Protéger les veuves et les orphelins du Nord-Ouest du Cameroun

Le représentant du gouverneur du Nord-ouest (à gauche) et le haut-commissaire, M. René Cremonese (debout à droite) s’adressent à l’auditoire.
 
 
Le représentant du gouverneur du Nord-ouest (à gauche) et le haut-commissaire, M. René Cremonese (debout à droite) s’adressent à l’auditoire.
 
 
De nombreuses veuves ont participé avec enthousiasme à la cérémonie.
 
 
Rien de mieux qu'un sketch pour illustrer les souffrances subies ici à la suite du décès du mari.
 
 
 La conjointe du Haut-Commissaire a reçu un titre honorifique traditionnel accordé uniquement aux personnes respectables ayant fait preuve de leadership parmi les femmes de la communauté. Elle était vêtue d’un costume traditionnel pour la célébration.
 
 
Fon Bahmbi III, chef supérieur des Aghem, signe un accord en faveur de la protection des droits des veuves sous le regard de ses collègues.
 
 

Ainsi, le haut-commissariat du Canada au Cameroun appuie, par l'intermédiaire du Fonds canadien d'initiatives locales, des groupes locaux de défense des droits de la personne dans leur lutte contre le trafic des veuves et des enfants qui résulte de ces coutumes. Le haut-commissaire, M. René Cremonese, s’est joint à  ces groupes pour promouvoir les droits de la personne au sein des municipalités de Bamenda et de Wum de la région du Nord-Ouest.

Pour une veuve vivant dans le Nord-Ouest du Cameroun, perdre un mari signifie souvent également perdre ses droits de propriété, sa maison, sa terre et, parfois, même ses enfants. Bien que protégées par les lois successorales du Cameroun, les veuves et leurs enfants se retrouvent souvent à la merci de leur communauté et sont traités sans égard à leurs droits fondamentaux.

Les veuves de Wum

À Wum, les efforts déployés ont été axés sur la souffrance des veuves et de leurs enfants engendrée par les pratiques d’héritage traditionnelles. Le haut-commissariat a agi de concert avec la Modern Advocacy Humanitarian Social and Rehabilitation Association (MAHSRA) pour sensibiliser aux dangers qu’il y a à priver les femmes et les enfants endeuillés de leurs droits fondamentaux, et pour promouvoir l’application des lois établies sur la succession.

L’implication du Canada a d’ailleurs été mise en évidence lors d’un rassemblement public organisé pour soutenir le projet de la MASHRA dans la région. En plus du haut-commissaire du Canada, l’événement réunissait également un représentant du gouverneur du Nord-Ouest, ainsi que trois cents femmes et dirigeants de communautés traditionnelles concernés (ou chefs tribaux connus localement comme « Fons »).

Le rassemblement marquait le lancement du projet de la MASHRA et a permis d’obtenir l’appui de tous les niveaux du gouvernement et de la société du Cameroun. L’événement a renforcé les droits des femmes auprès des dirigeants communautaires traditionnels, dont l’un a admis que ces « rites sauvages étaient insupportables pour les [veuves], et qu’il était du devoir des autorités traditionnelles de sensibiliser leurs communautés à la nature barbare de ces actes. »

Lors du rassemblement, les Fons, les autorités administratives locales et l’ONG MASHRA ont signé un accord les engageant à protéger les droits juridiques des veuves et des orphelins. Par ailleurs, un jalon historique a été marqué lorsque les dirigeants de l’association des veuves ont accepté d'assumer le rôle de médiateur entre les veuves et les autorités locales. Ces engagements constituent des étapes importantes sur la voie de la justice dans le traitement des veuves en deuil, conformément, non seulement aux lois nationales, mais également aux droits fondamentaux de la personne.

Exploitation et trafic d’orphelins à Bamenda

Lors de son passage à Bamenda, le haut-commissaire a abordé un autre aspect de la souffrance causée en partie par les pratiques d’héritage traditionnelles, soit l’exploitation d’enfants vulnérables.

Les mères qui ont perdu leur foyer et leur revenu ne peuvent généralement plus subvenir aux besoins de leur famille. Dans de telles conditions, de nombreuses femmes doivent se résoudre à céder la garde de leurs enfants à des groupes qui prétendent pouvoir leur offrir une éducation gratuite ou du travail rémunéré. Ces revendications ne sont pas toujours honnêtes et les enfants peuvent alors se retrouver dans un réseau de trafic d'enfants.

Le Cinéma numérique ambulant (CNA) a diffusé une série de documentaires afin d’attirer l’attention sur les dangers potentiels de confier des enfants vulnérables à des organisations qui prétendent se soucier de leur bien-être. Les films documentaient la vie quotidienne d’enfants qui sont, en effet, devenus esclaves de leurs nouveaux « tuteurs », ou qui ont été pris en charge par une organisation criminelle.

Ces films ont été présentés au public dans 23 villages et districts urbains différents de l’ensemble de la région du Nord-Ouest. À la suite de chaque projection, le CNA entamait des discussions sur la question avec l’auditoire tout en éduquant les parents et leurs communautés sur les dangers potentiels auxquels étaient exposés leurs enfants.

Le CNA a également organisé un atelier avec des journalistes locaux afin de les informer de l’étendue du trafic et de l’exploitation des enfants dans le Nord-Ouest du Cameroun. Cet atelier a donné lieu à de vives discussions au sein du large public et constitue un bon indicateur du succès des efforts déployés par le haut-commissariat et le CNA pour créer un dialogue local sur cette question.

L’appui du Canada pour ces activités organisées dans la région du Nord-Ouest a reçu une large couverture médiatique locale et a été apprécié par le gouvernement, les groupes des droits de la personne et les communautés locales du Cameroun, qui voient le Canada comme un chef de file en matière des droits de la personne.