Promouvoir la liberté religieuse et le pluralisme au Sri Lanka par le théâtre radiophonique 

Plus de 900 membres de la société civile et 24 jeunes scénaristes de théâtre radiophonique pleins de talent ont participé à la création d’histoires

Le projet a abordé la thématique des conflits entre les religions et au sein de celles-ci en faisant usage du récit communautaire et du théâtre radiophonique
 

Les participants qui produisent le théâtre radiophonique
 

Douze pièces ont été diffusées sur deux stations communautaires jouissant d’une audience supérieure à 20 000 personnes
 

« Pour la première fois de ma vie, quelqu’un m’a dit "oui, c’est possible". Au cours des journées passées aux ateliers, je me suis rendu compte que ma créativité m’imposait le devoir de m’adresser à la société. J’ai compris que le théâtre radiophonique était une arme pour promouvoir la liberté religieuse. »
 A.M. Maaffir, participant.

Grâce au soutien du Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), l’ambassade du Canada au Sri Lanka et le Sri Lanka Development Journalists’ Forum (SDJF) ont travaillé de concert pour encourager la formation en matière de liberté religieuse et de pluralisme à travers des ateliers de théâtre radiophonique.

Le projet a abordé la thématique des conflits entre les religions et au sein de celles-ci en faisant usage du récit communautaire et du théâtre radiophonique pour promouvoir le pluralisme religieux et la réconciliation entre les différentes communautés des provinces du Centre-Est et du Centre-Nord qui, par le passé, étaient en conflit les unes avec les autres. De jeunes scénaristes issus des provinces du Centre-Nord et du Centre-Est ont été sélectionnés et formés pour élaborer et produire 15 scénarios radiophoniques. Les histoires ont été diffusées sur toutes les ondes du pays et sur les médias sociaux.

« J’étais complètement déconnectée des personnes issues d’autres groupes ethniques. Les Cinghalais et les musulmans m’ont laissé une bonne impression, et si je n’avais pas participé à l’atelier de chasse au récit, j’aurais sans doute conservé mes a priori. Je crois que le respect d’une religion n’est pas voué à constituer un engagemen : c’est un aspect à part entière de la culture. »
Keshayini Edmund, participante.

C’est la première fois qu’un projet de cette ampleur est porté au Sri Lanka en vue d’encourager le pluralisme. Plus de 900 personnes issues de la société civile et 24 jeunes scénaristes de théâtre radiophonique pleins de talent ont participé à la création d’histoires sur les questions touchant à la liberté religieuse et les obstacles au pluralisme religieux dans leurs religions respectives. Ces activités ont eu lieu à Ampara, Anuradhapura et Battical.

Le caractère novateur du projet, et l’un de ses principaux atouts tenaient dans la grande diversité de ses participants, qui provenaient de plusieurs groupes ethniques. Ces jeunes scénaristes ont travaillé de concert dans le cadre d’un atelier sur huit jours, dont trois de « chasse au récit ». La chasse au récit désigne le processus consistant à proposer des histoires concrètes. Il passe par la mobilisation de plusieurs intervenants, la participation à des activités de bénévolat, l’observation des modes de vie, et la mise en situation réelle dans la communauté visée.

Pour intégrer pleinement la voix de la société civile et amener les membres de chaque communauté à participer au processus de mise en récit, le SDJF a organisé des réunions communautaires de scénarimage visant à mobiliser la société civile par des séances de débat et de réflexion. Au cours de celles-ci, des pièces de théâtre ont été utilisées pour sensibiliser à  plus grande échelle et faire évoluer la vision du public à l’égard de la liberté religieuse. Douze pièces ont été diffusées sur deux stations communautaires jouissant d’une audience supérieure à 20 000 personnes dans l’Est, et promues à travers les médias en ligne et une campagne de médias imprimés qui ont directement touché plus de 30 000 personnes. L’enquête de postproduction menée par le SDJF a révélé que les pièces avaient fortement concouru à la réconciliation interconfessionnelle dans les deux provinces.

« Au cours de l’écriture de ma pièce, les idées de tolérance, de compréhension et de respect de la diversité ont occupé une place dominante dans mon esprit. J’ai désormais pleinement conscience de la responsabilité qui m’incombe de promouvoir le pluralisme religieux et, à ce titre, je me considère comme un activiste. »
M. F. M. Firnas, participant.

L’ambassade canadienne continue à travailler avec des organismes aux vues similaires pour encourager le pluralisme, l’inclusion et la liberté religieuse. Par la suite, le SDJF et d’autres organismes sri lankais comptent utiliser ce modèle de défense des droits non seulement pour promouvoir la liberté religieuse, mais également pour encourager la démocratie, les droits de la personne, l’égalité entre les sexes, la justice sociale et les réparations d’après-guerre.