Au Sri Lanka, les démineurs risquent leur vie pour protéger la nôtre

Dans son allocution préliminaire, la haute-commissaire, Shelley Whiting, salue les progrès accomplis par le Sri Lanka sur la voie de l’élimination totale des mines dans le pays.

Une démineuse de la région montre en quoi consiste son travail au quotidien.
 

Les participants arpentent la pelouse de la résidence officielle pour observer les démineurs à l’œuvre.
 

Les démineurs du MAG prennent une photo de groupe avec la haute-commissaire Shelley Whiting.
 

Sivasithamparame livre le récit du jour où elle a perdu sa jambe.
 

Elle est venue en aide à quelqu’un, et cela lui a coûté sa jambe

Kamaladevi Sivasithamparam a perdu sa jambe après avoir marché sur une mine antipersonnel en 1987, alors qu’elle essayait d’aider un collègue qui venait de tomber. Malgré son handicap et les difficultés pratiques et physiques qui en ont résulté, Kamaladevi n’a pas cessé d’exercer ses fonctions de secrétaire pour le Conseil provincial du Nord et de l’Est au cours des vingt-cinq années qui ont suivi. Elle est aujourd’hui à la retraite, mais continue à participer activement à la Campagne sri lankaise pour l’interdiction des mines terrestres, et à plaidoyer en faveur des victimes et des personnes mutilées par les mines terrestres. Elle exerce également un rôle de conseillère auprès d’un organisme communautaire qui fournit des prothèses et une aide à la rééducation aux victimes de mines terrestres. 

« À l’époque, personne ne connaissait ces choses-là. Les enfants pouvaient vous donner les noms des avions qui nous survolaient à la simple écoute du son qu’ils produisaient, puis ils couraient se réfugier dans les bunkers. Ces choses-là, nous y étions habitués. Mais le concept de mine antipersonnel nous était complètement inconnu. Un homme avait perdu sa jambe. Elle gisait là, à ses côtés. Il voulait qu’on lui apporte de l’eau, et j’étais la seule dans les parages. En quittant la route pour rejoindre le gravier, j’ai marché sur une mine. Sans prévenir, ma jambe s’est envolée dans les airs. C’était une mine à pression : lorsque le poids se retire, elle explose », indique Sivasithamparam pour expliquer ce qu’il s’est passé le jour où elle a perdu sa jambe.

Le Canada détruit les mines terrestres pour empêcher qu’elles fassent de nouvelles victimes 

« En matière de mines, la lutte doit systématiquement constituer un élément essentiel de la solution. Les acteurs de l’aide humanitaire doivent pouvoir emprunter des routes exemptes de mines pour venir en aide aux personnes qui en ont désespérément besoin. Les projets de développement ne peuvent être édifiés sur des fondations remplies de mines. Enfin, les sociétés ne pourront se relever des conflits si les familles ne sont pas en mesure de retourner à leur domicile, les travailleurs à leur champ et les enfants à leur école. »
Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères du Canada.

Pour rendre hommage aux vastes efforts accomplis par les démineurs pour débarrasser le Sri Lanka du fléau que sont les mines terrestres et leurs répercussions, le haut-commissariat du Canada au Sri Lanka a organisé un évènement visant à célébrer la Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte antimines. 

Le haut-commissariat a invité Mines Advisory Group (MAG) à transformer la pelouse avant de la résidence officielle en faux champ de mines pendant la durée de l’évènement. MAG a mis en place un décor désolé pour rappeler l’importance du travail de déminage et les risques auxquels sont confrontés les démineurs au Sri Lanka. Il a également demandé à une équipe de démineurs de la région de présenter le travail éreintant et héroïque qu’est le déminage. 

La haute-commissaire du Canada au Sri Lanka, Shelley Whiting, a demandé une minute de silence « en souvenir de toutes les vies perdues à cause des mines, à la mémoire des démineurs qui ont perdu la vie ou été blessés au cours de leur travail, et en hommage à tous les démineurs qui, chaque jour, mettent leur vie en danger pour que nous puissions vivre en sécurité, et dont les efforts visant à déminer le Sri Lanka et le reste du monde passent souvent inaperçus, ou ne sont pas reconnus à leur juste valeur. » 

Le Canada, par le truchement du Fonds pour la paix et la sécurité mondiales, a largement contribué aux efforts de déminage du Sri Lanka. En effet, depuis 2009, plus de trois millions de dollars ont été versés pour appuyer les efforts de déminage de MAG et de HaloTrust, et ce, en étroite collaboration avec les forces armées, le Centre national pour la lutte contre les mines, les Nations Unies, et le gouvernement sri lankais. 

Ainsi, le Canada a concouru à détruire plus de 47 millions de mines antipersonnel actives, à nettoyer et réhabiliter plus d’un milliard de mètres carrés de terres, et à réadapter et réinsérer des milliers de survivants des mines dans leur société afin qu’ils y contribuent à part entière.

Les mines et les restes explosifs de guerre sont une menace sérieuse pour la sécurité et un frein au développement socio-économique. Le déminage est une condition préalable indispensable à une paix et une sécurité durables pour tous les Sri Lankais. Le Canada entend poursuivre son engagement auprès du Sri Lanka dans les mois et années à venir, et œuvrer de concert pour que le pays et le monde soient débarrassés des mines antipersonnel.