Vidéo - Le parcours des femmes Pakistanaises, La coopération canadienne au Pakistan

Transcription

Les femmes ont toujours été les chefs de file de nombreux mouvements à travers le monde. Dans le cadre du combat pour la liberté au Pakistan, les femmes étaient aux côtés des hommes pour exiger l’indépendance. Depuis, de nombreuses femmes se sont organisées et ont contribué à bâtir un avenir meilleur pour les générations à venir. Mais les années 1980 ont été les années les plus sombres pour les femmes au Pakistan. Mais les années 1980 ont été les années les plus sombres pour les femmes au Pakistan. Et ce qui n’était au début qu’un geste de défi contre la discrimination et l’oppression s’est transformé en mouvement national. Depuis plus de trois décennies, le peuple pakistanais a continué la lutte pour promouvoir les droits des femmes au Pakistan.

Le parcours des femmes Pakistanaises
La coopération canadienne au Pakistan

En 1980, de nombreuses lois anti-femmes et anti-minorités ont été adoptées. Ces lois n’étaient pas seulement oppressives mais aussi très discriminatoires, elles ont vraiment désavantagé les femmes musulmanes et les citoyens non musulmans du Pakistan.

Les femmes n’avaient pas le droit de participer à des événements sportifs. Le gouvernement faisait circuler un questionnaire portant sur le droit des femmes de conduire ou de travailler.

Tout le monde a vu ces photographies de femmes en train de brûler leurs foulards et écharpes en réaction à l’ordonnance Hudood et à d’autres lois qui fixaient essentiellement un cadre réglementaire illégal selon lequel les femmes étaient des citoyens de seconde classe.

C’était une époque où vous ne pouviez pas faire comme si de rien n’était. Vous ne pouviez pas dire : c’est en train d’arriver mais cela ne me concerne pas.

Le mouvement existait déjà. Il n’était peut-être pas aussi bien connecté, compris et reconnu mais il a toujours été présent.

D’autres mouvements existaient mais c’est principalement le forum d’action des femmes pour l’éducation des femmes qui est venu au secours des autres femmes d’autres régions rurales et urbaines ou périurbaines du Pakistan qui étaient les victimes directes de ces lois anti-femmes.
C’est la raison pour laquelle je pense que toute cette période sombre de l’histoire du Pakistan a eu un côté positif. Plus l’oppression était importante, plus la population était résolue à la combattre. Je pense aussi que le fait de nouer des alliances avec d’autres mouvements a été une bonne stratégie de la part du mouvement pour le droit des femmes. Il est impossible de promouvoir les droits des femmes en vase clos, il est essentiel d’avoir l’appui du mouvement pour la démocratie, des syndicats et c’est ce que nous avons cherché à faire. Le mouvement des femmes a été en fin de compte la mère du mouvement pour la démocratie au Pakistan.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la plupart des organisations de défense des droits de la personne étaient constitués et établis : Aurat Foundation, South Asia Partnership Pakistan, HRCP et bien d’autres.

Les Canadiens sont intervenus et ont soutenu les institutions, particuliers et organisations qui agissaient pour faire avancer la cause du peuple et des femmes.

Certaines des plus grandes organisations ayant vu le jour étaient celles qui œuvraient au développement dans les zones rurales. SAP-PK, par exemple, est une organisation dont l’aide canadienne a permis ou facilité la création. De même, SPO a été créée par l’aide du Canada. Ces organisations ont mis les droits de base à notre portée.

L’ACDI dans le cas de South Asia Partnership, SPO, HSCP, Shirkat Gah, Aurat Foundation et de nombreuses autres organisations pour lesquelles l’ACDI ne fournissait pas seulement un soutien au programme mais aussi un soutien institutionnel.

Les organisations, mais aussi les Canadiens, ont investi en faveur de la consolidation des réseaux de ces organisations et institutions de la société civile de la base jusqu’au sommet.

Le Canada a un modèle de changement qui fonctionne sur trois différents niveaux, de la base à l’institutionnel, ensuite de l’impact sur le terrain au niveau stratégique ainsi qu’au niveau des particuliers et nous avons toujours essayé d’agir pour avoir un impact sur ces trois niveaux. Je crois qu’un type d’activistes et d’organisations pour l’égalité des genres existe au Pakistan, en partie grâce à l’aide canadienne, depuis les années 1990. Nous avons observé des changements importants en ce qui concerne le renforcement de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes au Pakistan. D’immenses progrès ont aussi été accomplis au Pakistan au niveau législatif en faveur de la protection des femmes. D’une certaine manière la base est également touchée par ces réformes politiques et législatives.

Souvent notre travail reste au niveau supérieur et n’a pas de retombées sur la base ou commence à la base et ne remonte pas mais je crois que le réel changement vient de la base. C’est juste mon opinion personnelle et je pense que le Canada a été capable de contribuer à bâtir des fondations en mobilisant les femmes et les filles au niveau du district, en mobilisant ceux et celles qui ont été élus pour renforcer leur capacité et que ces changements fondamentaux n’ont jamais vraiment disparu de l’un quelconque de nos modèles. Les nôtres et ceux d’autres organisations qui travaillent dans le même secteur.

Les élections du gouvernement local ont eu lieu à la fin des années 1990 ou au début des années 2000. Je me rappelle que l’ACDI a soutenu l’Aurat Foundation financièrement mais a aussi aidé à penser et concevoir le programme, ce qui nous a permis d’avoir une campagne très réussie. Il s’agissait de la campagne des citoyens pour la représentation des femmes. Cette campagne ainsi que l’élection du gouvernement local ont marqué un tournant dans l’histoire du Pakistan. Par la suite, le cadre politique pour les femmes et d’autres sections marginales a commencé à changer.

À la suite de notre travail en faveur de l’économie informelle et de nos interventions, le gouvernement du Punjab a lancé sa politique sur les travailleurs domestiques. Maintenant, alors que le projet est terminé depuis plus d’un an et demi, le gouvernement du Punjab est passé de la politique à la loi. Le gouvernement du Punjab a élaboré une politique sur les travailleurs à domicile et cette politique est maintenant en vigueur. Dans le secteur de l’agriculture, le gouvernement du Sindh a pour la première fois accordé le droit aux travailleurs des secteurs de l’agriculture et de la pêche de s’organiser sous le régime de la Loi sur les relations industrielles du Sindh. Donc ce sont quelques-unes des politiques sur lesquelles nous avons travaillé avec le gouvernement.

Depuis le lancement du AKRSP, le gouvernement canadien, l’un des donateurs bilatéraux, a fourni un soutien financier au programme pour sa mobilisation sociale en faveur d’un programme de développement des femmes. L’AKRSP a conçu un programme avec l’aide financière du gouvernement du Canada qui permet d’accroître la productivité des femmes et de les renforcer au plan institutionnel. Leur capacité a été renforcée et des activités ont été conçues pour permettre une réduction de leur charge de travail.

D’abord j’ai reçu de la formation en fabrication et production de bijoux, plus tard j’ai aussi travaillé comme formatrice chef.
Ensuite j’ai entendu parler d’un projet de taille de pierres précieuses à la Fondation Rupani. J’ai reçu une formation de 4 mois à cet endroit.

Nous sommes les premières femmes à Hunza qui ont commencé leurs entreprises de coupe de pierres précieuses et bijouteries. Maintenant, nous voulons qu’il y ait plus de femmes formées qui sortent de leurs maisons et démarrent leurs propres entreprises.

Quand j’ai commencé à travailler, j’ai fait face à de nombreux défis, les gens commençaient à dire des choses comme « on a jamais vu une fille travailler dans le commerce du lait ». Mais mon père m’a vraiment appuyé à travers tout cela, il a appuyé mes études, et il a aussi encouragé le fait que je travaille.

Et maintenant lorsque les gens voient que je fais ceci depuis un bon bout de temps, tranquillement, leur mentalité change.

Les femmes dans notre village n’ont pas beaucoup de droits, on travaille toute la journée, souvent plus que les hommes.

J’ai maintenant décidé que je vais continuer à travailler, malgré les obstacles auxquels je serai confrontée.

Même si le projet se termine, je vais continuer dans cette industrie, parce que cela nous a beaucoup aidés, moi et ma famille.

Dans les années 1990 avec la Aurat Foundation, ils sont intervenus au niveau du district dans le cadre d’une initiative en vue de sensibiliser les femmes et les enfants. Cette même initiative a été reprise dans les années 2000. Le Canada a joué un rôle immense dans la création de centres de ressources pour les conseillères, qui ont été élues au niveau local, ce qui a été une intervention directe très importante au niveau des politiques et je crois que c’est grâce à cette intervention de l’ACDI que les conseillères ont demandé à ce qu’il y ait un centre où elles pourraient recevoir une formation. Maintenant que nous avons été élues, nous devons réfléchir à ce qu’est notre rôle, à ce que nous devons faire de plus, comment nous servons notre communauté; alors je pense que c’était une initiative très avant-gardiste.

Les femmes sont capables d’atteindre n’importe quel objectif qu’elles se fixent. Je ne peux pas vous dire ce que j’ai ressenti lorsque j’ai appris que j’avais été élue députée. Je n’ai pas de mots pour exprimer mes sentiments à ce moment-là.

Au moment de prêter serment, je priais Dieu pour qu’il me donne le courage d’honorer ce serment.

Après 4 mois de lutte, j’ai réussi à faire construire une rue pavée dans ma ville et à distribuer des machines à coudre dans la communauté.

J’ai aussi d’autres rêves, comme devenir premier ministre. Je vais réaliser ce rêve et les gens diront : « Regarde, c’est la femme qui a débuté son parcours dans sa cuisine et est devenue premier ministre ».

Jusqu’ici nous avons aidé plus de 1,5 million de femmes entrepreneurs à travers le Pakistan en leur donnant accès au micro-crédit, à la micro-assurance et bien sûr grâce au projet que nous avons mené avec les Canadiens pour éduquer les femmes aux questions financières, former les hommes pour qu’ils adoptent de meilleures pratiques en matière d’égalité hommes-femmes et sensibiliser la population à l’égalité des genres tout en aidant les femmes à améliorer leurs pratiques.

Je me souviens que le Canada a joué un rôle vraiment important dans notre combat pour les droits des femmes au Pakistan. Il n’est pas indispensable d’avoir de l’argent pour promouvoir une cause mais quand on a les ressources, le rythme des réformes s’accélère et les effets bénéfiques sont d’autant plus importants.

Si vous regardez l’architecture de l’aide au développement pas seulement à l’heure actuelle mais telle qu’elle a existé pendant de nombreuses décennies, les commanditaires et les donateurs investissaient dans des projets et personne ne soutenait les institutions. C’était un financement modeste mais il était régulier et constant et l’argent allait au bon endroit.

Le parcours continue…

Peu de temps après l’arrivée au pouvoir du gouvernement, notre ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a lancé un examen de la politique canadienne d’aide internationale et la nouvelle politique s’intitule Politique d’aide internationale féministe. L’un des principaux enseignements de l’examen d’après notre évaluation est que, s’il y a une chose qui peut permettre de faire des progrès en matière de réduction de la pauvreté et de stimulation du développement dans le monde, c’est bien l’égalité hommes-femmes et la promotion de l’autonomisation des femmes.

Quand les femmes sont éduquées, il y a plus d’emplois pour tout le monde. Quand les mères peuvent garder leurs enfants vivant et les envoyer à l’école, il y a de l’espoir. Le monde a besoin d’un leadership basé sur le service de l’humanité, pas sur le nombre d’armes que vous avez. Le Canada peut être un chef de file. Faisons en sorte que la future génération dise : nous sommes la génération qui a agi, nous avons été les premiers à vivre dans un monde où toutes les filles pouvaient apprendre et diriger sans crainte.

Remerciements:
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Rapports 1992 et 2016 sur le développement humain

Fondation Kashf
Plan International

Programme d’appui rural de l’Aga Khan

Sarhad programme d’appui rural

Fondation Aurat

Commission nationale de la Condition de la femme, Pakistan (NCSW)

Shirkat Gah

South Asia Partnership Program - Pakistan (SAP-PK)

Organisation mondiale du travail (OMT)

Strengthening Participatory Organization (SPO)

Special Talent Exchange Program (STEP)

International Foundation for Electoral Systems (IFES)

Remerciements particuliers:
Hina Jilani
Avocate, Activiste

Rhonda Gossen,
Ancienne Chef de l’Aide, Programme du Pakistan, Gouvernement du Canada, 2010-2013

Perry Calderwood,
Haut-commissaire du Canada

Malala Yousafzai
Activiste

Ambareen Ali
Bénéficiaire, Hunza

Ruby
Bénéficiaire, Hunza

Umm-E-Habiba
Technicienne en lait

Rana Ansar
Députée de l’Assemblée provinciale, Sindh