Le Canada et la Tunisie ont établi des relations diplomatiques en 1957. Leurs relations bilatérales sont cordiales et les deux pays sont membres de La Francophonie. Entre 15 000 et 20 000 Canadiens d’origine tunisienne habitent principalement dans la province de Québec. Le Canada attire également en moyenne 2 000 étudiants tunisiens chaque année, surtout au Québec. Le pays se situe au second rang derrière la France en terme de lieu d’étude le plus populaire.. Le Canada se réjouit des progrès réalisés par la Tunisie en matière de démocratie depuis la Révolution du jasmin en janvier 2011, et collabore avec la communauté internationale pour appuyer la transition politique et économique du pays.
En reconnaissance des progrès économiques et sociaux de la Tunisie, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a mis fin à la programmation bilatérale en août 2008. La Tunisie a continué de tirer profit de la programmation régionale sous l’égide de l’Initiative sur l’avenir du Moyen-Orient élargi et de l’Afrique du Nord (BMENA) du G8. Depuis la Révolution du jasmin au début de 2011, le Canada a soutenu l’inscription électorale en vue des élections de 2011 à l’Assemblée générale nationale, la liberté d’expression et d’information, l’engagement civique et politique des femmes, la formation des médias et les droits de la personne. En outre, l’apport humanitaire du Canada de 10,6 millions de dollars à la Libye a contribué à alléger la tension sur des pays voisins, comme la Tunisie, causée par le conflit en Libye en 2011.
Bien que le Canada et la Tunisie n’aient pas conclu de traité d’extradition bilatéral, les deux pays sont des parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption et à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, ce qui permet l’extradition conformément au droit canadien et à la Charte canadienne des droits et libertés. Le Canada a également présenté le Règlement sur le blocage des biens de dirigeants étrangers corrompus (Tunisie et Égypte), qui rend exécutoires les demandes écrites du gouvernement tunisien de bloquer tous les actifs déposés dans des institutions financières canadiennes par de hauts dirigeants de l’ancien régime, ainsi que par des membres de leur famille et leurs associés.
Les relations commerciales entre le Canada et la Tunisie sont modestes. La Tunisie présente des occasions commerciales dans les secteurs de l’infrastructure, de l’énergie, des services d’ingénieurs-conseils et de l’éducation. Les exportations canadiennes vers la Tunisie se chiffraient à 93,6 millions de dollars en 2010 et à 101,9 millions de dollars en 2011. Le Canada est le fournisseur exclusif de la Tunisie en matière de blé dur, ce qui représente environ 48,4 % des exportations de marchandises canadiennes en 2011. La machinerie et les véhicules (5,7 %) et les instruments médicaux (2,0 %) figurent parmi d’autres exportations. En 2010, le Canada a importé 50,7 millions de dollars en marchandises de la Tunisie et 53 millions en 2011. Les principales importations sont les vêtements tissés et tricotés (43 %), les graisses et les huiles (16,3 %), les machines (9,5 %), et les fruits et les noix comestibles (6,9 %). Le Canada est le dixième investisseur étranger en importance en Tunisie et le deuxième dans le secteur pétrolier. La valeur de ses investissements en Tunisie est évaluée à environ 560 millions de dollars, notamment dans les secteurs des ressources naturelles, des services d’experts-conseils et du tourisme.
Au Sommet de Deauville, le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, a souligné l’importance que revêt la libéralisation économique pour la reprise économique en Tunisie. Il vaut donc la peine de noter que l’ancien premier ministre de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, a présenté un plan de développement dans lequel il envisageait de conclure des accords de libre échange (ALE) avec le Canada, les ÉtatsUnis et le Japon. Dans le but de reprendre les négociations concernant l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) entamées sous l’ancien régime tunisien, une délégation canadienne s’est rendue à Tunis en mars 2011 pour rencontrer une délégation tunisienne du ministère de la Planification et de la Coopération internationale.
En février 2012, le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, s’est rendu à Tunis pour assister à une réunion des Amis de la Syrie. En août 2009, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, s’était lui aussi rendu à Tunis, et le ministre des Affaires étrangères de la Tunisie, Kamel Morjane, avait effectué une visite à Ottawa en avril 2010.
Mai 2012
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