Appliquer les connaissances liées aux Grands Lacs pour préserver le lac Titicaca


Des communautés autochtones vivent encore sur des îles flottantes en roseau de totora. Les habitants de ces îles figurent parmi les plus touchés par le déclin de la qualité de l’eau, car la qualité des roseaux, la santé de la faune et la qualité de l’eau potable sont également en déclin.


De gauche à droite : Andrew Griffin, ambassade des États Unis; Mauricio Rodriguez, président régional de Puno; Mariano Castro, vice-ministre de l’Environnement; Susan Hedman, EPA; Michael Goffin, Environnement Canada; et Simeon McKay, ambassade du Canada au Pérou.

L’expérience du Canada et des États-Unis en matière de gestion des Grands Lacs nord‑américains pourrait contribuer à renverser la fragilisation de l’environnement du lac Titicaca, plus grand lac en Amérique du Sud et lac navigable le plus élevé au monde. Ce lac chevauche le Pérou et la Bolivie.

En 2012, le Congrès du Pérou a déclaré que la restauration et la préservation de l’environnement du lac Titicaca constituent un bien public et une nécessité. Les sources de pollution varient et comprennent l’absence de mesures de protection environnementale suffisantes visant les pratiques minières, l’insuffisance de l’investissement public dans les installations de traitement des eaux et des déchets solides, le manque d’application de la loi et le faible niveau de sensibilisation et d’accès efficace à l’information de la population locale.

Michael Goffin, directeur général régional (Ontario) à Environnement Canada, et Susan Hedman, administratrice de la région 5 (comprenant les Grands Lacs) de la Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, ont visité le Pérou pour expliquer en quoi le modèle nord‑américain de gestion des Grands Lacs pourrait améliorer la qualité de l’eau du lac Titicaca.

M. Goffin et Mme Hedman ont fait part de leur point de vue en tant que négociateurs en chef du Canada et des États-Unis, car les deux pays ont mis à jour en 2012 l’Accord relatif à la qualité de l’eau dans les Grands Lacs (AQEGL) de 1972. La méthode des « secteurs préoccupants » est l’un des modèles possibles tirés de l’AQEGL qui pourrait aider le lac Titicaca. Ce modèle incite les pays à désigner conjointement des points névralgiques où l’environnement présente une forte dégradation, mais permet à chaque partie de résoudre les problèmes et de prendre des mesures de manière indépendante.

Les participants péruviens à l’atelier de M. Goffin et de Mme Hedman étaient curieux de savoir la façon dont participaient les différents ordres de gouvernement, y compris les groupes des Premières Nations, la façon dont les méthodologies scientifiques ont été normalisées et la façon dont la recherche est coordonnée à l’échelle transfrontalière.

Le principal message tiré de l’expérience nord-américaine est le suivant : bien que la collaboration binationale soit importante dans la gestion des eaux transfrontalières, la coordination et la prise de mesures efficaces au pays constituent le point de départ. Le Canada a présenté l’Accord Canada-Ontario concernant la qualité de l’eau et la santé de l’écosystème du bassin des Grands Lacs comme un modèle potentiel pour y parvenir.

La participation du public, l’accès à l’information et la mobilisation des citoyens sont également des éléments très importants. En Amérique du Nord, il s’agit notamment du rapport et de la conférence triennale sur l’« état de l’écosystème des Grands Lacs », qui rassemble des scientifiques et des citoyens soucieux des Grands Lacs. Ceci comprend aussi l’utilisation d’un nombre limité d’indicateurs permettant aux citoyens de savoir s’ils peuvent utiliser l’eau et en profiter où ils vivent et de savoir ce qui se passe avec « leur » lac.