Les femmes malgaches sont essentielles à la lutte contre la pauvreté rurale

Habitante de la collectivité d’Ambohijanaka, au Madagascar, Rasoa a dû surmonter de nombreux défis dans sa vie, y compris la pauvreté et une invalidité qui a nui à ses chances de trouver un emploi.

N’ayant jamais eu d’emploi, la mère de quatre est résolue à améliorer la qualité de vie de ses enfants et à donner un avenir plus prometteur à sa famille.

Rasoa fait partie des 200 femmes malgaches qui se sont inscrites au projet Miaro, dans le but de mettre fin à la pauvreté et de se donner des moyens économiques grâce à une formation en agriculture.

Miaro Madagascar est une organisation sans but lucratif qui appuie les femmes, les personnes handicapées et les enfants démunis dans des collectivités pauvres.

Grâce au Fonds canadien d’initiatives locales, le projet de développement durable dans la municipalité d’Ambohijanaka élargit l'expérience et approfondit les connaissances des femmes malgaches grâce au travail agricole biologique.

Les femmes comme moteurs

Dans le cadre de ce projet, les femmes malgaches de tout âge ont reçu diverses formations, notamment sur les techniques de culture biologique, les pratiques d’hygiène sécuritaires et l’éducation de la petite enfance.

La formation diversifiée a pour but d’améliorer les compétences des agricultrices et d'inspirer les femmes à participer directement à leur propre épanouissement. En favorisant les principes de l'égalité des sexes et de l'habilitation économique, le petit projet de collectivité vise à améliorer la vie des femmes, au travail et à domicile.

En tant que femme malgache, je suis d’avis que les femmes au Madagascar doivent contribuer au développement de notre pays. Puisque l’activité économique repose toujours principalement sur l’agriculture dans de nombreuses régions rurales, ce projet était le meilleur point d'entrée.
Romy, fondatrice de Miaro Madagascar

Dix associations de développement communautaire se sont vues fournir un potager collectif et une petite ferme pour fins de formation. On a également aménagé un petit laboratoire-cuisine pour permettre aux femmes d’apprendre à faire des conserves, à créer des recettes et à préparer des produits à cueillir, à transformer et à mettre sur le marché. Grâce à la vente des produits, ce projet aide à renforcer la capacité des femmes d’obtenir un revenu soutenable. 

Les femmes aident également à soutenir une école primaire publique en fournissant des repas à des élèves de trois classes, trois fois par semaine. Les enfants de la région ont donc accès à un repas santé par jour. Leur initiative vient contrer les taux de décrochage au primaire et incite les mères à envoyer leurs enfants à l’école plutôt que dans les champs.

Cultiver la réussite

Aujourd’hui, Rasoa a appris un métier et acquis des connaissances et des compétences précieuses grâce aux programmes de formation. Elle fait maintenant partie d'une association de femmes s’intéressant au développement agricole et apporte à sa famille des légumes et les fruits des récoltes.

Nous mangeons mieux. Je dois me rendre au champ à tous les jours et je suis heureuse de pouvoir dresser quelques petits plans pour l'avenir de mes enfants. Mon mari me respecte davantage puisque je contribue à la vie familiale. Et ce qui est le plus important pour moi, c’est que j’ai l’impression d’être utile pour ma famille, pour la [communauté] et pour mes nouvelles amies qui font de l'association de femmes. Ce projet a changé ma vie ».

Rasoa, participante au projet Miaro

Selon Miaro Madagascar, les femmes qui obtiennent la possibilité de travailler et de parfaire leurs compétences sont en mesure d'établir des relations plus étroites avec leur famille et leur collectivité.

Les 200 agricultrices malgaches nouvellement formées ont non seulement profité directement du projet, mais ont aidé entre 750 et 1 000 familles. Ces femmes sont toujours les championnes de leur propre épanouissement.

Le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) fournit du financement à de petits projets mis sur pied et mis en œuvre par des organisations locales dans des pays en développement dans le monde entier. Les projets portent sur ce qui suit : l’égalité des sexes, l’habilitation des femmes et des filles, la gouvernance démocratique, le changement climatique et la viabilité de l’environnement, la sécurité et la stabilité. En répondant directement aux besoins locaux, ces modestes contributions ont des effets marquants dans les collectivités à l'étranger.