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Déclarations canadiennes

Déclaration de Son Excellence Guillermo E. Rishschynski, Ambassadeur et représentant permanent du Canada apurès des Nations Unies, à la Troisième Commission de la 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, sur le point B) à l'ordre du jour : Questions relatives aux droits de l'homme, y compris les divers moyens de mieux assurer l'exercice effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales

NEW YORK, le 26 octobre 2011

Merci, Monsieur le Président,

La promotion et la protection des droits de la personne, une des pierres angulaires de cette organisation, est un pilier central de la politique étrangère du Canada. Le Canada milite activement en faveur des droits humains et adopte sur les enjeux importants des positions inspirées par ses principes visant à promouvoir la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. 

Au cours du siècle dernier, le monde a été le témoin de despotisme brutal, incluant celui  de régimes totalitaires qui ont réduit leurs peuples à l’esclavage. Nous reconnaissons que même aujourd’hui le respect des droits de la personne demeure un défi. Pourtant, nous sommes persuadés que nous pouvons trouver un terrain d’entente commun afin de faire progresser les libertés et les droits fondamentaux qui nous sont chers.

Dans son allocution devant l’Assemblée générale, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a souligné que le gouvernement du Canada créera un Bureau de la liberté religieuse au sein du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada. Le Bureau fera de la promotion de la liberté de religion un objectif crucial de la politique étrangère canadienne. L’histoire nous a montré que la liberté de religion et la liberté démocratique sont indissociables. Ainsi, une société qui protège la liberté de religion est plus susceptible de protéger toutes les autres libertés fondamentales.

Le Canada demeure préoccupé par la situation difficile des minorités religieuses, dont celles de l’Égypte, où subsistent toujours des tensions sectaires au sein des communautés musulmanes et coptes. Le Canada appuie l’engagement pris par le gouvernement de l’Égypte, à la suite des conflits du 9 octobre, de traîner les responsables de la violence en justice, ainsi que l’annonce d’une nouvelle loi qui prévoit des pénalités plus sévères pour la discrimination. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour protéger les minorités religieuses et s’assurer qu’elles jouent un rôle significatif dans la transition du pays à une gouvernance démocratique. Au Pakistan, l’application abusive des lois sur le blasphème a souvent et injustement ciblé des minorités religieuses, comme la communauté Ahmiddiyya. Et il est également déconcertant que des prêtres catholiques romains et d’autres membres du clergé chrétien soient forcés de pratiquer leur religion clandestinement en Chine et ailleurs.

Monsieur le Président,

Les efforts que nous déployons à l’échelle de la planète pour promouvoir et protéger les droits de la personne sont mis en péril par des actes de violence commis partout dans le monde. Particulièrement, le Canada s’inquiète énormément du manque de respect évident de l’Iran pour les droits humains et les libertés fondamentales de ses citoyens. Les autorités iraniennes continuent à ne pas respecter leurs engagements et leurs obligations selon le droit international, et n’appliquent pas leurs propres lois. Le Canada demeure très préoccupé par les atteintes aux droits de la personne qui y sont commises, y compris l’exécution de mineurs, l’élimination continue des droits des femmes et les restrictions imposées aux droits des Iraniens de pratiquer la religion de leur choix, dont la Foi Baha’ie et le christianisme. 

Le Canada continue à condamner la situation en Syrie, où depuis des années les citoyens voient leurs droits bafoués. En mars, le peuple syrien a pris la courageuse décision de demander le respect de la démocratie. Depuis ce temps, plus de 3 000 Syriens ont été exécutés sous le régime du président Assad, qui a tenté d’enrayer ce mouvement par l’utilisation aveugle et excessive de la force, de la séquestration, des disparitions forcées et de la torture. Mais le peuple syrien poursuit sa lutte pour la liberté. Le gouvernement du Canada exige que le président Assad mette un terme à la violence, qu’il libère tous les prisonniers politiques, qu’il accorde aux citoyens un accès libre et inconditionnel à la Commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme et qu’il accepte les demandes de son peuple de faire du pays une démocratie où les droits de tous sont respectés. Le Canada continue à appuyer le peuple syrien dans ses efforts pacifiques de lutte pour la démocratie, le respect des droits de la personne et la primauté du droit, et confirme la demande qu’il a faite au président Assad de quitter le pouvoir.

Le Canada s’inquiète aussi du fait que les sources de conflit sous‑jacentes au Sri Lanka n’ont pas encore été abordées. C’est pourquoi nous encourageons le gouvernement de cet État à prendre des mesures constructives pour amorcer un processus de réconciliation politique et de responsabilisation. Nous appuyons également les appels en faveur de la tenue d'une enquête indépendante sur les allégations crédibles de violations du droit humanitaire international et des droits de l'homme perpétrées par les deux parties au conflit dans ce pays, tel qu'il a été recommandé par le Groupe d'experts sur la responsabilité au Sri Lanka nommé par le Secrétaire général des Nations Unies.

En outre, le Canada déplore les atteintes continues aux droits de la personne et l’absence de libertés fondamentales, comme la liberté de religion et d’expression en Corée du Nord. Nous regrettons particulièrement les sentences collectives, les exécutions publiques et les détentions arbitraires qui sont régulièrement rapportées dans ce pays. Nous partageons les inquiétudes du Rapporteur spécial à l’égard des conditions terribles dans les centres de détention de la Corée du Nord, où on signale que les femmes détenues subissent des avortements forcés en plus de la torture et des agressions sexuelles. Nous continuons à demander que le gouvernement de la Corée du Nord facilite le travail du Rapporteur spécial de l'ONU, M. Marzuki Darusman, sur la situation des droits de la personne en Corée du Nord et autorise son accès au pays.

Le Canada continue à surveiller de près la situation en Birmanie. Nous sommes heureux que le Rapporteur spécial, M. Quintana, ait pu visiter le pays en août dernier. Toutefois, celui‑ci a constaté que plusieurs problèmes importants n’ont pas encore été réglés. Bien que nous ayons accueilli favorablement la remise en liberté d’un certain nombre de prisonniers politiques au début du mois, nous avons constaté qu’un nombre important de personnes sont toujours détenues, et nous continuons à exiger leur libération rapide et inconditionnelle. Même si des réunions ont été organisées entre Aung San Suu Kyi et des hauts représentants du gouvernement, dont le président, nous incitons les autorités à tenir d’autres discussions inclusives avec des groupes de l’opposition et des groupes ethniques, et à mettre fin à la discrimination envers les minorités religieuses, dont les musulmans. Nous exhortons également les autorités birmanes à faire enquête rapidement et pleinement sur les allégations de violations des droits humains perpétrées par le gouvernement ou du personnel militaire.

Enfin, la situation au Bélarus continue à décevoir le Canada et la communauté internationale. La répression de l'opposition politique et de la société civile se poursuit et il semble que les autorités biélorusses n'aient aucune intention de respecter les obligations reconnues internationalement. La communauté internationale doit suivre de près l'évolution de la situation au Bélarus et tout mettre en œuvre pour persuader son gouvernement de respecter les lois internationales en matière de droits de la personne.

Monsieur le Président,

Le Canada sait qu’en dépit des progrès réalisés, les filles continuent de faire face à de plus grands risques d’être victimes de diverses formes de violence, dont le viol et la mutilation génitale. Le Canada espère que l’adoption d’une Journée internationale des filles par l’Assemblée générale améliorera la sensibilisation à la situation des fillettes et à la promotion des droits des filles.

Monsieur le Président,

Nous avons souligné certaines initiatives prises par le Canada en vue de protéger et de promouvoir les droits de la personne. Cependant, nos efforts n’atteindront pas leur but si certains pays continuent violer ces droits et ne posent pas de gestes sérieux afin d’apporter des changements nécessaires et essentiels.

Merci, Monsieur le Président.

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Date de modification :
2013-01-03