations partout dans le monde, que ce soit à Chypre, en Bosnie, en Haïti ou ailleurs. À ce jour, plus de 125 000 Canadiens ont servi dans près de 50 missions de l’ONU.

Le Canada continue à appuyer fermement les opérations de paix mandatées par l’ONU, et à y participer. En plus de déployer du personnel œuvrant en faveur de la paix, il s’efforce d’améliorer l’efficacité des opérations de paix au siège même de l’ONU. C’est ainsi qu’il siège au Comité spécial des opérations de maintien de la paix (en anglais seulement) depuis sa création, au titre de la résolution 2004 (XIX) de l’Assemblée générale, en 1965. De plus, depuis 1966, notre pays est élu à la vice-présidence du Comité. En 1990, le Canada s’est vu confier la présidence du groupe de travail du Comité spécial, fonctions qu’il exerce encore à ce jour. Le Comité spécial a pour mandat de procéder à un examen approfondi de tous les aspects des opérations de paix. Par ailleurs, avec le concours du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) de l’ONU, il s’attache à formuler et à améliorer les doctrines sur lesquelles se fondent les opérations de paix.

Certes, le Canada est un ardent défenseur du rôle de l’ONU dans les opérations de paix. Il constate cependant que le système onusien est confronté à des enjeux en constante évolution, de sorte que celui ci doit évoluer et s’améliorer constamment. Le Canada aimerait que la capacité de l’ONU à planifier et à administrer les opérations de paix soit renforcée, notamment les capacités militaires et policières au sein du DOMP. Pour cela, il préconise l’élaboration d’une doctrine globale pour les opérations de paix, outre l’amélioration des mécanismes d’analyse et de coordination. Le Canada continue à appuyer activement certains aspects du programme de réforme de l’ONU, y compris les propositions par son ancien Secrétaire général, M. Kofi Annan, dans son rapport de mars 2005 intitulé Dans une liberté plus grande : Développement, sécurité et respect des droits de l’homme pour tous, et le document final ultérieur du Sommet mondial de 2005.

Le Canada continue de plaider en faveur de la mise en œuvre intégrale des recommandations énoncées dans le Rapport du Groupe d’étude sur les opérations de paix de l’Organisation des Nations Unies de 2000, présidé par Lakhdar Brahimi. Il est en outre recommandé de mettre davantage l’accent sur la prévention des conflits, en renforçant le rôle des populations civiles et des forces de police, les stratégies de consolidation de la paix et le déploiement rapide.

Il est essentiel d’intervenir rapidement en cas de crise pour prévenir les pertes de vie et maintenir la stabilité. C’est pourquoi le Canada est un membre fondateur et actuel de la Brigade multinationale d’intervention rapide des forces en attente des Nations Unies (SHIRBRIG) (en anglais seulement). Il s’agit d’une force militaire en attente, capable de se déployer rapidement à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Canada a fondé la BIRFA de concert avec six autres pays, à la suite de la présentation d’une étude inédite sur la capacité d’intervention rapide de l’ONU. Ce document, présenté à la 50e séance de l’Assemblée générale de l’ONU, était intitulé Towards a Rapid Reaction Capability for the United Nations. Depuis sa création, la BIRFA a été déployée quatre fois. Le Canada en a assumé la présidence en 2003 et le commandement de 2003 à 2006.

Enfin, le Canada souscrit à une coopération et à une coordination accrues entre et parmi les États membres, l’ONU, des organisations régionales telles que l’Union africaine et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, et la société civile. Seule la collaboration permettra d’améliorer l’efficacité des opérations de soutien à la paix.

Consolidation de la paix

Les opérations de maintien de la paix ne suffisent pas à instaurer une paix durable. Pour cela, il faut mener une action intégrée, qui implique un soutien économique, social et politique aux pays en proie à des cycles de violence récurrents, outre un appui dans le secteur de la sécurité. Le rapport Brahimi est formel à ce sujet : « Les forces chargées du maintien de la paix veillent à instaurer la sécurité au niveau local, alors que les forces chargées de la consolidation de la paix veillent au maintien de ce climat de sécurité. » [traduction]

La consolidation de la paix peut englober un certain nombre d’activités : la démobilisation, le désarmement et la réinsertion; les efforts pour renforcer le rôle des femmes; la réforme du secteur de la sécurité; l’assistance technique à l’appui du développement démocratique; la promotion des techniques de réconciliation et de résolution des conflits.

Le Canada a été l’un des premiers pays à promouvoir le concept de consolidation de la paix. En 1996, il a lancé l’Initiative canadienne de consolidation de la paix, suivie deux ans après par la création du Fonds de consolidation de la paix, qui relève de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Au sein du système onusien, le Canada a appuyé la création, en 2005, de la Commission de consolidation de la paix, organe consultatif intergouvernemental ayant vocation à mieux coordonner les activités de consolidation de la paix après un conflit et à fournir des orientations relatives à leur mise en œuvre. Le Canada a également aidé à créer le Bureau d’appui à la consolidation de la paix, qui fournit des orientations stratégiques à la Commission, ainsi que le Fonds de consolidation de la paix des Nations Unies (en anglais seulement), qui est administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et qui fournit une aide financière au sortir d’un conflit, à la discrétion du Secrétaire général de l’ONU. Le Canada souhaite que l’ONU soit mieux à même d’assurer la cohérence de ses efforts de consolidation de la paix, avant et après un conflit.

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Date de modification :
2011-04-05