Le Canada aide des réfugiés sud-soudanais à rentrer chez eux en tant que médecins

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Médecins canadiens, responsables des Nations Unies et ambassadeur canadien Nick Coghlan; Bor; octobre 2014.
 
 
Dommage par une balle à l'hôpital Bor dans la section de maternité.
 
 
John Clayton (Samaritan’s Purse Canada) et Jehan, ministre de la Santé de Jonglei, fixe une plaque dans le nouveau service, hôpital d'Akobo, 2012
 
 
Un médecin à l'hôpital d'Akobo, état de Jonglei.
 
 
Un patient à l'hôpital d'Akobo, état de Jonglei.
 
 

Lors d'une visite récente à l'hôpital Bor, l'ambassadeur canadien Nick Coghlan a célébré un témoignage de réconciliation, de guérison et d'espoir, l'aboutissement du courage remarquable d'un groupe de réfugiés hors du commun et d'années de soutien de la part du Canada.

Au milieu des années 1980 alors que la guerre civile battait son plein au Sud-Soudan, toute une génération de jeunes orphelins, désignés ultérieurement comme les Enfants perdus d'après les personnages de Peter Pan de J. M. Barrie, se sont dirigés vers les camps de réfugiés d'Éthiopie gouvernés à l'époque par le Derg d'affiliation communiste. Bon nombre de ces garçons (les filles sont malheureusement en grande partie restées au pays) ont été envoyés par la suite dans le Cuba de Fidel Castro pour poursuivre des études plus poussées souvent en médecine.

Des années plus tard, parlant désormais espagnol, mais leur patrie encore en proie au conflit, un groupe plus restreint a migré une nouvelle fois, toujours en qualité de réfugiés, au Canada, pour la plupart en Alberta. Amis, ils sont restés en relation étroite les uns avec les autres et à l'âge adulte, ils ont assisté avec fébrilité au cheminement du Soudan du Sud sur la voie de la paix (2005), puis éventuellement de l'indépendance (2011).

En 2006, un groupe de ces « garçons » s'est adressé à l'Université de Calgary et à Samaritain's Purse Canada demandant de l'aide pour rentrer dans leur pays d'origine et servir leur peuple en tant que médecins. Mais comme ils n'avaient jamais vraiment pratiqué la médecine, ils ont admis qu'ils avaient besoin de mettre à niveau leurs compétences.

L'Université de Calgary et Samaritan's Purse ont travaillé de concert pour offrir au groupe un programme médical intensif de neuf mois de mise à niveau adapté au Sud-Soudan. Un programme de résidence a été élaboré au Kenya pour leur donner une formation pratique.

 De retour au Sud-Soudan, les médecins se sont rendu compte de la nécessité urgente d'une formation médicale continue et d'une assistance au système de soins de santé. En 2009, l'Université de Calgary et Samatiran's Purse se sont associés de nouveau pour créer le Projet d'éducation, de réhabilitation et d'accessibilité aux soins de santé dans le Sud-Soudan (SSHARE). Grâce au financement de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), l'Université de Calgary a dispensé une formation en médecine au moyen d'événements de formation sur place, d'enseignement à distance et a fourni des ressources en formation médicale. Samaritan's Purse a financé la remise en état des installations et la fourniture de matériel médical. Le projet SSHARE s'est déroulé de 2009 à 2013.

La violence qui a frappé le Sud-Soudan en décembre 2013 n'a en rien atténué l'engagement de ces médecins. Des événements terribles se sont produits à Bor, qui a changé plusieurs fois de mains entre le gouvernement et les troupes rebelles en quelques semaines. Des patients ont été tués dans leur lit d'hôpital, une grande partie de la ville a été détruite et l'hôpital a été saccagé.

Bien qu'un des médecins formés au Canada eût été tué à l'époque et que les autres de la tribu Nuer eussent dû s'installer ailleurs, la majorité du groupe vit toujours au Sud-Soudan et œuvre à améliorer la vie des patients et de leurs communautés. Quatre des médecins occupent des positions de première ligne à l'hôpital Bor, notamment ceux qui travaillent au service de maternité financé par le gouvernement du Canada; trois des médecins assurent des fonctions de direction à Bor, deux au sein d'ONG et un au ministère de la Santé. Deux médecins travaillent actuellement à Juba et un autre est inscrit aux études supérieures.  

L'ambassadeur canadien Nick Coghlan a eu le privilège tout d'abord de raccompagner certains des « garçons » à Akobo fin 2012. Puis récemment, il a eu le plaisir de visiter l'hôpital Bor désormais rénové, où un seul impact de balle a été préservé près d'une plaque commémorant l'appui du Canada. Il a pu rencontrer certains des médecins, qui venaient dans la semaine précédente de participer à la toute première chirurgie pratiquée à Bor sur un patient de Nuer depuis le début de la présente crise il y a dix mois : un tout petit signe, mais non le moindre annonçant des jours meilleurs.

L'Université de Calgary continue d'examiner les possibilités de venir en aide aux médecins et à leurs collègues afin d'améliorer les soins de santé et la formation en soins de santé au Sud-Soudan. Un volontaire de l'Université de Calgary vit actuellement à Juba et agit à titre de coordonnateur de la formation médicale de l'Université au Sud-Soudan. Les médecins ont exprimé le besoin d'avoir recours à une formation continue au sein de leur communauté et leur désir de continuer à travailler ensemble.

Nous remercions le Dr Rod Crutcher de l’Université de Calgary