L'American Recovery and Reinvestment Act of 2009 (appelée l'ARRA, la Recovery Act ou le Stimulus Bill) a été promulguée en février 2009 et vise à stimuler l'économie américaine grâce à l'injection de 787 G$ sous forme de dépenses et de réductions d'impôts. De ce montant, environ 89,4 G$1 a été désigné pour les services de l'éducation et formation, d'aide et de l'emploi, 32,7 G$ à des projets de transport, 25,0 G$ aux projets d'infrastructure, 22,4 G$, pour l'énergie et 12,3 G$, au secteur du logement.
L'ARRA intègre des dispositions Buy American (article 1605) qui découlent de la Buy American Act de 1933 et des dispositions Buy America de 1982. Ainsi, l'utilisation de produits américains doit être privilégiée dans le cadre des projets financés en vertu de l'ARRA et réalisés par le gouvernement fédéral, les États ou les administrations municipales. Fait à noter, les dispositions Buy American qui figurent dans l'ARRA ne visent que les projets financés en vertu de l'ARRA, et elles cesseront de s'appliquer lorsque la loi ne sera plus en vigueur.
Selon l'article 1605 de la Recovery Act, 100 % du fer, de l'acier et des marchandises fabriquées utilisés dans tout projet de construction, de rénovation, d'entretien ou de réparation d'immeuble ou d'ouvrage public financé en vertu de l'ARRA doivent être produits aux États Unis.
L'article 1605 stipule en outre que l'application des dispositions Buy American doit se faire dans le respect des obligations qui incombent aux États Unis en vertu d'ententes internationales, notamment l'Accord de libre échange nord américain (ALENA) et l'Accord sur les marchés publics (AMP) de l'OMC. Aux termes de l'article 1605, les dirigeants des ministères et organismes fédéraux peuvent, par le truchement d'un processus de dérogation, consentir des exceptions à l'exigence d'utilisation des produits nationaux. Pour de plus amples renseignements sur les dérogations, consulter la section sur les exceptions et dérogations.
Le document Interim Final Guidance (PDF*, 140 Ko, en anglais seulement) relatif à l'article 1605 définit « immeuble public » ou « ouvrage public » comme étant « un immeuble appartenant à une entité gouvernementale ou l'ouvrage d'une entité gouvernementale », bien que, en pratique, l'interprétation de la définition varie d'un organisme ou ministère à un autre.
Oui. La Buy American Act, qui existe depuis 1933, s'applique à tous les marchés publics du gouvernement fédéral américain et constitue une exception aux termes du chapitre 10 de l'ALENA et de l'AMP de l'OMC, dans les limites des seuils fixés. Les dispositions Buy America ont été adoptées en 1982 et visent uniquement le département des Transports (marchés liés aux transports).
L'article 1605, ou dispositions Buy American, de l'ARRA, ressemble dans sa formulation à la Buy American Act de 1933, mais on observe certaines différences importantes :
Conformément à l'ALENA, les produits et les fournisseurs canadiens ne sont pas visés par les dispositions Buy American si l'achat est fait directement par un ministère ou un organisme fédéral américain inscrit sur la liste des États-Unis et que la valeur du marché excède les seuils prévus dans l'ALENA (seuils actuellement fixés à 25 000 $US pour les produits, à 77 494 $US pour les contrats de services, et à 10 074 262 $US pour les services de construction). L'OMC prévoit une exigence similaire; toutefois, le seuil est fixé à 7 777 000 $US.
Dans de nombreux cas, les dispositions Buy American sont toujours applicables parce que l'ARRA a été élaborée de telle sorte que les fonds de relance ont été attribués aux ministères et organismes fédéraux, qui eux les ont ensuite accordés aux gouvernements des États et aux administrations locales aux fins de leurs projets. Lorsque les États et les administrations municipales sont les entités contractantes, la plupart des obligations commerciales qui incombent aux États-Unis en vertu d'ententes internationales ne s'appliquent pas.
Toutefois, 37 États2 américains sont parties à l'AMP de l'OMC et ont donc des obligations en matière de libre-échange envers les autres signataires de l'AMP de l'OMC à l'étranger. Puisque le Canada est depuis peu un signataire à l'échelon infranational, il aura libre accès aux marchés dans ces 37 États. Le Canada n'est donc pas tenu de respecter les dispositions Buy American dans le cadre des marchés conclus à l'échelle des États.
L'accord sur les marchés publics entre le Canada et les États-Unis est entré en vigueur en février 2010 et a pour visée de surmonter les obstacles aux marchés découlant de l'ARRA. Le Canada est préoccupé par les dispositions de cette loi selon lesquelles « le fer, l'acier et les produits fabriqués » qui sont utilisés pour la construction et la réparation « d'ouvrages publics et d'immeubles publics » dans le cadre de projets financés en vertu de l'ARRA doivent tous être fabriqués aux États-Unis. Bien que les États-Unis soient tenus d'appliquer les dispositions Buy American tout en respectant leurs obligations internationales, le Canada continue d'appréhender les incidences néfastes potentielles des dispositions sur les fournisseurs canadiens. Ces préoccupations reposent sur l'inexistence d'obligations internationales s'appliquant aux marchés conclus aux échelons infranationaux entre le Canada et les États-Unis et sur le fait qu'une grande partie des dépenses prévues par l'ARRA destinées aux infrastructures prennent la forme de transferts du gouvernement fédéral aux États et aux administrations locales.
Avant la conclusion de l'accord sur les marchés publics entre le Canada et les États-Unis, les obligations à l'égard des marchés publics entre ces deux pays ne s'appliquaient qu'à l'échelon fédéral, dans le cadre de l'ALENA et de l'AMP de l'OMC. Ainsi, les fournisseurs canadiens avaient accès aux marchés publics fédéraux conformément à ces accords. Cependant, compte tenu de l'absence d'obligations visant les marchés infranationaux (États et administrations locales), les fournisseurs canadiens ont perdu l'accès aux marchés financés aux termes de l'ARRA et passés par les États et les administrations locales. L'accord sur les marchés publics entre le Canada et les États-Unis accroît l'admissibilité des fournisseurs canadiens à ces marchés.
Cet accord comporte trois grands volets :
L'accord prévoit également un processus de consultation accélérée sur toute question future pouvant soulever des préoccupations, par exemple une nouvelle loi ayant une incidence sur les marchés. L'accord ne modifie pas le droit d'accès antérieur des entreprises canadiennes aux marchés publics fédéraux des États-Unis aux termes de l'ALENA et de l'AMP de l'OMC.
L'ARRA et ses dispositions s'appliquent aux 50 États américains et à toutes les municipalités. Le Canada est dispensé des obligations rattachées aux dispositions Buy American de l'ARRA de deux moyens :
Les sept programmes visés par l'accord sont les suivants :
Pour les entreprises canadiennes, il est essentiel de savoir quel est le programme du gouvernement fédéral des États-Unis dans le cadre duquel est financé le projet pour lequel elles présentent une soumission. Dans le cas des projets qui ne sont pas financés directement par le gouvernement fédéral, mais par des subventions ou des prêts versés aux gouvernements des États ou aux administrations régionales ou locales, il faut parfois s'informer auprès de multiples sources pour obtenir cette information. Il est important de connaître la source du financement afin de s'assurer que le projet est bel et bien visé par l'accord. Le maître de l'ouvrage, l'entrepreneur principal ou le distributeur devrait être en mesure d'indiquer si le projet est financé en vertu de l'ARRA, du moins en partie, et dans le cadre de quel programme il l'est. Si une entreprise canadienne doit fournir un certificat de conformité aux dispositions Buy American, il est alors probable que le projet soit financé conformément à l'ARRA. Toutefois, le financement n'est pas nécessairement versé dans le cadre de l'un des sept programmes.
Le certificat de conformité aux dispositions Buy American (aussi appelé « certification ») est un document que l'entrepreneur principal d'un projet financé aux termes de l'ARRA signe et envoie à l'organisme des États-Unis à l'origine du projet, afin de démontrer qu'il respecte les exigences de l'article 1605 de l'ARRA (les dispositions Buy American). Souvent, les entrepreneurs principaux demandent aux sous-traitants de signer un certificat de conformité, afin de leur transférer la responsabilité à cet égard, et ce, même si les entrepreneurs devraient s'assurer que les exigences sont bel et bien remplies lorsqu'ils signent un tel certificat, puisque le fait de signer faussement un certificat constitue une infraction grave.
La dispense ne s'applique qu'aux projets d'infrastructure dont la valeur globale dépasse le seuil fixé par l'AMP de l'OMC (7,777 millions $US). Si la valeur du projet est supérieure à ce seuil, tous les achats prévus par le projet sont visés par la dispense. La valeur globale du projet correspond à la valeur du contrat initial octroyé par l'entité gouvernementale. Le maître de l'ouvrage, l'entrepreneur principal ou le distributeur devrait pouvoir indiquer la valeur ou la valeur estimative du projet dans le cas d'un contrat n'ayant pas encore été accordé.
Il importe que les entreprises canadiennes cherchant à obtenir des marchés dans le cadre de projets financés en vertu de l'ARRA soient bien au fait des restrictions entraînées par les dispositions Buy American de l'ARRA et qu'elles prennent connaissance des nouvelles exceptions à ces dispositions. En outre, il est toujours possible d'obtenir une dérogation dans le cas des projets qui ne s'inscrivent pas dans le cadre des sept programmes mais qui sont tout de même financés en vertu de l'ARRA.
Avertissement : Ce document a été préparé par le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international pour donner un aperçu de l'American Recovery and Reinvestment Act (ARRA) pour les clients canadiens. Il ne constitue pas une consultation juridique, et ne devrait pas servir à cette fin.
[1] Données tirées du site Web Recovery.gov (consulté en janvier 2012, en anglais seulement).
[2] Arizona, Arkansas, Californie, Colorado, Connecticut, Delaware, Floride, Hawaii, Idaho, Illinois, Iowa, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, Minnesota, Mississippi, Missouri, Montana, New York, Nebraska, New Hampshire, Oklahoma, Oregon, Pennsylvanie, Rhode Island, Dakota du sud, Tennessee, Texas, Utah, Vermont, Washington, Wisconsin, et Wyoming.
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