29/04/2009
Déclaration de l’Ambassadeur McNee
Représentant permanent du Canada auprès des Nations Unies
Au débat public du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés
New York, le 29 avril 2009
Monsieur le Président,
Je tiens à vous remercier d’avoir organisé cette importante réunion. J’associe à ces remerciements la délégation du Mexique.
Monsieur le Président,
Le Canada se réjouit de la tenue de ce débat ouvert et salue le rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés. Ce débat nous donne une fois de plus l’occasion d’appeler l'attention du Conseil sur la gravité des violences persistantes commises contre les enfants. Trop souvent, à l’heure actuelle, nous sommes témoins des effets dévastateurs des conflits armés sur les enfants, y compris des profondes répercussions sur leurs conditions de vie. Le Sri Lanka, la Somalie, le Soudan et la République démocratique du Congo illustrent bien cette tragédie : des enfants y sont blessés, tués, déplacés et victimes de violences sexuelles ou de caractère sexistes, de même que recrutés directement ou indirectement comme soldats. À cela s’ajoutent la séparation avec leur famille et l’impossibilité de poursuivre leur éducation. Malheureusement, cette liste n’est pas exhaustive.
Le Canada félicite le Conseil de sécurité pour ses initiatives innovatrices dans la mise en place d'un cadre de protection pour les enfants dans les situations de conflit armé. Le Canada salue le travail du Secrétaire général et de son équipe. En particulier, je tiens à remercier Madame Radhika Coomaraswamy, la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, pour son engagement, son travail acharné en matière de sensibilisation, de même que pour la richesse de l'information communiquée par son bureau.
Face aux violations contre les enfants, le Canada appuie avec force la résolution 1612 du Conseil de sécurité et la mise en œuvre d'un mécanisme efficace de surveillance et de communication de l’information. Le Canada tient aussi à souligner l'énorme travail accompli par l'UNICEF ainsi que des ONG et différents acteurs de la société civile, à l’appui du mécanisme de surveillance et de communication de l'information prévu par la résolution 1612. Cette résolution donne lieu à une amélioration réelle et mesurable de la situation, comme en témoigne la libération, dans le monde entier, d’enfants recrutés par des groupes armés. Le mécanisme de surveillance est mis à exécution ou est en place dans toutes les situations énumérées dans les annexes du rapport de 2007 du Secrétaire général. Il s’agit d’un résultat remarquable. Nous espérons en outre que d’autres avancées se poursuivront, notamment en permettant un dialogue avec les jeunes et le renforcement du mécanisme, au bénéfice de la sécurité et de la protection des enfants.
Le Canada tient aussi à saluer l’action menée par le Groupe de travail du Conseil de sécurité créé en vertu de la résolution 1612 et se réjouit que le Mexique en prenne la présidence. Nous tenons également à souligner l'appui remarquable fourni par le Secrétariat au Groupe de travail. Les conclusions et les directives donnant lieu à une action et formulées par le Groupe de travail font ressortir la détermination du Conseil de sécurité à prévenir les crimes contre les enfants dans les situations de conflit. Elles permettent aussi de s'assurer que les responsables auront à rendre compte de leurs actes en vertu du droit national et international. Au cours des prochains mois, nous espérons que le Groupe de travail pourra se rendre sur le terrain afin de constater par lui-même l’état de la situation et ainsi mieux guider son travail.
Grâce au travail acharné de ces personnes et de ces organisations, l’on connaît beaucoup mieux aujourd’hui la situation déplorable de ces enfants. Toutefois, comme l’ont souligné la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés et le Secrétaire général, les personnes qui s’acharnent à commettre les crimes les plus graves contre les enfants dans les conflits armés continuent de bénéficier de l’impunité. Or, permettez-moi de réitérer encore une fois la position du Canada à l’effet que le mécanisme de surveillance et de communication de l'information doit être enclenché par les six violations graves contre les enfants énoncées dans la résolution 1612.
Monsieur le Président,
Nous devons continuer à faire respecter les droits des enfants dans les situations de conflit armé. Il faut aussi renforcer et élargir ceux-ci. Les violations de la résolution 1612 se poursuivent, y compris l’augmentation préoccupante des viols et autres infractions sexuelles contre les filles et les garçons. L’occasion nous est donnée de combler une grave lacune du cadre de protection des enfants, notamment par la négociation d'une nouvelle résolution. Celle-ci doit inclure un mécanisme de reportage et de communication de l’information enclenché par le recrutement et l’emploi d’enfants, par le viol et autres violences sexuelles, par le meurtre ou la mutilation des enfants, par les enlèvements, par les attaques visant des écoles et des hôpitaux et par le refus de la part des parties à un conflit armé de laisser les enfants bénéficier de l’aide humanitaire. Nous exhortons le Conseil à prendre des mesures concrètes en ce sens.