Exploitation minière responsable au Cameroun grâce à une carte vieille de 40 ans

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Visite du Secrétaire d'État de l'Industrie, des Mines et du Développement Technologique du Cameroun, Dr. Fuh Calistus Gentry au kiosque du Canada.

Le Canada a divulgué de précieuses données, lors de la première Conférence internationale sur l’industrie minière du Cameroun à Yaoundé : des cartes vieilles de 40 ans.

Remise des levés aéromagnétiques par le Haut-commissaire du Canada au Cameroun, Benoît-Pierre Laramée au Secrétaire d'État de l'Industrie, des Mines et du Développement Technologique du Cameroun, Dr. Fuh Calistus Gentry.

Il s’agit d’une carte géologique du substrat rocheux. Les zones en brun foncé représentent les roches pouvant contenir une grande concentration en minéraux magnétiques. Le rouge, le rose et le brun pâle représentent des roches comme le granite, ayant une faible concentration en minéraux magnétiques.

Il s’agit d’une carte du champ magnétique. Ce type de carte peut servir à l’exploration minière, en plus d’être utile aux communautés.

Mais pas seulement des cartes. Pendant la cérémonie d’ouverture, le haut-commissaire du Canada, Benoît-Pierre Laramée, a officiellement présenté des levés aéromagnétiques au gouvernement du Cameroun, au grand bonheur de ce dernier.

« C’est un véritable guide pour l’exploration, selon Warner Miles, de Ressources naturelles Canada (RNCan) à Ottawa. Les levés aéromagnétiques offrent une meilleure compréhension des structures géologiques d’un secteur. »

Au cours des années 1970, dans le cadre d’un projet financé par l’ACDI, le Cameroun a procédé à une série de levés aéromagnétiques sur son territoire. Un aéronef équipé d’un magnétomètre a survolé des secteurs d’intérêt et mesuré l’intensité magnétique du substrat rocheux. Des cartes représentant la composition du sous-sol (par couleur) ont ensuite été produites.

Les levés aéromagnétiques servaient à l’origine à localiser les sous-marins pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils aident maintenant les scientifiques à cartographier les types de roches ainsi qu’à mesurer les concentrations de divers éléments. C’est un moyen efficace pour découvrir des gisements à exploiter sans nuire à l’environnement, contrairement à d’autres techniques d’exploration.

La possibilité de trouver de nouveaux débouchés dans le secteur minier sans perturber l’environnement est particulièrement importante pour le Cameroun, qui voudrait une industrie minière responsable sur le plan écologique, à l’image des industries du bois et des parcs par exemple.

En raison d’une piètre méthode d’archivage, les levés terrestres du Cameroun se sont évanouis dans la nature au cours des ans, au détriment du développement responsable. Mais si les données ont disparu des dossiers, les ressources à exploiter sont quant à elles toujours là. Et, heureusement pour les Camerounais, qui désirent tirer profit des richesses de leur territoire, RNCan avait pris soin d’archiver et de conserver précieusement les levés en question.

Je suis très heureux de remettre aux autorités camerounaises toutes les cartes et tous les levés aéromagnétiques du Cameroun. J’ai la ferme conviction que l’information qu’ils renferment permettra une meilleure exploitation du sous-sol de ce pays dont il reste encore 60 % à découvrir. Ces cartes et ces levés aideront sans aucun doute à dresser un portrait complet du potentiel minier du Cameroun. (Haut-commissaire Benoît-Pierre Laramée)

Le Canada est fier de fournir au Cameroun plus de 200 cartes numérisées de son territoire, conservées pendant toutes ces années par RNCan.

Le haut-commissaire espère avoir le plaisir de participer de nouveau à l’Exposition-conférence internationale sur l’industrie minière du Cameroun, que le gouvernement camerounais prévoit tenir annuellement.