Relations entre le Canada et l’Iran

Les relations diplomatiques officielles entre le gouvernement du Canada et l’Iran ont été établies en 1955, avec l’envoi d’une mission iranienne à Ottawa en 1956 et la première affectation à Téhéran d’un chef de mission du Canada en 1959. Au cours des années suivantes, les deux pays ont développé une relation commerciale importante, grâce à laquelle près de 1 000 travailleurs et entrepreneurs canadiens étaient établis en Iran à la fin des années 1970.

L’ambassade du Canada à Téhéran est demeurée ouverte pendant la révolution islamique, mais a fermé ses portes en 1980, après le départ de six membres du personnel de l’ambassade des États-Unis, abrités clandestinement par des diplomates canadiens.

À la fin de la guerre entre l’Iran et l’Iraq en 1988, le Canada a envoyé une importante équipe d’observateurs militaires dans le cadre d’une mission mandatée par les Nations Unies, pour aider à surveiller l’application du cessez-le-feu. Au même moment, l’ambassade du Canada a rouvert ses portes, et un ambassadeur a été nommé en 1990. Au cours des années 1990, les relations commerciales entre les deux pays ont rapidement pris de l’ampleur, et l’Iran est devenu le plus important partenaire commercial du Canada au Moyen-Orient.

Une présence diplomatique réciproque a été maintenue jusqu’à la fermeture de l’ambassade canadienne à Téhéran et l’expulsion des diplomates iraniens en poste à Ottawa en septembre 2012. Ces développements ont été causés par plusieurs raisons dont les violations par l’Iran des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que les politiques régionales menées par Téhéran. Depuis lors, l’Italie joue le rôle de puissance protectrice du Canada en Iran. En 2012, le Canada a désigné l’Iran comme État soutenant le terrorisme sous la Loi sur l’immunité des États et a aussi ajouté la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique à la liste des entités terroristes aux termes du Code criminel.

En juillet 2015, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis) plus l’Allemagne, soit le P5+1, sous l’égide de l’Union européenne, ont conclu un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire appelé le Plan d’action global commun (PAGC). Celui-ci a été adopté par le Conseil de sécurité par la Résolution 2231 (2015). Le Canada a accueilli positivement la confirmation par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que l’Iran s’est conformé aux engagements prévus en vertu du PAGC. Le Canada a aussi annoncé qu’il était disposé à renouer des discussions avec l’Iran, incluant sur la possibilité de rétablir des contacts diplomatiques. Aucun échéancier particulier n’a été fixé en vue d’un éventuel rétablissement de l’ambassade du Canada à Téhéran.

Le Canada est l’un des pays les plus critiques concernant le bilan médiocre de l’Iran sur les droits de la personne. Depuis 2003, le Canada est le chef de file de la résolution annuelle des Nations Unies sur la situation des droits de la personne en Iran. La plus récente itération de la résolution a été adoptée avec succès en 2015 avec le soutien d’un groupe interrégional de pays. Ce soutien souligne les profondes préoccupations de la communauté internationale concernant les violations des droits de la personne en Iran.